Evénements de la semaine
 
Dangereuse querelle entre les laïcs et les religieux...
 
La tension n’a cessé de monter entre Baadba et Koraytem, d’autant que la coterie du chef du gouvernement faisait part de son refus d’apposer sa signature sur le projet de loi instituant le mariage civil facultif. On appréhendait même une “crise de pouvoir”. Mais à son retour de Damas, une délégation de la “Jamaa islamiya” rapportait le souhait du vice-président syrien - en charge du dossier libanais - de retirer tout projet autour duquel ne peut être réalisé un consensus national.  

Comment évoluera la controverse instituée autour du mariage civil facultatif? Il est difficile de le prévoir à l’heure où nous mettons sous-presse. Notre souhait le plus cher, celui de tout Libanais bien pensant, est que cette mauvaise affaire - ce “bourbier” - n’entraîne pas le pays vers une situation aussi dangereuse que les sables mouvants.
Il ne faut pas laisser se perpétuer et, surtout, s’envenimer cette confrontation entre la religion et l’Etat. Il est impérieux de la transposer de la rue où elle produirait des étincelles!
“La religion est à Dieu et la patrie est à tous les citoyens”, a rappelé le président de la République, avant d’affirmer: “Le projet de mariage civil facultatif ne va pas à l’encontre de la religion et nous voulons une patrie où la liberté de croyance soit absolue”.
Mais dans le cas qui nous intéresse, il ne s’agit ni de liberté de croyance, encore moins de contrariétés entre ce projet et les préceptes religieux de n’importe quelle communauté nationale.
D’aucuns insinuent que le mariage civil facultatif peut être institué à l’intention des citoyens formant une dix-neuvième communauté, à savoir: les athées. Quelle galéjade! Or, il ne s’agit pas là d’une plaisanterie, mais d’un sujet particulièrement, délicat et grave, requérant une étude plus approfondie et une concertation sérieuse devant déboucher sur un véritable consensus national.
“Une politique peut être jugée sur ses résultats”. Et on voit déjà les résultats d’un projet ayant rallié contre lui les plus hautes instances spirituelles, tant chrétiennes que musulmanes.
Certains dénient aux hommes de religion le droit de se mêler des affaires politiques. On peut leur retourner le même argument en méconnaissant aux politiciens le droit de s’immiscer dans les affaires religieuses.
Les partisans du mariage civil rétorqueront que l’Etat n’a pas renoncé à son droit de légiférer dans le domaine du statut personnel, d’autant que les juridictions civiles ont toujours la charge d’assurer l’exécution des jugements rendus par tribunaux religieux et chériés.
Là n’est pas la question. La manière dont le projet a été adopté en Conseil des ministres, pose plus d’un point d’interrogation. Aussi, le chef du gouvernement, réclame-t-il, à juste raison, un réexamen du texte objet de controverse. Sinon il pourrait ne pas y apposer sa signature, en même temps que celle du chef de l’Etat, comme l’exigent la Constitution et la procédure légale.
Les partisans dudit projet répliquent: le président Hariri est tenu de signer faute de quoi, il n’aurait plus d’autre alternative que de présenter sa démission.
Et s’il s’exécutait dans les circonstances présentes, le pays est-il en mesure de supporter une crise de pouvoir, à quelques mois de l’échéance présidentielle?
Au moment où Israël entretient un climat de tension au Liban-Sud où la situation sur le terrain redevient explosive?
Conclusion pratique: il faut agir avec sagesse et pondération. Cela suppose le gel du “projet-sédition” qui, quoi qu’on dise, divise les Libanais, alors qu’on doit œuvrer en vue de les unir.


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