
|
|
Les
talk shows se succèdent, ces temps-ci, et se ressemblent à
quelques variantes près. Ils ont en commun un changement de ton
à l’égard du Pouvoir, comme cela se passe à chaque
“fin de règne”. En effet, des membres du Cabinet haririen n’hésitent
pas à critiquer sa gestion, jugeant inconséquente la politique
qu’il a suivie, surtout aux plans social, économique et financier...
Le fait pour le président Hariri d’avoir été “lâché”
par la plupart de ses ministres lors du vote, en Conseil des ministres,
du projet relatif au mariage civil, en est une preuve flagrante. |
| Les talk-shows se succèdent et se ressemblent, à quelques
va-riantes près. Certes, ils portent sur les problèmes de
l’heure, mais la plupart des interviews télévisées,
sinon toutes, se terminent en queue de poisson; à l’instar d’une
ancienne émission, heureusement disparue, ayant eu pour titre: “Problèmes
et solutions”, que les téléspectateurs avaient fini par intituler:
“Problèmes sans solu-tions.”
Dernièrement, un membre du gouvernement s’est prêté à la for-mule éculée des questions-réponses à force d’avoir été rabâchée. Ce ministre dont le nom figure parmi les “présidentiables”, a émis un certain nombre de réflexions, comme il en abonde en fin de règne... Jusqu’ici, les membres de l’équipe haririenne défendaient avec férocité la gestion gouver-nementale, en usant d’arguments très peu convaincants. A présent, ils ont tendance à se démarquer de leur chef - ils l’ont prouvé lors du vote en Conseil des ministres du projet instituant le mariage civil facultatif - et à dénoncer son programme. Ainsi, le ministre en question a, finalement, admis la dislocation de notre société et le fait, pour le président du Conseil, “d’avoir dévié de son plan d’action initial.” “Nous sommes tous responsables de cet état de choses, reconnaît-il. Le problème fondamental est donc la déliquescence de notre société, ce qui a pour conséquence de provoquer son effondrement, parce que l’unité des rangs est compromise”. Autre idée développée: “La frange chrétienne de notre peuple s’est elle-même marginalisée, parce qu’elle rejette l’Etat et ne se prête pas au jeu qui est, d’ailleurs, faussé à la base” (!)... C’est normal, parce que les chrétiens ont perdu la guerre et, avec elle, les privilèges dont ils jouissaient auparavant, alors que nous avons gagné” (entendre les gens au pouvoir...)! L’ont-ils gagnée en usant de leur propre force, sans le soutien de qui l’on sait? Mais passons. Et d’enchaîner: “Le mal réside en ce que les chefs du Législatif et du gouvernement représentent une partie (chiite et sunnite) du peuple et non toute la patrie... Aussi, ont-ils été “noyés” dans le jeu traditionnel et sont enlisés dans les sables mouvants du confessionnalisme qu’ils préten-dent vouloir éliminer”. Comment en sortir et la situation intérieure est-elle vermoulue au point d’être impossible à assainir? Réponse: “Nous espérions que le gouvernement fût le noyau apte à promouvoir l’unification de notre société... Hariri dispose encore de possibilités lui permettant de régler la crise économique, mais celle-ci n’est pas la principale cause de notre déconfiture... “En fait, les trois présidents (la troïka) se partagent le pouvoir et œuvrent, non en vue d’édifier une patrie digne de ce nom et un nouveau contrat social... A vrai dire, le Liban est devenu une “patrie de tribus”, non celle du citoyen...” Sans commentaire! |