Evénements de la semaine
 
En marge du périple proche-oriental du secrétaire général de l’ONU
 
M. Kofi Annan a bouclé son périple proche-oriental par une escale à Jérusalem où il a conféré mardi avec Benjamin Netanyahu (notre photo). Le Premier ministre israélien aurait promis de proclamer, officiellement, l’acceptation par son gouvernement de la résolution 425, en formulant le souhait que “la Syrie n’interfère pas auprès du Liban et nous laisse rapatrier nos troupes du Sud libanais”. Le secrétaire général de l’ONU aurait, de son côté, décidé d’entreprendre une médiation, à l’effet de favoriser l’application de la résolution mentionnée. 

Bien que la controverse autour du mariage civil facultatif ait éclipsé, en quelque sorte, la visite au Liban de M. Kofi Annan, essayons de dresser le bilan des entretiens du secrétaire général de l’ONU dans nos murs.
Il y a lieu de signaler, tout d’abord, que cette visite avait été décidée et planifiée dans le cadre d’une tournée proche-orientale, bien avant la proposition formulée par Israël relative à son retrait du Liban-Sud.
Puis, M. Annan est venu à Beyrouth, officiellement, dans un double but: inaugurer le siège régional de l’ESCWA et inspecter les effectifs de la FINUL stationnés au Sud, comme il devait s’enquérir de la situation des forces internationales en position sur les hauteurs du Golan.
En ce qui concerne l’application de la 425, il ne pouvait pas, logiquement, se prononcer à partir de la capitale libanaise, “avant de prendre connaissance du point de vue israélien”, ainsi qu’il l’a précisé au cours de la conférence de presse tenue à l’issue de son entrevue avec le chef du palais Bustros.
Ensuite, M. Annan a déclaré, sans ambages, qu’il fallait laisser aux Etats-Unis le soin de poursuivre sa médiation pour trancher le conflit israélo-arabe. Il refuse donc d’interférer dans cette affaire, laissant à Washington toute latitude d’œuvrer à l’effet de sortir le processus de paix de l’impasse.
Peut-on donc qualifier le bilan de sa visite chez nous de négatif? Pour répondre à cette question, il faut connaître les résultats de ses pourparlers avec les dirigeants israéliens, venant après ceux qu’il a eus à Damas où il a émis cette réflexion pour le moins significative: “Il est difficile d’instaurer une paix globale au Proche-Orient sans la Syrie.”
De même, il a dit avant de quitter Beyrouth, en réponse à une question relative au retrait israélien du Sud: “Il est demandé au Liban de prouver sa capacité d’assurer la sécurité dans sa partie méridionale.”
D’aucuns ont déduit de cette déclaration que le secrétaire général des Nations Unies est acquis à la condition posée par l’Etat hébreu pour évacuer la région frontalière, à savoir: la nécessité pour le Liban de souscrire aux arrangements de sécurité exigés par Israël, pour garantir le maintien de la sécurité dans cette région au moyen de ses forces régulières.
De toute manière, il a admis que “la situation au Sud est une source d’inquiétude”. Et ceci permet de s’attendre à une action de sa part, destinée à favoriser l’instauration de la paix, en parfaite coordination avec le parrain US...
On peut, cependant, relever un point d’acquis: M. Annan a bien compris le point de vue libanais, quant au mécanisme d’application de la résolution 425.
Cela dit, il importe de faire état de la confusion qui caractérise les milieux officiels israéliens à propos du retrait du Sud. En effet, deux thèses s’affrontent: celle de Mordehai, ministre de la Défense, favorable au retrait, en échange des arrangements de sécurité et la thèse d’Ariel Sharon qui préconise une évacuation unilatérale progressive, sans accord préalable avec le Liban...
Puis, Netanyahu méconnaît aux USA le droit de déterminer à 13 pour cent la proportion du retrait de “Tsahal” de Cisjordanie, Tel-Aviv s’en tenant à celle de 9 pour cent.
C’est ce qui explique le retour, cette semaine, en Israël de Dennis Ross, coordonnateur US pour tenter, une fois de plus, de relancer le processus de paix bloqué depuis plus d’un an.


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