Evénements de la semaine
 
Les conseils de M. Jones et la persistance de la tension au Sud
 

Au cours d’une rencontre rotarienne, M. Richard Jones, ambassadeur US, a conseillé au gouvernement libanais de procéder à des réformes au plan administratif, pour attirer les investisseurs. Les réflexions émises par le diplomate américain sont judicieuses, mais il admettra avec nous que le capital est poltron et les bailleurs de fonds viendront chez nous, le jour où le Sud sera pacifié, à la suite du retrait de “Tsahal” de la zone frontalière. La capitale fédérale serait-elle prête à agir dans ce but? 

Au cours d’une rencontre rotarienne, M. Richard Jones a conseillé au gouvernement libanais de prendre les mesures pratiques, destinées à attirer plus d’investisseurs étrangers, américains notamment, au Liban. 
Faisant allusion à la renonciation, par certains hommes d’affaires (libanais et autres) aux projets qu’ils envisageaient de réaliser dans notre pays, en raison de tracasseries et de la routine bureaucratiques, l’ambassadeur des Etats-Unis a invité les responsables à tirer la leçon de ces défections malencontreuses, pour empêcher leur réédition.A ce propos, il a observé que les réformes administratives se sont avérées plus bénéfiques pour attirer les bailleurs de fonds, que l’exemption des taxes douanières ou l’octroi de subventions financières. “Il importe, a dit encore le diplomate américain, d’assurer une transparence dans les rapports entre le secteur public et le monde des affaires. Ceci créerait une ambiance favorable encourageant les sociétés internationales à investir au Liban, en y bénéficiant d’une égalité des chances pour une libre concurrence”. 
Il n’a pas manqué, d’autre part, de signaler l’intérêt que manifeste le secteur privé aux USA quant aux opportunités que lui offre le marché libanais. Ce secteur en a donné la preuve en dépêchant chez nous, au cours des huit derniers mois, des délégations à l’effet de se renseigner sur les possibilités d’investissement sous notre ciel. 
Les conseils et réflexions de M. Jones sont très judicieux. Cependant, il admettra avec nous que “le capital est poltron” et le moindre accident de parcours au plan de la sécurité intérieure l’effarouche au point de le faire déguerpir. 
Preuve en est que les recommandations adoptées par le forum des amis du Liban ayant tenu ses assises il y a près de deux ans à Washington sont restées lettre morte, quelques-unes d’entre elles ayant reçu jusqu’ici un début d’exécution... A notre modeste avis, la tension persistante au Liban-Sud, en est la principale cause, davantage que les tracasseries et la routine de notre administration étatique, laquelle - tout le monde l’admet - a besoin d’être assainie. 
Les Etats-Unis seraient bien inspirés s’ils agissaient de manière à contraindre Israël à appliquer la résolution 425, dans son esprit et sa lettre, en renoncant au système de la douche écossaise dans lequel il excelle; celle-ci consiste à alterner les propositions prétendûment constructives et les menaces, comme vient de le faire son ministre de la Défense. 
Selon les dernières nouvelles, Netanyahu aurait promis à M. Kofi Annan de proclamer, officiellement, l’acceptation par son gouvernement de la 425 la semaine prochaine. 
“Dans ce cas, a déclaré le secrétaire général de l’ONU, j’agirai auprès de toutes les parties concernées, en vue d’appliquer cette résolution”. Il a donc décidé d’entreprendre une médiation à cette fin, “car, a-t-il ajouté, j’ai la responsabilité d’appliquer les résolutions des Nations-Unies”. 
En ce qui concerne le volet palestino-israélien des négociations, M. Annan laissera à Washington le soin de relancer le processus de paix; ce que la capitale fédérale a déjà entrepris en dépêchant une fois de plus Dennis Ross, coordonnateur US, à Jérusalem et Ramallah.


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