Ballet diplomatique stérile au P.-O.
Les bons offices de Cook et de Possouvaliok s’avèrent inefficaces
Attendu aujourd’hui à Beyrouth, Annan réitère son
“appui total” aux efforts américains en faveur de la paix"

 
Hariri à Cook: “La période actuelle est propice à l’instauration de la paix, à condition  
que les Israéliens y soient décidés." 

 
M. Victor Possouvaliok au palais Bustros: “La reconnaissance de la 425 par Tel-Aviv constitue un pas dans la bonne direction.” 
 
 

On peut, d’ores et déjà, dire sans risque d’être démenti, que le ballet diplomatique dont le Proche-Orient est, actuellement, le théâtre restera stérile, étant donné l’intransigeance de Benjamin Netanyahu par rapport à l’application de la résolution 425 du Conseil de Sécurité, qu’au règlement du conflit israélo-arabe dans son ensemble. 

En effet, au terme de ses entretiens à Beyrouth - où il est arrivé mercredi après Le Caire, Amman, Jérusalem, Ramallah et Damas - M. Robin Cook, chef du Foreign Office, a constaté un “large fossé entre les différentes parties impliquées dans la crise”, ce qui rend toute percée difficile, voire impossible, dans l’état actuel des choses. 
“En tant qu’Union européenne, a dit le chef de la diplomatie britannique, dont le pays assume la présidence, actuellement, nous devons essayer de combler ce fossé à travers les efforts que déploie M. Miguel Moratinos.” 
Faisant état de la proposition israélienne relative à l’application de la 425, M. Cook a déclaré: “Nous sommes conscients du fait que tout progrès ne peut être réalisé que dans le cadre d’un règlement global du conflit arabo-israélien.” 
Et d’ajouter: “Nous attendons une nouvelle proposition américaine sur le volet palestinien... Cela n’aura aucune incidence directe sur la 425, mais un progrès, si minime soit-il, sur l’un des volets pourrait donner un nouveau souffle au processus de paix dans son ensemble.” 

ALTERCATION VERBALE COOK-NETANYAHU 
M. Cook a rendu sa mission d’autant plus malaisée, qu’il a eu une vive altercation avec Netanyahu à Jérusalem, après avoir suscité l’ire des “faucons” israéliens en visitant Har Homa, nouvelle colonie en cours de construction non loin de la Ville sainte. 
En effet, le Premier ministre israélien ayant déclaré, sous le ton de la menace, “qu’il y a des lignes rouges que nul ne peut franchir, la remise en question de notre souveraineté sur Jérusalem étant l’une d’elles”, le chef du Foreign Office a répliqué: “Il y aura ici deux capitales. Vous n’avez pas le droit de bâtir à Jérusalem-Est. Har Homa est une colonie.” 
“C’est faux, a rétorqué Netanyahu, et les accords d’Oslo ne nous interdisent pas de construire à Jérusalem.” 

ANNAN: APPUI AUX EFFORTS US 
Le ton de M. Kofi Annan est, quant à lui, plutôt conciliant. De fait, avant d’arriver à Beyrouth pour inaugurer le nouveau siège de l’ESCWA et inspecter la FINUL dans la zone frontalière, le secrétaire général de l’ONU a déclaré à son escale jordanienne: “Je ne suis venu avec aucun ensemble de propositions et j’apporte mon appui total aux efforts américains dans le processus de paix.” 
Aussi, a-t-il appelé toutes les parties “à coopérer d’une manière constructive avec Washington, qui sert d’intermédiaire entre Israël et les Palestiniens.” 
Quant à M. Victor Possouvaliok, vice-ministre russe des A.E., venu en tant qu’émissaire personnel du président Eltsine, il a réaffirmé l’appui de Moscou à la 425 et a reconnu que “la reconnaissance par Israël de cette résolution, constitue un pas dans la bonne direction”, avant d’ajouter: “La Russie appuie la 425 depuis son adoption en 1978, afin que l’Etat libanais puisse instaurer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.” 
Beyrouth attend, à présent, la visite du ministre iranien des Affaires étrangères prévue pour la semaine prochaine. 

VERS UNE NOUVELLE INTIFADA? 
Pendant ce temps, les affrontements palestino-israéliens se poursuivent en Cisjordanie, depuis que trois Palestiniens ont été abattus de sang-froid, la semaine dernière, à un barrage militaire. 
Déjà le 13 mars, de jeunes Palestiniens déchaînés avaient utilisé des cocktails Molotov et, bien entendu, des pierres contre les soldats israéliens - alors que la police palestinienne intervenait pour empêcher la bagarre de dégénérer. 
Les heurts violents qui ont éclaté dans toutes les villes de la rive-ouest sous contrôle israélien, semblent constituer des symptômes irréversibles d’une nouvelle intifada.


Home
Home