Avec Tony Blair, la présidence britannique qui s’achève par le sommet de Cardiff, capitale du pays de Galles, aura été particulièrement active et riche en événements dont deux majeurs: l’adoption officielle de l’euro par onze pays européens (la Grande-Bretagne ne prenant le train que vers l’an 2002) et le lancement du processus de négociation avec dix pays de l’Est ainsi que Chypre qui feront partie de l’UE vers l’an 2005-2006.
Réunis à l’Hôtel de Ville de Cardiff pour un “sommet de réflexion”, les Quinze sont convenus de la nécessité de réformer les institutions avant d’y accueillir les nouveaux membres, car “un nouvel élargissement ne s’effectuera pas au détriment de l’approfondissement de l’intégration (...) Il est, toutefois, nécessaire de substituer au moteur actuel un moteur solide et plus puissant”, a déclaré José Mario-Gil-Robles, président du parlement européen. A l’ordre du jour des Quinze, également, des problèmes d’une brûlante actualité: telle la crise au Kosovo et à ce sujet, les Quinze qui avaient les yeux tournés vers Moscou où le président Eltsine rencontrait Slobodan Milosevic, ont estimé que les promesses du président yougoslave demeuraient insuffisantes. Autre sujet de préoccupation: la crise asiatique qui, jointe à la récession japonaise, constitue selon Tony Blair “le plus grand risque pour l’économie mondiale depuis vingt ans. Nos économies ne vont pas émerger de la tourmente sans être affectées. Mais face à cette tourmente, fort heureusement les Etats-Unis et l’UE forment deux piliers de stabilité.” Aujourd’hui, le Japon, premier créancier au monde, est source de toutes les inquiétudes. La plongée du yen donne des sueurs froides aux dirigeants de la planète. Et les Quinze réunis à Cardiff n’ont pas manqué de demander au pays du soleil levant, en période de récession, de prendre des mesures radicales pour relancer son économie. La coordination des politiques économiques des Quinze, ainsi que la réduction de leurs déficits publics entraient, également, dans les perspectives des chefs d’Etat et de gouvernement européens qui ont pris acte de la volonté de l’Allemagne de réduire d’une manière substantielle sa contribution financière au budget de l’UE qu’elle trouve excessive. Les Quinze se sont, surtout, passionnés pour le Mondial. Et Tony Blair qui passe la présidence européenne à l’Autriche à partir du 1er juillet n’a pas manqué de condamner dans les termes les plus vifs le comportement des hooligans britanniques dans les compétitions sportives.