LE 10 JUIN 98, AU PARLEMENT EUROPEEN
PRESENTATION DU "RAPPORT
SUR L'OSTEOPOROSE - ACTION POUR LA PREVENTION" EN PRESENCE DE 300
JOURNALISTES EUROPEENS ET LIBANAIS
Avant l’ostéoporose.
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Après l’ostéoporose.
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Il s’agit du même couple: ils sont de
même taille le jour de leur mariage.
Quelques années plus tard, l’ostéoporose
a raccourci le mari de plusieurs centimètres.
Le 10 juin
98 restera une date importante dans le domaine de la santé publique
européenne, avec la présentation par la Commission européenne
du “rapport sur l’ostéoporose dans la Communauté européenne
- action pour la prévention”. Désormais, plus personne ne
devrait l’ignorer: l’ostéoporose n’est plus le mal des personnes
âgées (il concerne, aussi, les jeunes), ni le “mal nécessaire”
de la vieillesse, puisqu’il reste, si on le prévient assez tôt,
une complication évitable et traitable.
MALADIE “PÉDIATRIQUE”
Maladie, si l’on peut dire, pédiatrique qui se révèle
à l’âge adulte et parfois beaucoup plus tôt dans certaines
circonstances, l’ostéoporose qui est la perte de la densité
osseuse, rend les os poreux, donc friables, occasionnant par là
douleurs insupportables, fractures multiples et invalidantes qui surviennent
un jour ou l’autre sans crier gare, d’où l’appellation de “mal silencieux”.
Si les femmes en sont les plus touchées (40% de femmes pour 13%
d’hommes), les hommes, aussi, sont concernés, un Européen
sur huit, âgé de plus de 50 ans, se fracturant la colonne
vertébrale en raison de l’ostéoporose. Devant la propagation
de ce fléau dont le taux va augmentant avec l’accroissement de la
durée de vie (la longévité a augmenté de 30
ans en 100 ans!), une sensibilisation au problème s’imposait, de
même qu’une stratégie et une action permettant de faire face
au mal. Mais ce, après une évaluation et une analyse de la
situation actuelle en Europe. C’est la raison pour laquelle fut rédigé
un rapport paru le 10 juin 98 et intitulé: “Rapport sur l’ostéoporose
dans la Communauté européenne - Action pour la prévention”,
cette maladie constituant un véritable problème de santé
publique encore trop méconnu, occasionnant une mortalité
importante, des souffrances aiguës, une invalidité et un coût
considérable. Rapport fixant les stratégies à venir
au siège du parlement européen.
PRÉSENCE LIBANAISE
“Quinze journalistes libanais étaient venus du Liban au siège
de l’“Europe des 15”, assister à la présentation du rapport,
invités par la société “Merck Sharp and Dohme” représentée
par Mlle Grace Istfan et par l’Association libanaise pour la prévention
de l’ostéoporose, seul organisme du Proche-Orient membre de la “Fondation
européenne pour l’ostéoporose” E.F.F.O., avec la participation
de la Société “Lunar”, seul ostéodensitomètre
(machine pour la mesure de la densité osseuse) à avoir dans
son database la référence de la population libanaise, en
matière de mesure osseuse, étude que vient de terminer l’hôpital
St-Georges de Beyrouth. Huit confrères représentant les principaux
médias libanais étaient présents avec, à leur
tête, Mme Nehmat Kanaan, directrice des Affaires sociales représentant
Mme Mouna Hraoui; Mme Najat Ghosn, avocate; M. Marwan Hamadé, ancien
ministre de la Santé, président de la commission parlementaire
de la santé, en sa qualité de membre du Comité consultatif
de l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), le Dr Ghassan Maalouf,
orthopédiste et secrétaire général de la “Lebanese
Osteoporosis Prevention Society L.O.P.S. Mlle Hélène Andrea,
membre de la L.O.P.S. et principal “meneur” des recherches faites au Liban
pour fixer le taux de référence de la densité osseuse
de la population libanaise, taux jusque-là mesuré sur base
de celui de la population espagnole, puisque méditerranéenne.
Mme Mel Read, membre du parlement européen (P.E), présidente
de la commission de la Santé au P.E., devait saluer la présence
de la délégation libanaise et “l’enthousiasme des Libanais
dans leur lutte contre le “mal silencieux”. Notons qu’avant le départ
de la délégation pour Bruxelles, Mme Mouna Hraoui avait appelé
le Dr Maalouf pour l’assurer de son soutien et lui “souhaiter un bon séjour
et un travail réussi.”
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Les membres du parlement européen et
les
rédacteurs du rapport lors du colloque.
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Une vue de l’assistance au parlement européen,
en présence de la délégation
libanaise.
On reconnaît au 1er plan: M. Marwan
Hamadé
lors de son intervention.
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25 EXPERTS DE 14 PAYS
Le rapport dont l’initiative revient au parlement européen,
a été financé par la Commission européenne
qui a réuni 25 experts venant de 14 pays. La diffusion en a été
confiée à la Fondation européenne contre l’Ostéoporose
(E.F.F.O.), en collaboration avec la Croix Verte allemande (D.G.K.), l’organisation
mondiale de la santé (O.M.S.) se chargeant de diffuser le document
plus largement dans le monde. Il faut dire que ce document présente
l’état actuel des connaissances sur l’épidémiologie,
la pathogénie et la prise en charge clinique de l’ostéoporose
à travers l’Europe et fournit pour la première fois des données
détaillées sur l’ostéoporose dans la communauté
européenne. Il modélise les coûts de traitement de
la maladie, propose un certain nombre de recommandations que l’Union européenne
et les Etats membres devraient adopter. En voici l’essentiel, qui a été
lu par le Pr Socrates Papapoulos, l’un des principaux rédacteurs
de l’article, insistant sur un point: “Avis aux jeunes filles de ne pas
recourir aux régimes alimentaires répétés qui
fragilisent leurs os.”
L’ostéoporose est une maladie des os, caractérisée
par une diminution de la masse et de la densité osseuses associées
à une détérioration micro-architecturale du tissu
osseux. Sur cet os fragilisé, les fractures sont la première
manifestation clinique et la principale complication. Les fractures vertébrales
sont les plus fréquentes, elles atteignent sensiblement la qualité
de vie. Les fractures de la hanche sont les plus redoutables à la
fois comme source d’entrée en dépendance comme cause de mortalité.
Les fractures de l’avant-bras viennent en troisième rang; puis,
les fractures du bassin et de l’épaule. Chaque année, dans
la Communauté européenne, des médecins traitent plus
d’un million de patients souffrant de fractures ostéoporotiques,
dont 420.000 fractures du col du fémur et 400.000 fractures du poignet.
Un citoyen de la Communauté européenne de plus de 50 ans
sur huit, souffre de fractures vertébrales, les femmes sont beaucoup
plus souvent victimes de ces fractures que les hommes. Les fractures surviennent,
essentiellement, chez les personnes âgées, mais l’ostéoporose
a pu se développer longtemps auparavant. Quel que soit l’âge,
note le professeur François Blanchard, président du comité
pluridisciplinaire et multinational chargé de la rédaction
du rapport, la prévention des fractures ostéoporotiques repose
d’abord, sur une bonne alimentation contenant calcium et vitamines D, sur
une activité physique régulière et chez les personnes
âgées, sur la prévention des chutes. L’ostéoporose
coûte plus de 3,5 milliards d’Ecus par an aux finances publiques
rien qu’en soins hospitaliers. Les patients atteints d’ostéoporose
représentent actuellement quelque 500.000 journées d’hospitalisation
par an. Ce chiffre devrait doubler au cours des cinquante prochaines années
si rien n’est entrepris. Le rapport, publié à l’occasion
de la Journée mondiale contre l’ostéoporose, invite l’Union
européenne et les pays membres à mener huit actions spécifiques,
à savoir:
• donner à l’ostéoporose une place privilégiée
dans les priorités de santé publique et promouvoir des campagnes
de prévention,
• identifier les sujets à haut risque et faire en sorte que
pour eux, l’ostéodensitométrie soit accessible et remboursée.
• apporter un soutien financier aux chercheurs et aux associations
nationales de malades,
• financer la poursuite de la recherche dans les domaines-clés
de la prévention et du traitement,
• développer des protocoles coordonnés de prise en
charge par des traitements médicamenteux et non médicamenteux,
• établir des systèmes coordonnés de surveillance
de l’évolution des taux de fractures ostéoporotiques,
• sensibiliser le public et les professionnels de santé à
l’importance du calcium, de la vitamine D, de l’activité physique,
ainsi qu’à la prévention des chutes dans la lutte contre
l’ostéoporose.
• comparer les systèmes de prise en charge des malades atteints
d’ostéoporose et leur incidence sur les coûts de santé.
Présentant le rapport au siège de la communauté européenne
à Bruxelles, Padraig Flynn, membre de la commission européenne
a déclaré: “Le message que je retiens de ce rapport est que
l’ostéoporose peut être diagnostiquée relativement
facilement, qu’on peut la prévenir dans une certaine mesure par
des décisions fondées sur la promotion de la santé
et qu’elle peut être prise en charge par des traitements et des actions
relativement simples. Nous qui travaillons au sein du service public, nous
devons faire le nécessaire pour combattre cette maladie invalidante.”
Le professeur Pierre D. Delmas, président de l’E.F.F.O. a ajouté:
“On peut prévenir l’ostéoporose dans de nombreux cas et on
sait la traiter. A titre d’exemple, l’accès à l’ostéodensitométrie
pour les sujets à haut risque permettrait de diagnostiquer la maladie
avant qu’elle n’entraîne une infirmité.” Le docteur André
Prost, représentant de l’OMS auprès de l’Union européenne,
a déclaré: “L’OMS apporte tout son soutien à l’initiative
de la commission européenne concernant la réalisation de
ce rapport. Même s’il est axé sur la communauté européenne,
ce rapport peut être utilisé dans d’autres pays, afin de sensibiliser
l’opinion à l’ostéoporose et à la nécessité
d’allouer des ressources plus importantes à la lutte contre cette
maladie.
TÉMOIGNAGE D’UNE OSTÉOPOROTIQUE
Après lecture du rapport, des personnes atteintes d’ostéoporose
ou de proches parents sont venus illustrer la séance de leurs témoignages
vivants. Ainsi, Anna Peckerman, médecin psychiatre de 28 ans, a
expliqué qu’elle souffrait déjà d’ostéoporose
dès l’âge de 19 ans, suite à une anorexie nerveuse
et ne se nourrissait que de potages et de pommes. Quand un jour elle ressentit
une douleur aiguë au dos et s’évanouit dans la rue. Puis, ce
fut le réveil à l’hôpital, une perte de 5 cm de taille,
des traitements aux œstrogènes. “Aujourd’hui, dit-elle, je vais
mieux; je suis les conseils de mon médecin mais ma taille demeure
disproportionnée: je suis plus courte de la tête à
la taille que de la taille aux pieds. Je peux, cependant, dire qu’en conjuguant
un régime alimentaire sain avec des exercices physiques, des œstrogènes
et du calcium, ma densité osseuse a augmenté de 6% dans la
colonne vertébrale et de 19% dans le fémur au cours des sept
dernières années. Ceci pour vous dire qu’on peut bien vivre
tout en étant ostéoporotique.” M. Augusto Fernando Vieira,
ingénieur et l’un des constructeurs du pont le plus long d’Europe,
a pris la parole au nom de M. Antonio Matos, ostéoporotique portugais
de 75 ans qui s’était fracturé les vertèbres il y
a trois ans, suite à un accès de toux. “Il a de tout temps,
a-t-il dit, été très mince, avait une alimentation
pauvre en calcium, menait une vie sédentaire, était un grand
fumeur et un diabétique insulino-dépendant depuis 15 ans.
“Maintenant, Antonio sait que son ostéoporose aurait pu être
diagnostiquée avant les fractures, parce qu’il avait déjà
perdu plusieurs centimètres de taille. Après le diagnostic,
il a changé son mode de vie, a cessé de fumer et de boire
du café et s’est astreint à faire des exercices physiques.
Cependant, il craint toujours de finir comme sa mère morte à
80 ans d’une fracture de la hanche. “Moi-même, ajoute-t-il, je souffre
d’ostéoporose. J’ai été un grand fumeur, sédentaire
mais j’ai toujours beaucoup bu de lait, c’est pourquoi mon ostéoporose
m’a surpris. Pour éviter les fractures je suis, scrupuleusement,
les conseils de mon médecin et de “APOROS”, la société
portugaise pour l’ostéoporose qui me soutient considérablement.
Je voudrais qu’on puisse éviter aux autres le mal dont je souffre
et qui aurait pu être prévenu.” Mme Juliet Compston, professeur
de médecine à l’université du Québec et rédactrice
du rapport, souligne que les fractures ostéoporotiques sont la cause
majeure de mortalité dans la communauté européenne,
les équipements nécessaires au dépistage de cette
maladie n’étant pas encore partout disponibles en Europe et le remboursement
pas très adaptable.
LE LIBAN, EXEMPLE-TYPE
Enfin, l’ancien ministre libanais de la Santé, M. Marwan Hamadé,
seul orateur étranger, est intervenu devant les représentants
du parlement européen en ces termes: “Ce bref témoignage
que nous apportons du Liban est celui d’un pays qui subit le poids des
dépenses médicales comme des retombées de l’ostéoporose
sur l’espérance et la qualité de vie. Or, ce pays dont la
moitié des 420.000 femmes de plus de 50 ans sont touchées
par le mal ou menacées de l’être, mérite d’être
cité comme exemple-type de sensibilisation populaire et médicale,
en général et de mobilisation féminine, en particulier.
Un sondage vient de nous révéler que 76% des Libanais - un
chiffre record - sont déjà informés des méfaits
de l’ostéoporose. “Un exploit que nous devons à la Société
libanaise de prévention contre l’ostéoporose. C’est elle
qui est à l’origine de l’éveil médiatique, des premières
études sur les densités osseuses et de l’allocation, souvent
difficile, des crédits... Je tiens donc ici à lui rendre
hommage, ainsi qu’au Dr Ghassan Maalouf, son secrétaire général.
“... Première en son genre dans le monde arabe, conclut M. Hamadé,
notre association s’est enrichie aujourd’hui d’une nouvelle et fructueuse
expérience; elle se fera votre porte-parole et la pionnière
d’une lutte sans merci contre un mal dont l’Orient découvre la gravité
et l’étendue mais, aussi, les méthodes de dépistage
et les thérapies disponibles.” Ainsi, a pris fin la séance
consacrée à la présentation du rapport de la Commission
européenne sur l’ostéoporose et la prévention du mal.
Un cocktail riche en calcium fut par la suite offert, préparé
par Teo et Rose de “osTEOpoROSE” habillés en cuisiniers: fruits
secs, fromages, légumes, salades de fruits...
ÉCHANTILLON DE NOURRITURE SAINE
Un échantillon de nourriture saine et riche en calcium
qui devrait aller de pair avec l’activité physique, la cessation
du tabac et de l’alcool et la diminution de la consommation de café,
pour garantir des os solides. Rappelons que la semaine de prévention
contre l’ostéoporose débutera le 21 juin et englobera tout
le territoire libanais. Le 24 juin, commenceront les festivités
de la “Journée mondiale de l’ostéoporose”, semaine clôturée
par un déjeuner champêtre à Fakra, en présence
de la Première Libanaise. A cette occasion, peut-être, pourrait-on
se demander pourquoi la sécurité sociale libanaise ne couvrirait
pas l’examen de mesure de la densité osseuse ou ostéodensitométrie.
Le gouvernement devrait savoir que le traitement de l’ostéoporose
coûte beaucoup plus cher que la prévention. Pourquoi n’organiserait-il
pas de campagne de prévention, comme celle que l’on fait chaque
année pour la vaccination, afin d’encourager les gens - une fois
l’examen de contrôle devenu remboursable par la sécurité
sociale - à faire les examens nécessaires? Le législateur
devrait, encore une fois, intervenir pour le bien de la société.