Motus
et bouche cousue! La troïka s’est donné la consigne après
le dernier sommet libano-syrien, pour ne rien laisser transpirer de ses
conciliabules avec les dirigeants syriens. D’après certains recoupements,
on croit savoir que ceux-ci ont conseillé à leurs interlocuteurs
(libanais) de ne pas déclencher, prématurément, la
bataille présidentielle, parce que cela envenimerait l’atmosphère,
alors que la conjoncture régionale est préoccupante!
Les trois présidents
ont gagné, séparément, Damas et en sont revenus dans
la même voiture; sans doute celle du chef du gouvernement qu’il conduisait
lui-même...
C’est tout ou presque ce qui a transpiré du dernier sommet libano-syrien,
en plus de certains faits, dégagés de quelques recoupements
glanés dans les dépêches d’agences ou à travers
des propos tenus par des “milieux proches du pouvoir”...
Aux reporters de presse qui l’attendaient mardi, à l’issue de
son tête-à-tête avec le chef de l’Etat, le chef du Législatif
s’est contenté de dire: “Il n’y a rien de nouveau; c’était
une visite ordinaire, la veille de l’ouver-ture de la session parlementaire
qui s’étendra jusqu’à fin mai”.
De son côté, le Premier ministre s’est montré peu
loquace, tout en exprimant son point de vue par rapport aux “spécifications”
du futur président de la République: entretenant de bons
rapports avec Damas, agréé par toutes les parties libanaises,
Bkerké en tête, etc...
Invité à émettre son avis au sujet des propositions
du vice-président, ministre de l’Inté-rieur, relatives à
l’amendement de l’article 49 de la Constitution, afin de rendre possible
l’éventuelle reconduction du mandat présidentiel, M. Hariri
a émis ces réflexions: “Il s’agit d’une opinion personnelle...”
Avant d’enchaîner: “La demande de révision constitutionnelle
doit être proposée par le chef de l’Etat; le gouvernement
n’envisage pas de prendre l’initiative à ce sujet”. Et de conclure:
“Je souhaite que le nouveau régime et le gouvernement qui en sera
issu, reflètent parfaitement la réalité de la situation”
(sic).
Peut-on déduire de ces propos, que M. Hariri, comme il l’a déjà
insinué plus d’une fois, n’est pas favorable à la prorogation
du mandat présidentiel? C’est possible.
De toute façon, les coteries de la “troïka” manifestent
beaucoup d’amabilités les unes envers les autres. Et ce qui est
plus important, elles font état de “conseils” prodigués par
la partie syrienne “de ne pas déclencher, prématurément,
la bataille des présidentielles, parce que cela envenimerait l’atmosphère
dans le pays... alors que la conjoncture régionale est préoccupante”.
Naturellement, les Syriens qui réaffirment leur souci de se
maintenir à égale distance de tous les Libanais, veillent
apparemment à ne pas donner l’impression de vouloir s’immiscer,
ouvertement, dans nos affaires intérieures et, tout particulièrement
les présidentielles...
Laisseront-ils à la Chambre libanaise l’entière latitude
de porter son choix sur le présidentiable qu’elle juge le plus apte
à assumer les charges de la magistrature suprême? Les prochains
mois donneront la réponse à cette question... |