Evénements de la semaine

PAS DE DIFFÉRENCE ENTRE LES MEETINGS POPULAIRES DE MEYROUBA ET DE BAALBECK

En dépit de l’affirmation du Premier ministre, rien pratiquement ne marche plus surtout au plan social et de la vie quotidienne. Les meetings populaires de protestation semblent devoir faire boule de neige, malgré la menace du ministre de l’Intérieur de les interdire. Les citoyens brimés pourraient recourir à des moyens négatifs, si les gouvernants continuaient à faire la sourde oreille à leurs doléances et à leur prodiguer des promesses jamais tenues...

Dès le moment où il a décidé de tenir un meeting populaire à Meyrouba, M. Rouchaid el-Khazen, député du Kesrouan, a précisé que ce rassemblement différait, de la “révolte des affa-més” de cheikh Soubhi Toufayli, ancien secrétaire général du “Hezbollah”. En effet, cheikh Rouchaid a réaffirmé son allégeance à l’Etat, son respect des lois et règlements en vigueur. Et d’ajouter: “La révolte des affamés vise à changer le système et à proclamer la désobéissance civile, alors que notre mouvement veille sur l’ordre public”. Et si vous n’obtenez pas satis-faction? lui a-t-on demandé. “Dans ce cas, réplique-t-il, nous aurons recours à tous les moyens, y compris la force, pour contraindre les gouvernants à assurer l’eau et l’électricité à la région kesroua-naise”. Il rappelle que le caza est privé de courant, alors que “l’usine thermique de Zouk pollue l’air que respirent les Kesrouanais et propage les maladies”. De plus, il déplore le chômage qui affecte beaucoup de jeunes, alors que le Casino du Liban embauche des étrangers, dont la présence dans cette institution n’est ni nécessaire, ni indispen-sable. Enfin, M. el-Khazen s’interroge sur les raisons ayant retardé l’exé-cution du barrage de Chabrouh, d’importants crédits ayant été affectés aux études de faisabilité de ce projet, dont les avantages n’ont plus besoin d’être prouvés. Fait à signaler: de Vienne où il se trouvait à la fin de la semaine écoulée, le chef de la diplomatie - autre député du Kesrouan - a fait savoir qu’il participera au meeting de Meyrouba. Mais il n’y a pas assisté et a délégué à sa place l’un de ses proches... Puis, les trois autres parlementaires de cette circonscription, en l’occur-rence MM. Elias el-Khazen, Mansour el-Bone et Camille Ziadé, se sont absentés, ce qui a porté les observa-teurs à déduire qu’ils désapprouvaient leur collègue. Cela dit, la “révolte des affa-més” de cheikh Toufayli et le meeting populaire de Meyrouba se rapprochent en plus d’un point de vue. D’abord, les deux rassemble-ments se sont tenus sans l’autori-sation requise. Puis, le ministre de la Défense a suspendu l’effet des permis de port d’armes dans les deux cazas à l’occasion des rassemblements. Enfin, tant cheikh Rouchaid que cheikh Toufayli, se faisant l’écho des plaintes de leurs compatriotes, dont les conditions de vie ne sont nullement enviables, ont eu recours à un moyen identique, l’un et l’autre étant parvenus à regrouper autour d’eux plusieurs milliers de citoyens. Où est donc la différence? Si elle existait vraiment, elle serait plutôt ténue, l’objectif final visé par les deux hommes étant le même. D’autant que M. el-Khazen menace de recourir à tous les moyens, y compris la force, pour obtenir la satisfaction des doléances des habitants du Kes-rouan. Conclusion pratique: l’Etat fait la sourde oreille aux revendica-tions des citoyens jusqu’à les contraindre à descendre dans la rue. Et il a poussé le cynisme au point d’interdire les manifes-tations... sauf lorsqu’elles sont organisées par des éléments ayant bon dos et capables de défier le Pouvoir!


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