Evénements de la semaine
 
LA RENCONTRE P. HÉLOU-B. ASSAD, PRÉLUDE AU DIALOGUE BKERKÉ-DAMAS?
 
S’achemine-t-on vers l’amorce d’un dialogue direct entre Bkerké et Damas? Cette question se pose après la rencontre ayant eu lieu, samedi dernier, entre le président de la Ligue maronite et le Dr Bachar el-Assad, fils (et dauphin) du chef de l’Etat syrien. Le président de la Ligue maronite s’est montré très circonspect, se déclarant satisfait de son entretien de trois heures qu’il a qualifié de “franc et positif... le dialogue favorisant, en général, l’entente et la compréhension”. 

Explicitant la position de Damas envers le patriarcat maronite et l’éventuelle amorce d’un dialogue entre Bkerké et la capitale syrienne, M. Abdel-Halim Khaddam avait déclaré, il n’y a pas longtemps, à l’issue d’une visite au palais de Baabda: “La Syrie n’engage des pourparlers que d’Etat à Etat”...
Mais cela n’a pas empêché les responsables damascènes de tenter, d’une manière contournée, de se rapprocher du siège patriarcal en vue de normaliser les relations avec la hiérarchie maronite. Et, en particulier, S.Em. le cardinal Nasrallah Sfeir qui conditionne le dialogue avec les responsables du pays voisin à des points dont on connaît déjà la teneur.
“Point n’est besoin de me rendre sur les bords du Barada, ne cesse de dire l’éminent prélat, si ma visite devait déboucher sur le néant”...
Il y a eu, précédemment des contacts par émissaires interposés, mais ils n’ont donné aucun résultat.
Mais samedi dernier et au lendemain d’une longue entrevue (de sept heures entre le cardinal-patriarche et le président Rafic Hariri, lequel s’était rendu à Damas), la rencontre “dans la plus grande discrétion” entre M. Pierre Hélou, président de la Ligue maronite et le Dr Bachar el-Assad, n’a pas manqué de donner lieu à maintes spéculations, notamment celle laissant prévoir un dialogue direct entre Bkerké et la capitale syrienne.
Peut-on s’attendre à un revirement dans la position des dirigeants baasistes - et leurs alliés ou partenaires locaux - envers les communautés chrétiennes du Liban dans leur ensemble et les maronites, en particulier?
Puis, le fait pour le Dr Bachar el-Assad d’avoir voulu s’entretenir avec une délégation de la Ligue maronite, à la suite d’un mémorandum (sur les rapports avec la Syrie) établi par cette association communautaire, dont Damas a eu connaissance par le canal de l’un de ses amis et alliés libanais, en l’occurrence le ministre de la Santé, ce fait traduit-il la volonté des Syriens de reconsidérer leur attitude, à l’approche de l’échéance présidentielle, surtout si l’actuel locataire de Baabda devait persister dans son refus de laisser proroger une fois de plus son mandat?
En réalité, rien de précis n’a transpiré des trois heures d’entretien Hélou-Bachar el-Assad, sauf que cet entretien avait été “franc et positif” et que toutes les questions qui se posent sur la scène libanaise et régionale avaient été évoqués...
Le président de la Ligue maro-nite s’est montré très circonspect, se limitant à dire qu’il avait été “très satisfait” de son entretien avec le dauphin de président Assad, en souhaitant qu’il soit suivi d’autres rencontres à l’avenir... “afin que l’image s’éclaircisse davantage à propos des problèmes en suspens, entre certaines catégories libanaises et les dirigeants syriens.”
Interrogé sur le point de savoir s’il aurait été chargé de transmettre quelque message à Bkerké de la part du fils de l’Etat syrien, M. Hélou a répondu par la négative.
“De telles rencontres, a-t-il ajouté, sont utiles et le dialogue, comme dit Saeb bey (Salam) mène à l’entente et à la compréhension...”
Puisse-t-il en être ainsi avec nos frères et voisins!


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