Saturnale

Par MARY YAZBECK AZOURY  
AVANT LE MARIAGE, L’HABITAT!
Diversion, manipulation, gaffe, ballon d’essai, la question du mariage civil n’est qu’un acte de la guerre que se livrent les pôles du pouvoir.
Car, comment penser au mariage civil (que l’on ne met pas en cause) comme une priorité pour les Libanais avant de leur assurer l’habitat?
- Se marier civilement ou religieusement n’est vraiment pas le problème.
- L’habitat de ces nouveaux mariés ou futurs époux est le véritable problème. Une maison avant de se marier!
- Avant le mariage et l’habitat, une autre priorité: la santé. Comment se marier sans avoir assuré la santé de la future famille, c’est-à-dire les allocations pour la maternité, pour les soins des enfants, pour tous à des prix accessibles?
- Autre priorité: l’éducation pour tous. La scolarisation obligatoire et gratuite pour les enfants, tous les enfants.
- Avant le mariage, aussi, assurer le troisième âge. Comment se marier quand on a des parents plus ou moins âgés qui n’ont aucune sécurité sociale? Et qu’il faut les faire vivre?
- Comment se marier quand il n’y a aucune allocation chômage?
- Comment se marier quand on n’est sûr de rien?
Alors mariage civil ou pas... Le citoyen s’en moque. Ce n’est pas sa priorité!
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N’EST PAS JUSTINIEN, NI NAPOLÉON QUI VEUT
Avant le mariage civil ou religieux ou les deux à la fois, les gouvernants auraient pu penser en priorité au travail des Libanais, à leur Code du Travail.
Car, comment se marier sans emploi, sans bon emploi, sans  emploi sûr?
Le Code du Travail qui remonte à 1946 n’est pas un véritable Code du Travail. Il est fragmentaire, embryonnaire, plein de contradictions et de lacunes.
Une multiplicité de textes disparates ajoutés au gré des gouvernants et des employeurs colmatent les brèches qui y apparaissent. Sans compter le foisonnement des lois complémentaires concernant le stage, les conventions collectives, la conciliation et l’arbitrage, le travail des étrangers, etc...
Au Liban, il y a les employés de banques qui travaillent un certain nombre d’heures (maintenant variables) selon la banque. Il y a les employés des bureaux, des magasins qui ont souvent la semaine de 42 à 48 heures... Il y a les fonctionnaires de l’Etat qui travaillent de ZÉRO heure (il y a ceux qui pointent uniquement pour le salaire) à 40 heures et plus. Il y a les employés, dont les patrons professent une carrière libérale et dont les accords sont encore plus variables...
Enfin, c’est la grande foire du travail... et du chômage!
Grande inconnue au Liban: la participation. C’est-à-dire, la participation des employés aux résultats de l’entreprise.
Me Georges Khadige est un des rares, pour ne pas dire le seul professeur de Droit au Liban à réserver dans ses cours un chapitre à la participation, qui est très courante dans les pays développés. Car, de nos jours une entreprise est une communauté de travail (terme non encore traduit en arabe).
Au cours d’une de ses conférences, Me Khadige a expliqué:
“La majorité des salariés a ses indemnités de fin de service régies par le Code de la sécurité sociale. Je l’ai dit à plusieurs reprises, c’est une notion complètement périmée à laquelle il faut substituer coûte que coûte l’assurance-vieillesse qui, contrairement à toutes les idées reçues, n’est ni plus lourde pour les employeurs, ni moins favorable aux employés. Par contre, en cas de licenciement abusif, il y a une idemnité qui doit être considérée comme indemnité de licenciement. C’est cette distinction que le nouveau code doit faire.”
Mais nos responsables ne sont ni Justinien, encore moins Napoléon, plutôt que de penser à organiser le Code du Travail, ils ont préféré se lancer dans la bataille politique, oui “politique”, car tel est l’esprit du principe du mariage civil et bien loin d’eux toute idée sociale.
Si simplement ils se contentaient de régner, sans prétendre gouverner!
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“ALLONS EN FRANCE 1998” BRAVO AU COLLÈGE NOTRE-DAME DES APÔTRES!
Félicitations au collège Notre-Dame des Apôtres de Jounieh. Il a participé au concours de football: “Allons en France 1998”, sous l’égide et avec l’appui du collège, contrairement à toutes les autres participations qui se sont faites individuellement.
Convaincus du principe “un esprit sain dans un corps sain”, les responsables du collège, véritables éducateurs, ont encouragé leurs élèves à participer, leur ont fourni l’appui, les connaissances nécessaires, une tenue portant le nom du collège et même les examens, ont été programmés différemment.
On aurait souhaité voir d’autres initiatives de ce genre au Liban. Il ne suffit pas de bourrer (souvent inutilement) le crâne des jeunes Libanais, mais bien de les faire participer aux événements de notre planète.
Un concours de football, pourquoi pas? Une activité saine qui canalise l’énergie de la jeunesse, lui apprend le fair play, la solidarité, l’esprit de compétition. Peu importe si l’on gagne ou si l’on perd; l’important est de participer.
Fait à signaler parmi les participants: des jeunes filles. On savait que le football est populaire au Liban; ce que l’on savait moins, c’est qu’il y a de jeunes filles qui partagent cette passion.
Excellente initiative du “Centre culturel français” qui a parfaitement organisé cette compétition et encore bravo à tous ceux qui participent au concours “Allons en France 1998”.
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QUAND LES MÉDECINS ONT BESOIN D’AVOCATS!
Mardi 17 mars sur MTV, un débat organisé par Elie Nacouzi entre médecins et “guérisseurs arabes” s’est terminé par la victoire de ces derniers.
Au Liban, on sait ce que signifie “guérisseurs arabes” et ils sont d’autant plus à la mode ces temps-ci que le Libanais “moyen” n’a plus les moyens de se faire traiter par les médecins et encore moins par les spécialistes. Car, quand on connaît la proportion des factures des soins médicaux remboursées par la Sécurité sociale, les Libanais préfèrent mourir (ce qui arrive) plutôt que de se faire soigner à des prix mirobolants.
Débat intéressant où les médecins présents n’ont pas su se montrer bons avocats de leur cause.
Sans prendre parti pour les “guérisseurs arabes”, il faut avouer qu’ils ont mieux su défendre leur cause que les médecins diplômés des grandes facultés.
On ne sait pourquoi les arguments de ces doctes messieurs manquaient d’énergie et de conviction. Ils se sont contentés de se rabattre sur le principe “légal” ou “illégal”, ce qui était totalement secondaire aux yeux des téléspectateurs, dont la plupart des interventions ont été en faveur des “guérisseurs arabes”.
A défaut d’être de savants docteurs, ces guérisseurs se sont montrés plus éloquents, plus convaincants et meilleurs psychologues.
Peut-être est-ce cela le secret de leur popularité?

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