La tournée proche-orientale de M. Robin
Cook, chef du Foreign Office (précédant de quelques jours
celle de Kofi Annan, secrétaire général des Nations
Unies), s’est déroulée dans une atmosphère tendue.
Le chef de la diplomatie britannique ayant réaffirmé la solidarité
de l’U.E. avec l’autorité palestinienne par rapport à l’extension
des colonies de peuplement et tenu à visiter le site d’une nouvelle
colonie juive proche de Jérusalem, a suscité le mécontentement
de Netanyahu qui n’a pas offert un dîner en son honneur... De plus,
Tel-Aviv a demandé aux Européens de n’entreprendre aucune
médiation au P.O., “cette tâche étant du ressort des
Etats-Unis”.
Avant de commencer,
les tournées proche-orientales de MM. Kofi Annan, secrétaire
général des Nations Unies et de Robin Cook, chef du Foreign
Office - ce dernier en sa qualité de président du conseil
minis-tériel de l’Union européenne - se sont avérées
malaisées, parce qu’entravées par maintes embû-ches.
Celles-ci ont été placées en travers de leur chemin,
par les parties - on sait lesquelles - à qui il répugne de
voir les deux hommes réussir dans leur mission qui consiste à
relancer le processus de paix.
En effet, avant de quitter New York après une visite-éclair
à la Maison-Blanche, M. Annan a fait une malencontreuse réflexion
ayant provoqué une réaction hostile du Congrès qui
a retardé le vote des crédits à l’ONU. “Si les Etats-Unis,
a-t-il dit, n’acquit-taient pas les arriérés de leurs cotisations
à l’organisation inter-nationale, ils pourraient perdre leur droit
de vote à l’Assemblée générale et au Conseil
de Sécurité”.
Il va sans dire qu’une telle mise en garde de sa part a pour conséquence
de rendre complexe sa tournée proche-orientale. Washington agirait,
probable-ment, de façon à ce que M. Annan n’entreprenne aucune
initiative de nature à déblayer le terrain des obstacles
empêchant le processus de paix de redé-marrer. Est-il besoin
de rappeler que la capitale fédérale considère le
Proche-Orient comme une chasse gardée?
Les milieux onusiens se sont donc empressés de préciser
que le secrétaire général vient dans cette région
dans un double but: inaugurer le nouveau siège de l’ESCWA à
Beyrouth et inspecter la FINUL stationnée au Liban-Sud.
Ainsi, ces milieux coupent court aux dépêches d’agences
ou aux rumeurs selon lesquelles il jouerait au médiateur entre le
Liban et l’Etat hébreu, en vue d’une rapide application de la résolution
425 du Conseil de Sécurité restée lettre morte depuis
1978.
En ce qui concerne le chef du Foreign Office, le fait d’avoir avant
de quitter Londres mani-festé son intention de visiter le chantier
de la colonie juive de Hor Homa (en dépit de l’oppo-sition de Benjamin
Netanyahu), et de rencontrer un responsable palestinien, en l’occurrence
Fayçal Husseini, a monté contre lui le chef du gouvernement
et l’aile dure du Likoud.
De fait, un communiqué diffusé par le bureau du Premier
ministre à Tel-Aviv, qualifiait “d’inacceptable” la visite de M.
Cook à Har Homa...
Mais dans la City, on insinuait qu’en visitant la colonie juive de
Jérusalem-Est, le chef de la diplomatique britannique enten-dait
manifester l’opposition, non seulement de la Grande-Bretagne, mais de l’Union
européenne à l’expansion des colonies de peuplement et à
la politique officielle israélienne suivie dans ce domaine.
En conférant lundi au Caire avec le président Hosni Moubarak,
M. Cook a dit au Raïs que “la colonisation était préjudiciable
à l’opération de paix”. Il devait abonder dans le même
sens, lors de ses entretiens avec les responsables à Amman, à
Ramallah, Damas et, enfin, à Beyrouth où il est arrivé
mercredi. |