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Tirant les conclusions du scrutin municipal, le chef de l’Etat a dit que ce dernier revêt une importance équivalente à celle des législatives. Quant aux élections à Zahlé, sa ville natale, il a réfuté les allégations de ceux qui l’ont soupçonné d’avoir pris le parti d’une liste aux dépens de l’autre. “Les résultats de dimanche dans le chef-lieu de la Békaa, a-t-il affirmé, en sont la preuve.” On a trop jasé autour de la position du palais de Baabda envers les parties en lice au cours du scrutin municipal de dimanche dernier à Zahlé, ville natale du chef de l’Etat. Il a été dit que le président de la République a pris le parti d’un clan contre l’autre: deux de ses fils se sont rangés aux côtés de la liste “Zahlé, demain”, alors que le troisième a soutenu la liste adverse, celle de la “Décision zahliote”. Les candidats de cette liste prétendaient que le palais de Baabda s’était transformé en bureau électoral et en salle des opérations au profit de leurs concurrents... Puis, les adversaires ont échangé les accusations portant sur le soudoiement des électeurs, les pressions et les menaces dont ces derniers faisaient l’objet, etc... A vrai dire, aucune ville ni aucun village n’ont connu campagne électorale aussi féroce que dans le chef-lieu de la Békaa, les adver-saires - deux ministres et un dé-puté d’un côté; un parlementaire et le fils aîné du Président, de l’autre - ayant déballé tout ce qu’ils avaient sur le cœur... G. Hraoui n’a pas mâché ses mots quand on a évoqué le nom d’un proche cousin, député de surcroît, l’accusant “d’avoir amassé une petite fortune au cours des neuf dernières années”. Et, surtout, de n’être pas la personne qualifiée pour assumer le leadership de la famille. “Avec lui, a-t-il affirmé, celle-ci ira à sa perte, pour la simple raison qu’il n’a pas su provoquer une interaction avec les citoyens et parce qu’il a mené jusqu’ici une politique partisane basée sur l’intérêt.” (sic)... On attendait, non sans impatience la conférence de presse que le président Hraoui devait tenir à l’école publique de Haouch el-Oumara - où il a accompli, son devoir électoral - dans l’espoir qu’il mettrait les choses au clair. Ce qu’il n’a pas manqué de faire. Tout d’abord, il était apparemment contrarié, à en juger par les traits crispés de son visage et le ton de ses déclarations. Le Président a regretté d’avoir échoué dans ses tentatives de mettre sur pied une “liste d’entente” dans sa ville natale. “Je considère tous les Zahliotes comme mes fils et frères... J’ai lancé à l’issue de la messe du Vendredi-Saint, l’idée de listes consensuelles, non seulement à Zahlé, mais dans toutes les villes et tous les villages du Liban. Malheureusement, j’ai échoué et sauf un petit nombre, la plupart d’entre eux ont négligé mon appel.” Invité à expliquer le fait pour ses fils de s’être trouvés dans des camps adverses aux municipales, le chef de l’Etat a émis cette réflecion: “Mes fils sont majeurs, donc libres d’adopter la position qui leur paraît valable ou répondant à leur conviction.” Il est déplorable que sa coterie ait entraîné la Premier Libanais dans une voie où il n’aurait pas dû se fourvoyer. Cela dit, la “bataille de Zahlé” paraît avoir eu pour enjeu d’ébranler la position de M. Elie Skaff qui a hérité d’un leadership qu’il a su préserver et raffermir, en dépit des cabales dont il faisait l’objet ces dernières années. De fait, on a relégué M. Skaff à l’arrière-plan, pour mettre en avant un autre grec-catholique n’ayant ni sa stature, ni son charisme... Les résultats du scrutin de dimanche en sont la preuve... Ceux qui persistent à ne pas voir, devraient en tirer la leçon! |