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LA FETE DES TRAVAILLEURS ET LA LEÇON DU 1ER MAI LA DIRECTION OUVRIERE, UNE VOLONTE DE SYNDICALISTES ET NON CELLE D'UN POUVOIR L’action syndicale ne s’accomplit pas par la coercition, ni par l’ingérence, la violence et la falsification. C’est une affiliation ancrée dans le cœur, arrosée par la con-viction, la foi en la justesse de la direction et du leadership, la noblesse de l’affiliation. Il n’est pas possible d’amener un homme et de lui dire: Vous êtes le chef et voici votre équipe de travail. Disposez de ses capacités à votre guise! L’action syndicale ne consiste pas à sculpter des statues et à confectionner des jouets. C’est un fait implanté dans le cœur et l’esprit. La sculpture des statues n’a aucune fois réussi, mais conduisait toujours vers le gouffre et suscitait la plainte de ceux qui en avaient assez de l’hégémonie du créateur. Ils ont senti une régression populaire autour d’eux, sans perdre de vue le blâme quotidien et l’enregistrement des griefs auxquels ils s’exposent en permanence. Tout cela les incite au désespoir et à céder la scène à leurs maîtres authentiques. *** Où en sommes-nous des mois après le renouvellement du conseil exécutif de la CGTL, par des élections ayant assisté à l’intervention du fusil et à l’immixtion irrationnelle de milieux influents? La vague de mécontentement s’est amplifiée et la désintégration s’est étendue à tout le Liban, la grande majorité étant restée aux côtés de la CGTL légale. Celle-ci a bénéficié d’une popularité croissante et d’un surcroît de soutien qui l’a prémunie contre les campagnes stipendiées. Nous ne cessons de répéter que l’intervention du Pouvoir lui attire, ainsi qu’à ses partisans, le malheur; elle en fait un groupe prenant la défense d’une formation amenée par le régime pour le protéger et lui donner du sang nouveau. Il lui est apparu qu’il doit lui insuffler ce sang et lui donner du crédit, sans rien prendre du sien lequel reste toujours à découvert. Aujourd’hui, en parlant de la Confédération générale des travailleurs, les doigts désignent, spontanément, la centrale ouvrière authentique, représentée par Elias Abou-Rizk, Yasser Nehmé et leurs frères. Même Ghanim Zoghbi et ses camarades ont commencé à réaliser que ce qui s’est produit était une erreur; que la direction syndicale n’est ni une fonction, ni une culture de champignon ou de persil pouvant être improvisées. L’Etat est toujours partie dans l’œuvre de la dislocation et de la dispersion des forces, espérant de la sorte y faire mainmise. Mais la théorie est une chose et l’exécution en est une autre. Car nul ne peut confectionner une statue et lui intimer l’ordre d’agir et de réprimer. Ceci relève de l’illusion. Ceux qui trônent dans le cœur des gens, personne ne peut les en extirper. Ni l’argent, ni le Pouvoir, ni l’arbitraire. Au contraire, tout cela attire la colère sur les gou-vernants et monte contre eux l’opinion publique. Surtout, lors-que cette opinion touche du doigt leur impuissance à parvenir à une position, sans tenir compte de l’écrasante majorité ou de l’unanimité. A ce moment, les gens se rebiffent et empêchent le Pouvoir de se mouvoir. Nous réalisons cet état de choses maintenant, en voyant une centrale ouvrière soutenue par le gouvernement déserter la scène, renoncer au meeting de la fête du Travail et à la manifestation qui était organisée à cette occasion. Et ce, après avoir constaté que ceux qui l’avaient épaulée, en l’incitant contre les camarades de l’autre bord, tout en lui promettant monts et merveilles, ont fait amende honorable et cherchent à se réconcilier avec la direction authentique. Aussi, les démissions de la direction factice se sont-elles précipitées, comme les grains d’un chapelet, l’un après l’autre. Hier, la formation de leaders, après des revers historiques connus, était rejetée spontanément par ceux qui ne se laissent pas illusionner par les courtisans. Il est apparu, aujourd’hui, que ce qui s’est passé était une somme d’erreurs. Hier, ils ont cru pouvoir évincer Kamal Joumblatt et le remplacer par Kahtane Hamadé. Que s’est-il produit? Tout simplement, les partisans de Kahtane Hamadé demandaient aux partisans de Kamal Joumblatt la permission de se déplacer au Chouf. Ils ont commis la même chose à Beyrouth où ils ont fait élire Khalil Hibri et Faouzi Hoss pour combattre, par leur intermédiaire, Saëb Salam et Abdallah Yafi. Ils ont, également, mis en avant des leaderships n’ayant aucune racine, qui devaient les renier, les doigts s’étant tournés vers eux pour les accuser par deux fois: une fois, pour les taxer de couardise et, une fois, pour dénoncer leur courte vue. Ils ont renversé Ahmed el-Assaad pour le remplacer par Reda Wahid, ce qui a perturbé l’équilibre. La même erreur se répète en permanence. Ici, les responsables doivent être sages, sans s’entourer de personnes approuvant à l’aveuglette toutes leurs décisions et initiatives... Si le chef ne l’est pas dès sa conception dans le ventre de sa mère, rien ni personne ne peut en faire un leader. C’est un fait tranché; quiconque soutient le contraire, tient des paroles creuses. Le leadership s’hérite dès la naissance, sinon il ne peut être imposé; le clonage est impossible dans ce domaine, de même que le plagiat. *** Les Libanais et, avec eux, le monde syndicaliste arabe et international se tiennent face aux leçons d’une expérience devant être prise en considération par les gouvernants: ils doivent accepter le fait accompli, car les chefs ne peuvent être créés; on ne peut les apprivoiser, les humilier et les soumettre. Il existe une solution pour traiter avec eux: que le Pouvoir sache cohabiter avec ces derniers, en souscrivant à leur volonté, celle-ci devant émaner de la logique, de la nécessité, d’une immi-nence; du besoin de la rue, du salarié - bien que je n’approuve pas cette appellation - et du fonctionnaire. Tous ceux-ci sont les fils de Dieu, les plus chers étant ceux qui sont les plus utiles à leurs familles. *** Nous ne réclamons pas le luxe et ne demandons pas à l’Etat de se mettre à genoux ou de capituler. Tout cela n’entre pas dans notre compte. Nous l’invitons à prendre conscience des risques du complexe de supériorité, d’écarter l’opiniâtreté et de s’en tenir à une seule logique selon laquelle seules les volontés sont agissantes et planifient pour l’avenir ouvrier, l’Etat devant être partie efficace dans sa formation. Non à prêter l’oreille à des courtisans qui lui présentent le blanc comme étant du noir et vice-versa, le revers comme étant une victoire et l’échec, la marque de l’héroïsme. Les gens de la direction lucide et de la politique sage agissent avec réalisme, moralité, une intégration saine et une largesse d’esprit. |
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