MAY ARIDA PRESENTE LE XXIEME
FESTIVAL INTERNATIONAL DE BAALBECK

May Arida en 1969 à Baalbeck avec Richter et Rostropovitch
qui se rencontraient pour la première fois depuis leur départ de Russie.
May Arida, à Baalbeck avec Mstislav Rostropovitch,
le 17 juillet 1997.
L’Orchestre symphonique de Radio Stuttgart.

Dynamique et créative, immuable dans sa beauté et son élégance, May Arida, présidente du Festival international de Baalbeck, poursuit la réactivation de cet événement artistique mondial après la timide et belle reprise de l’année dernière et qui retrouve aujourd’hui “sa vitesse de croisière”.

Le Festival de Baalbeck, indique May Arida connaîtra cette année “une participation allemande très importante” en raison du centenaire de la première mission archéologique allemande venue à Baalbeck à la suite de la visite du Kaiser Guillaume II et qui fut suivie (comme nous le précisera Toufic Rifaï, chef de section des fouilles archéologiques au Liban) de missions françaises et anglaises relayées ensuite par les Libanais. Le 100ème anniversaire des fouilles allemandes se prépare activement par l’Institut allemand des études orientales, le ministère de la Culture et la Direction générale des Antiquités. Il donnera lieu, le 22 novembre, à une cérémonie en présence (probable) des chefs d’Etat libanais et allemand qui inaugureront le musée de Baalbeck dans la Tour arabe, ainsi qu’une exposition à l’intérieur des tunnels en voie de dallage. A l’avenir, sont prévus une bibliothèque et un centre d’information. Toujours dans cet ordre d’idées, May Arida rappelle que Michel Alouf qui avait servi de guide au Kaiser à l’intérieur de l’Acropole, avait fait l’acquisition de l’hôtel Palmyra qui existait déjà et appartenait à un Grec nommé Mikakis. “Dans le livre d’or de l’hôtel que j’ai eu l’occasion de feuilleter à plusieurs reprises, confie May Arida, j’ai pu relever les noms de toutes les personnalités qui ont commencé à venir à Baalbeck après la visite du Kaiser et j’ai relevé parmi les Orientalistes énormément de noms allemands. Naturellement, à partir de 1956 date du début du Festival, tous ceux qui ont déferlé à Baalbeck ont leurs noms enregistrés dans ce livre d’or.”

Les maestros Georges Prêtre...

...Et Carl St Clair.

Feyrouz: retour à Baalbeck.

Nina Simone surnommée par ses fans comme “la grande prêtresse de la musique soul” (High Priestress of Soul).

Fadia el-Hage: plus de 200 concerts dans 15 pays européens.

Herbie Hancock à la tête d’un quartet acoustique.

BAALBECK 98 DANS SA 21ème ÉDITION

C’est dans l’esprit du centenaire que se produira à Baalbeck, l’orchestre symphonique de Radio Stuttgart avec 106 musiciens, 120 choristes sélectionnés parmi les meilleurs chanteurs d’Allemagne ayant constitué le Podium Junger Musiker, 4 solistes et 2 chefs d’orchestre qui vont exécuter, d’une part, la “Neuvième symphonie” de Beethoven et, d’autre part, à l’occasion de son centième anniversaire des œuvres de Gershwin, “un très grand compositeur américain”, de même que des œuvres de Strawinsky et Ravel. L’orchestre comprendra en tout “243 personnes à accueillir à 3 heures du matin et à loger dans cinq hôtels à Beyrouth.” May Arida a connu personnellement Georges Prêtre, Français d’origine et l’un des plus grands chefs d’orchestre au monde dans les années soixante, quand il dirigeait Maria Callas au Palais Garnier et une autre fois quand il l’a dirigée dans “Iphigénie” de Gluck. Quant à Carl St Clair, il avait été invité par Kurt Mazur à diriger en 1969 le Gewandhaus de Leipzig à Baalbeck. Il était ensuite devenu le chef d’orchestre de l’Orchestre philharmonique de New York. L’évocation de ces souvenirs rappelle à May Arida un très grand nom Mstislav Rostropovitch avec lequel elle avait gardé le contact pendant toute la guerre et qu’elle était allée rencontrer au Centre Kennedy où il dirigeait l’Orchestre symphonique de Washington. C’est pour “Mayishka” qu’il était venu l’an dernier à Baalbeck malgré deux engagements à Menton et sur le bateau “Renaissance”, fidèle à une promesse qu’il lui avait faite se déclarant “prêt à revenir dans ce pays qu’il aime tant dès qu’on le lui demandera. Et il est venu même pour un soir.” “Quand Rostropovitch a quitté Beyrouth le 28 juillet à 7 heures du matin, ajoute May Arida, il m’a dit à l’aéroport: est-ce que tu permets que j’ouvre mon livre. Il avait un concert, le lendemain en Suisse. Et pendant deux heures, il est resté plongé dans ses études qu’il ne lâche jamais.”

Avec l’Urban Sax et ses 90 artistes, Gilbert Artman présentera
“un spectacle multidimentionnel créé spécialement pour Baalbeck.

Cliquer pour agrandir

APRÈS 23 ANS, LE RETOUR DE FEYROUZ À BAALBECK

L’orchestre symphonique de Radio Stuttgart sera suivi du Herbie Hancock Quartet “l’un des plus grands du jazz actuellement et il est Américain”, de Fadia el-Hage, “une Libanaise qui a fait carrière en Allemagne et qui va chanter dans une musique médiévale hispano-orientale”, de Nina Simone, “The incredible selon son agent, elle a chanté dans Porgy and Bess”, d’Urban Sax, “un spectacle qui va être spécialement créé pour Baalbeck par le compositeur Gilbert Artaman et qui se déroulera sur quatre scènes invitant le public à se déplacer avec lui.” Un événement: le retour à Baalbeck de Feyrouz. “Elle avait paru à Baalbeck en 1957, rappelle May Arida. C’était la première fois qu’elle s’y produisait avec les frères Rahbani, à l’initiative de Sitt Zalfa Chamoun qui, en 1956, avait demandé à Habib Abi Chahla de prendre contact avec ceux-ci en vue de créer une opérette musicale à l’intérieur de l’Acropole. Un an plus tard, sur les marches du temple de Jupiter, Feyrouz chantait son célèbre “Loubnan ya Akhdar hélou”. Comment Sitt Zalfa a-t-elle songé au folklore? May Arida se rappelle avoir assisté avec la Première Dame du Liban, au cours de l’hiver 1955, à l’Unesco, aux représentations d’une troupe folklorique russe dont le chorégraphe était Moïssiev. “En regardant les danseurs, elle eut l’idée de faire revivre la dabké au Liban: “Tu sais May, m’a-t-elle confié, on devrait faire la même chose chez nous.” Après le spectacle, nous avons été voir Moïssiev qu’elle a invité au palais présidentiel.” Quand Moïssiev est revenu de Damas, elle l’a accompagné dans Bécharré et presque dans tous les villages pour lui montrer les différentes danses de dabké. Elle s’est, ensuite, enquis auprès de l’Education nationale pour savoir si on y trouvait des professeurs de danse. C’est ainsi que Marwan et Wadiha Jarrar furent invités au palais présidentiel et présentés à Moïssiev et qu’elle les envoya à Moscou pour y suivre un entraînement avec Moïssiev. Revenus au Liban, ils commencèrent à entraîner, en 1956, la première troupe folklorique libanaise. Les sources vives et spontanées du folklore s’exprimèrent, dès lors, dans des œuvres structurées par le truchement de la musique, des chants, danses et costumes et aussi la poésie. Interprètes magistraux de ce folklore les Rahbani, Assi et Mansour et leur muse Feyrouz. Celle-ci se produisait pour la dernière fois à Baalbeck en 1973 à travers “Kassidet Houb” chantée avec Wadih Safi et Nasri Chamseddine et accompagnée de danses exécutées par Caracalla Dance Company. Au cours des nuits d’août, Feyrouz avec Mansour et Elias Rahbani présentera des tableaux-rétrospectives de comédies musicales précédemment présentées à Baalbeck: “Jisr el-Kamar” (1962), “Jibal Essouan” (1969) et “Natouret el Mafatih” (1972). Elle interprètera, en outre, trois nouvelles chansons créées pour elle par Mansour, Elias et Ziad Rahbani. Elle se présentera dans un style “complètement rénové”. “Et il y aura des surprises, annonce May Arida qui indique que le souci majeur cette année à Baalbeck sera l’acoustique.”

Ev. M