Evénements de la semaine  

HARIRI AUX USA: IMPACT AU PLAN
MEDIATIQUE MAIS NON SUR LE TERRAIN...

La visite qu’effectue, cette semaine, le chef du gouvernement aux Etats-Unis et, surtout, l’audience de quarante minutes que lui a accordée le président Clinton, (notre photo) font l’objet de commentaires contradictoires. Les uns y voient une initiative bénéfique du président Hariri susceptible de profiter à notre cause. Les autres n’en attendent rien au plan pratique, estimant que la rencontre de la Maison-Blanche produit un impact au plan médiatique, sans plus...

La politique extérieure passionne le président Hariri, davantage que les problèmes intérieurs; c’est ce qui explique ses nombreuses pérégrina-tions à l’étranger.” Cette réflexion a été émise par un député membre du bloc parlementaire dont le chef de file est le président de la Chambre. D’un autre côté, le caricaturiste d’une station de télévision (LBCI), montrant le chef du gouvernement à sa sortie de la Maison-Blanche, lui fait dire: “Ah! mon Dieu, j’oublie toujours de me faire accompagner de mon ministre des Affaires étrangères.” En effet, le Premier ministre était flanqué, comme toujours, de l’inamovible Fouad Sanioura, ministre d’Etat pour les affaires financières. On aurait pu justifier la présence de ce dernier aux côtés du président du Conseil, si celui-ci s’était rendu à Washington aux fins d’engager des pourparlers autour d’une question financière! Mais passons... Quoi qu’il en soit, on serait curieux d’apprendre de la bouche de M. Hariri, la raison - autre que son apparente allergie au chef du palais Bustros - l’empêchant de ne pas joindre le ministre des Affaires étrangères à la délégation qui l’accompagne dans ses déplace-ments extraterritoriaux! Cela dit, venons-en aux déclara-tions faites par M. Hariri sur le perron de la Maison-Blanche à l’issue d’un entretien de quarante minutes avec le chef de l’Exécutif US. Il a dit, en substance: “Le président Clinton tente de relancer le processus de paix au Proche-Orient et il est persuadé du fait que le moment est venu pour tous les peuples de la région de vivre en paix et en sécurite... Mais cela exige des décisions fermes de la part de l’Etat hébreu. “Nous en avons discuté et sommes parvenus à la conclusion qu’on ne peut dissocier la sécurité de la paix, comme l’imagine M. Netanyahu; ce point de vue s’étant avéré peu valable.” Le chef du gouvernement avait obtenu, au préalable, de M. Martin Indyck, sous-secrétaire d’Etat pour les affaires du P.-O., l’assurance que “le mandat de la FINUL sera prorogé le 1er juillet sans difficulté, en raison de l’importance de sa présence au Liban-Sud.” Puis, a ajouté M. Hariri: “M. Indyck a réaffirmé l’amitié que l’Amérique voue au Liban et son souci de le voir recouvrer son indépendance et sa souveraineté.” Pour en revenir à la déclaration du début, M. Hariri a dit, littéralement: “Le Liban croit que le moment est venu d’arrêter le cycle de la violence, afin que tous les peuples de la région puissent vivre en paix. Mais cela exige des décisions fermes de la part d’Israël.” Fort bien, mais il n’avait pas besoin d’aller à Washington pour proclamer une telle lapalissade! Le hic de l’affaire est qu’Israël conti-nue à louvoyer pour instaurer la paix selon ses propres conditions. Qui doit et peut le contraindre à respecter les principes de Madrid, dont celui de “la terre contre la paix” et à respecter les accords déjà conclus avec l’Autorité palestinienne et le royaume hachémite, si ce n’est l’Amérique? Or, Washington sert les Etats arabes de leur propre monnaie, à savoir: des paroles et des promesses. Devons-nous faire un dessin, pour tirer la conclusion qui s’impose?


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