HISTORIQUE DE L’ARMÉE LIBANAISE DE 1945 À 1997
CINQUANTE-DEUX ANNÉES DE SACRIFICES EN FAVEUR DE LA PATRIE ET POUR LA PROTECTION DE LA LÉGALITÉ


L’institution militaire reçoit les jeunes dans
ses camps d’été, pour des vacances reposantes et instructives.


La parade du 1er août dans la cour de
l’Ecole militaire de Fayadieh; à gauche,
les élèves-officiers.


Opération de débarquement sur le littoral,
à la hauteur de Nahr Ibrahim.


Des éléments de la troisième brigade de fantassins
au cours d’une séance d’entraînement en montagne.

L’UNITÉ DE L’ARMÉE EST UNE FORCE POUR LA PATRIE
Avec sa foi inébranlable dans le Liban en tant que patrie définitive pour tous ses fils, jointe aux énormes sacrifices consentis à cette fin, l’Armée a réussi à mettre un terme à la série de sabotages et de destructions. Dans les missions qu’elle a accomplies, l’Armée a donné la preuve, de sa capacité exceptionnelle de surmonter les difficultés et d’aplanir les obstacles. De même, elle a affirmé en toute clarté son engagement à se limiter à son rôle en tant qu’institution soumise à la loi, tirant sa légalité de son allégeance à l’Etat et de son engagement vis-à-vis des décisions politiques émanant du Conseil des ministres. Partant de là, elle n’est pas en position de rivalité politique avec qui que ce soit, étant donné sa qualité d’institution nationale unificatrice, ayant prêté le serment le fidélité à la légalité et à la patrie. Le succès de l’Armée dans toutes les missions qui lui ont été confiées, a eu pour conséquence d’accroître la capacité de l’Etat, sa crédibilité et son prestige. Il lui a permis d’imposer sa volonté nationale avec fermeté et courage. L’Armée qui a, en permanence, été la première à consentir des sacrifices et le don de soi, affrontant les dangers et les défis, que ce soit à l’intérieur ou aux fronts du Sud et de la Békaa ouest, a réalisé la valeur des aides précieuses accordées par la Syrie et qu’elle ne cesse d’octroyer, traduisant ainsi son attachement à l’unité du Liban et à son indépendance. Ceci a contribué à renforcer les capacités de l’Armée en armes et en équipements, à protéger l’indépendance et la souveraineté, assurant le soutien nécessaire et fort à la position de l’Etat sur le plan des négociations, en coordination sérieuse avec la Syrie. En résumé, la transition de l’état de guerre à l’état de paix et de sécurité n’aurait pu se produire, si la patrie ne disposait pas d’une Armée forte, sous forme d’un édifice national homogène, édifié sur des bases saines, une doctrine claire et la discipline. La restructuration de l’Armée s’est opérée sur des bases qui en ont fait une Armée pour tous, discrimination. Dans la mesure où le citoyen sent que cette Armée est la sienne, l’édification de l’institution militaire aura atteint son objectif, celui d’être le bouclier de la patrie, son bras puissant et le dénominateur commun autour duquel se regroupent les Libanais. L’armée a donné les meilleures leçons dans l’unité et la résistance, prouvant qu’elles sont la force véritable de la patrie.


Baptême du feu pour les élèves-officiers,
à Wata el-Jaouz.


... et de fournir une assistance sociale pour atténuer
les souffrances et les privations des sinistrés.

LES TITRES DE L’ÉTAPE ACTUELLE
Aujourd’hui, notre Armée est à la veille d’entrer dans sa cinquante-troisième année, profitant des expériences et des leçons passées; œuvrant avec discipline et lucidité à appliquer les ordres de son commandement et ses directives, en vue de réactiver et de consolider ses structures institutionnelles et pour préserver la souveraineté de la patrie, son indépendance et sa sécurité, tout en protégeant le processus de sa progression vers les horizons de la construction et de la productivité. En fait, depuis la prise de la grande décision politique le 13 octobre 1990, l’Armée poursuit le processus de sa restructuration et appuie les différentes institutions de la patrie, ses ministères et ses administrations. Les militaires continuent à exécuter les missions qui leur sont confiées par les autorités libanaises responsables, pour défendre la patrie, assurer sa sécurité intérieure et développer ses ressources, aux fins de mieux les exploiter et de renforcer ses possibilités. Le rôle de l’Armée, protectrice de la légalité et de la Constitution, de la terre et du peuple, garante du processus de la reconstruction sous l’ombrelle de la sécurité nationale stabilisée, ce rôle apparaît sous de larges titres dont voici les plus éminents:
• Poursuite de l’opération de l’édification de l’institution sur des bases nationales saines, ainsi que sa réhabilitation et son rééquipement.
• Perpétuation du rétablissement et du raffermissement de la confiance du citoyen dans l’Etat, en lui assurant la sécurité légale et les climats adéquats, en vue de l’édification de l’Etat civil légal et de sa protection.
• Elimination des causes de la guerre dans la patrie, en assurant les éléments de confiance en soi, tout en semant les facteurs de l’immunité nationale.
• Entretien de la coordination en cours avec la Syrie au niveau politique dans le domaine des négociations et au niveau logistique quotidien entre les deux armées sœurs, ce qui garantit la stabilité de la sécurité à l’intérieur et permet à l’Armée d’affronter l’agression israélienne qui se perpétue au Sud et dans la Békaa ouest.
• Poursuite du processus de l’intégration nationale à divers niveaux et domaines, notamment celui du Service du Drapeau, l’intégration des jeunes Libanais étant le pilier de l’intégration nationale globale qui constitue la force véritable de la patrie et son immunité face aux difficultés et aux épreuves.


L’Armée a pris sur elle d’assurer le retour des déplacés,
de contribuer à la normalisation de la vie dans les villages...

LA CONSTITUTION DE L’ARMÉE
La constitution de l’Armée libanaise a débuté avec la formation de “l’unité d’Orient” par le gouvernement français le 15 novembre 1916, des centaines de Libanais s’y étant enrôlés, formant en son sein un groupe libanais distinctif. Ce fut la première pierre dans l’édifice de l’Armée libanaise. De “l’unité d’Orient” a émané la première unité militaire libanaise, à savoir: le premier “bataillon libanais” qui fut le noyau de l’Armée libanaise et ce, le 26 janvier 1926. Durant la phase du mandat français, les officiers libanais étaient à tel point lucides, qu’ils ont refusé de se soumettre à une autorité autre que celle de leur gouvernement national. Ils se sont rassemblés à Zouk Mikaël le 26 juillet 1941 et ont proclamé leur allégeance à la patrie, refusant d’être un instrument pour réaliser les intérêts de l’étranger ou prendre parti dans la guerre ayant opposé, alors, les partisans du gouvernement de Vichy, d’une part, aux Français se réclamant à la France libre (les Gaullistes), d’autre part. Ainsi, a été élaboré le “Document historique” signé par quarante officiers libanais, en tête desquels le commandant (à l’époque) Fouad Chéhab, le capitaine Jamil Lahoud, les lieutenants Iskandar Ghanem et Jamil Houssami.

LE PREMIER AOÛT 1945
Avant la proclamation de l’Indépendance, les différentes unités militaires libanaises ont formé la cinquième brigade, sous le commandement du colonel Fouad Chéhab. Bien que le troisième bataillon des fantassins libanais fut placé à la disposition du premier gouvernement de l’ère d’indépendance, en vue de sauvegarder la sécurité, les forces armées, dans leur majorité, sont restées sous le commandement de l’armée française. Plus d’une année après que le Liban eut accédé à l’Indépendance, le gouvernement libanais a constitué une délégation officielle pour négocier avec les Français la passation de l’Armée libanaise à l’autorité nationale. Les négociations, à cet effet, ont été entamées le 12 juillet 1945 au sérail de Chtaura. Elles ont pris fin le 31 du même mois par une décision de “l’Organisme d’état-major du commandement combiné anglo-français”, en vertu de laquelle l’Armée libanaise nationale était placée sous l’autorité de l’Etat libanais indépendant, à partir de zéro heure du 1er août 1945. Ses effectifs étaient formés de 2672 gradés et hommes de troupes, à l’exception des officiers. Le général Fouad Chéhab a été nommé commandant en chef de cette Armée et le général Sleiman Naufal, chef d’état-major au ministère de la Défense. Le 1er août 1945, à zéro heure, le drapeau libanais a été hissé, définitivement, sur tous les édifices gouvernementaux. A neuf heures du matin, S.E. le président de la République, cheikh Béchara El-Khoury, entouré des dignitaires de l’Etat, passait en revue l’Armée libanaise dans le premier défilé militaire qui s’est déroulé sur l’esplanade du ministère de la Défense nationale, pour célébrer cet événement. Ainsi, l’Armée libanaise fête chaque 1er août sa fête.

RÉSULTATS DU SERVICE NATIONAL
En dépit des nombreuses difficultés ayant accompagné l’application de la loi sur le service du Drapeau, le commandement de l’Armée s’est soucié de poursuivre son exécution, en raison de son grand rôle dans le raffermissement de l’unité intérieure, la consolidation de l’intégration nationale; l’économie qu’une telle opération vaut au Trésor de l’Etat, en assurant à l’Armée un potentiel supplémentaire contribuant à accroître ses capacités défensives, sécuritaires et au plan du développement mises, en principe, au service de l’Etat et dans l’intérêt de la patrie. On peut résumer comme suit les résultats du service du Drapeau: - Renforcer l’allégeance de la jeunesse libanaise à la patrie et à l’Etat; affirmer le respect de la loi, les conceptions de l’ordre, de la discipline, du droit, du devoir et de l’action institutionnelle collective, dégager les capacités individuelles et les orienter dans la bonne voie. Au terme de leur service, les conscrits reviennent à leurs familles et à leurs milieux en tant que bon levain en vue de l’unité de la société, de sa cohésion, de l’accroissement de son éveil national et des horizons de sa productivité. - Poursuivre et parachever l’opération de l’intégration de la jeunesse libanaise dans une entité nationale unique et empêcher l’infiltration des idées subversives dont les propagateurs exploitent l’ignorance par certains des vérités, alors que certains autres ne sont pas orientés sainement, au plan national. Ainsi, la formation et l’orientation assurées aux jeunes accomplissant le service national, les éclairent, renforcent leur confiance en eux-mêmes, leur inculquent les vérités et développent leur foi dans la patrie et leur allégeance à l’Etat. - Poursuivre et parachever l’opération de fusion au sein de l’Armée, en répartissant les conscrits du Service du national (venant de toutes les régions et de toutes les communautés) entre les diverses brigades de l’Armée, de ses unités et de ses bataillons répartis dans les différentes régions du Liban où ils fructifient leur éveil national et allient la parole à la pratique. - Réaliser une économie matérielle au Trésor. La mobilisation a remplacé l’enrôlement: en se joignant aux effectifs de l’Armée, les conscrits s’acquittent de toutes les missions qui leur sont confiées aux plans du combat, de la défense, de la sécurité, du développement, de la logistique et de l’administration, exactement comme les militaires professionnels. De même, le Service national a contribué à renforcer l’Armée en effectifs, en capacités et compétences, surtout après le ralliement aux conscrits d’éléments titulaires de diplômes de spécialisation universitaires, ces éléments ayant eu droit au grade convenant à leur niveau académique (officiers et gradés). - Soutenir le processus du développement et de la construction, les conscrits et notamment les spécialistes parmi eux ayant aidé les différents ministères et administrations officielles, contribuant à leur réhabilitation à travers les missions qu’ils ont exécutées en tant que militaires, dans le cadre du plan général, sur base duquel l’institution militaire s’est associée à l’élimination des séquelles de la guerre et à la remise du pays sur la voie de la vie normale, de la construction et de la productivité.

RÔLE DE L’ARMÉE AU DOUBLE PLAN SOCIAL ET DU DÉVELOPPEMENT
En plus de l’instauration du climat sécuritaire juste à l’intérieur et de l’acquittement de son devoir face à l’ennemi israélien au Sud et dans la Békaa ouest, tout en soutenant la résistance des citoyens et en leur venant en aide, le rôle de l’Armée a enregistré, au plan du développement, comme des services sociaux et de la reconstruction, bien des stations au cours des dernières années. Elle a pris sur elle d’assurer le retour des déplacés et de protéger ce retour; de fournir toute assistance sociale et de développement, aux fins d’atténuer le drame dans les villages et les villes que les déplacés doivent réintégrer, tout en favorisant la normalisation de la vie dans ces localités. En coordination avec les ministères, les administrations et les institutions qualifiées, l’Armée a contribué à la remise en état des infrastructures, à éliminer les décombres, à nettoyer les routes publiques et les quartiers résidentiels. De même, les équipes de génie ont déminé les régions et les ont débarrassées des projectiles n’ayant pas explosé. Les tracteurs de l’armée ont contribué, également, à la revalorisation des terres en montagne et à leur réhabilitation pour l’agriculture en vue de leur exploitation, alors que les équipes spécialisées ont réhabilité les réseaux de services de la vie quotidienne dans les domaines de l’eau, de l’électricité et du téléphone. L’institution militaire s’est employée à mettre en valeur les vestiges nationaux frappés par la négligence et l’oubli, en leur redonnant leur éclat historique et en économisant l’argent et le temps au Trésor de l’Etat. L’Armée a étendu son action à la forêt des cèdres et a mis en relief la valeur de tous les centres archéologiques et touristiques, ainsi que leur portée économique. Le projet de développement exécuté par l’Armée prévoyait des services sociaux divers, tels l’aide au cours des catastrophes naturelles, en sauvant les personnes et en leur fournissant les secours nécessaires: l’extinction des incendies, la distribution de l’eau au moyen des camions-citernes et la mise de volontaires capables à la disposition de certaines administrations (notamment les ministères des Finances et de l’Intérieur); la gestion de certains hôpitaux et dispensaires; l’aide aux institutions humanitaires comme la Croix-Rouge libanaise et autres, par l’aménagement de camps d’été et l’organisation de campagnes d’information dans les villages éloignés, de rencontres culturelles, l’établissement de ponts solides avec les différentes franges du peuple, spécialement la jeunesse universitaire: en plus de la consolidation de la relation de l’Armée avec la société civile et l’approfondissement des liens avec elle dans les domaines de la culture, du développement et de l’échange des expériences.

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A l’occasion du cinquante-deuxième anniversaire de sa naissance, l’Armée se tient avec plus de fermeté face aux défis auxquels la patrie est confrontée; plus immunisée dans la défense de la terre et des citoyens; mieux disposée à accomplir son devoir et à exécuter les directives de la direction politique responsable, avec le même esprit de détermination et de discipline ayant marqué son action depuis le début des années quatre-vingt dix.


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