Evénements de la semaine
 
Après l’accord de Bagdad, à quand le tour
du Proche-Orient?
 
En dépit des réserves des USA qui demandent des “éclaircissements”, le Conseil de Sécurité a félicité Kofi Annan  pour le succès de sa médiation dans la capitale irakienne et approuvé l’accord qu’il y a signé avec Tarek Aziz. Les peuples du Proche-Orient peuvent-ils espérer en une solution salvatrice du conflit israélo-arabe, dont le secrétaire général de l’ONU - homme du consensus - prendrait l’initiative, sans court-circuiter l’Amérique et en coopération avec elle. 

Nous avons écrit dans notre dernière livraison, que “Kofi Annan pourrait être le sauveteur de l’Irak, du Proche-Orient et de l’ONU”.
Il a prouvé à Bagdad qu’il est capable de jouer ce rôle, tout simplement parce qu’il est le “diplomate du consensus”. Ceci lui a permis d’épargner à la capitale irakienne les frappes aériennes que l’Amérique se proposait de lui asséner, à l’effet de la punir pour son refus de respecter les résolutions de la légalité internationale.
Le secrétaire général de l’ONU n’a accepté d’entreprendre sa médiation qu’après avoir obtenu le veu vert des Etats membres du Conseil de Sécurité, les Etats-Unis en tête.
Et c’est ce qui le distingue de son prédécesseur. En effet, M. Boutros Ghali, ne ménageait pas l’Amérique, pourtant principal bailleur de fonds et gros débiteur de l’organisation internationale. Ce qui l’a empêché de renouveler son mandat.
M. Annan a toujours œuvré en vue de rapprocher les points de vue des membres permanents du Conseil de Sécurité, tant lors des conflits sur la Bosnie ou en Afrique. Cette fois, il n’a décidé de gagner Bagdad qu’après avoir reçu la réponse de Washington.
Dans le même temps, il s’est soucié de ne pas humilier l’Irak et, spécialement Saddam Hussein, disant “qu’il faut ménager la dignité des Arabes, en ne leur imposant pas par la force, ce qu’on peut obtenir d’eux par la diplomatie”.
Puis, l’homme est un croyant ayant foi dans la prière “dont on ne doit pas minimiser la force”, a-t-il dit avant d’ajouter: “Des millions de gens de par le monde ont prié en faveur de la paix et c’est ce qui m’a aidé dans ma mission”.
Annan n’est pas inconnu à Bagdad: il avait contribué à régler le cas de 900 expatriés travaillant en territoire irakien et à libérer des otages occidentaux, à la suite de l’invasion, en 1990, du Koweït par les forces de Saddam Hus-sein.
Par la suite, il fut l’artisan de l’accord “pétrole contre nourriture” ayant allégé les conséquences du blocus imposé à l’Irak. Avant de gagner les bords de l’Euphrate, il avait amené l’ONU à accroître le volume de l’or noir irakien destiné à l’exportation, afin d’assurer plus de denrées alimentaires et de médicaments, surtout aux enfants qui meurent par dizaines faute de soins et d’aliments.
Tout cela renforce la confiance des peuples du Proche-Orient et ranime leur espoir en un possible règlement du conflit israélo-arabe, par l’intermédiaire de cet homme dont les qualités humaines et morales suscitent l’admiration.
De fait, après le succès de sa mission à Bagdad, Annan est, croyons-nous, en mesure d’aider à résoudre la crise régionale qui a trop duré. Comment? En agissant en coopération avec les USA, sans chercher à les court-circuiter, comme l’ont fait jusqu’ici les Européens.
Courtois, affable et populaire au palais de Verre, il peut entreprendre une initiative salvatrice, susceptible de mettre fin à tant de drames et de malheurs dont pâtit cette région du globe.
Peut-être que Benjamin Neta-nyahu, appréhendant une telle éventualité, a-t-il pris les devants ces derniers jours, en proposant à Yasser Arafat la tenue d’un nou-veau camp David, pareil à celui qui mit un terme au conflit ayant oppo-sé, naguère, l’Egypte à Israël...


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