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CLINTON L’AFRICAIN |
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| Au
moment où nous écrivons ces lignes, le président Bill
Clinton effectue une visite au continent africain, longtemps considéré
comme le “rond-point” des préoccupations majeures de la planète:
anarchies, misères, guerres ethniques, féodalismes, pour
ne citer que celles-ci. Et pourtant, l’Afrique est de plus en plus attrayante,
de plus en plus estimée aux Etats-Unis comme espaces vitaux à
exploiter, toujours sous la bannière de l’intégration à
l’économie de marché.
Depuis les années 90, l’Amérique paraît redécouvrir le Continent noir. En 1998, elle en fait l’une de ses nouvelles frontières. Le périple du chef de l’Exécutif américain, en Afrique du Sud, à l’invitation de son vieil ami Nelson Mandela, ainsi que dans quatre autres pays: Ghana, Ouganda, Botswana et Sénégal, vient de couronner une entreprise américaine proclamée dans le discours présidentiel sur l’Union, le 27 janvier passé, dans lequel, il annonce, grâce à l’appui des démocrates et des républicains, une loi, “l’Africain Growth and opportunity Act” qui prévoit la réduction et même la suppression des barrières douanières pour à peu près 1900 produits en provenance d’Afrique subsaharienne, initiative concurrente à la Convention de Lomé, approuvée par l’Union européenne avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, qui n’a pas donné ses fruits. Le partenariat afro-américain en faveur de la croissance, devrait profiter en priorité aux régimes africains qui œuvrent en faveur de la démocratie, la règlementation commerciale et la valorisation de leurs ressources humaines. Autrement dit, les Etats-Unis renforceraient entre autres, l’assistance technologique, notamment en matière commerciale, une incitation directe à l’investissement privé américain; à l’annulation des dettes bilatérales des pays les plus défavorisés, ainsi qu’un “forum économique” et des conférences ministérielles annuelles, entre dirigeants africains et américains. Cette euphorie pour la conquête du marché africain, revêt aussi un caractère politique. Au cours des dix dernières années, le nombre des pays subsahariens qui ont opté pour le régime démocratique a quintuplé, affirme un haut responsable de la Maison-Blanche, vingt Etats africains se sont dotés d’un système de gouvernement démocratique. Une renaissance africaine est en voie de développement, dira le vice-président sud-africain Thabo Mbeki, les vieux systèmes ayant fait faillite. La tournée africaine de Bill Clinton, un an après la visite
de Hillary Clinton, deux ans après celle de Warren Christopher et
celle de Madeleine Albright, en décembre passé, vise-t-elle
vraiment à aider les Africains à surmonter les graves difficultés
qui entravent leur vie quotidienne, ou simplement à imposer la prééminence
hégémonique américaine dans un continent en perpétuelle
ébullition? Toutefois, au-delà des chiffres et des nomenclatures,
cette tournée “clintonienne”, marque un nouveau rapport de forces
dans cette partie nébuleuse de la plantète, où la
cote de l’Amérique va crescendo. A en croire les spécialistes
des affaires africaines, il semble que la France ne soit plus disposée
à payer le prix pour maintenir son influence en Afrique et c’est
pour cela qu’elle laisse faire. C’est à voir. Cependant, comment
prétend-on démocratiser l’Afrique, tout en affichant sa sympathie
aux nouveaux dictateurs africains qui détiennent le pouvoir par
la force, sous le regard indulgent des Etats-Unis; où les élections
législatives sont perçues par ses dirigeants comme un moyen
de s’assurer le pouvoir et les richesses nationales, tout en instaurant
un clientélisme et un tribalisme à toute épreuve?
Exemple, le Congo-Brazzaville, où les nouvelles institutions n’ont
jamais fonctionné, à la suite d’un conflit armé lié
aux intérêts pétroliers.
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“Jamais la voie n’a été aussi dégagée et aussi attrayante. A l’orée du troisième millénaire, les Etats-Unis jouent un rôle éminent dans le développement de la planète et du prochain chapitre de l’histoire de l’Afrique. Son engagement s’avère impératif et favorise les intérêts de l’Amérique.” Sandy Berger
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