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LE PARTENARIAT EURO-MÉDITERRANÉEN, UN ESPACE COMMUN DE PAIX, DE STABILITÉ ET DE PROSPÉRITÉ |
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| Convaincue
que l’objectif de faire du bassin méditerranéen une zone
de dialogue, d’échanges et de coopération ga-rantissant la
paix, la stabilité et la prospérité, le renfor-cement
de la démocratie et le respect des droits de l’homme; un développement
économico-social durable et équilibré, la lutte contre
la pauvreté et la promotion d’une meilleure compréhen-sion
entre les Cultures, l’Union européenne, premier bâilleur de
fonds du processus de paix au Moyen-Orient, œuvre en faveur d’une nouvelle
Charte euro-méditerranéenne appelant à la consolidation
des relations entre l’Europe et la Méditerranée. Plusieurs
facteurs ont accéléré en Europe la prise de conscience
de l’urgence méditerranéenne et de la nécessité
d’organiser un espace euro-méditerranéen.
Le Liban oriental et méditerranéen à la fois, c’est à ces deux titres essentiels qu’il doit son caractère cosmopolite et international, sa mentalité démocratique et son rôle de catalyseur entre l’Orient et l’Occident. Cette caractéristique privilégiée a, dès l’antiquité la plus reculée, constamment marqué d’une empreinte singulière les populations qui l’habitent, toutes tendances confondues et à quelle que confession qu’elles appartiennent. C’est une grave erreur de prétendre que les Libanais regardent l’Orient et l’Occident par sentimentalité religieuse. C’est plutôt, la position providentielle du Liban, sa configuration géo-politique qui, en le tournant vers l’Orient, l’inclinent vers l’Occident; ce qui le rapproche aussi des peuples de la Méditerranée. Et c’est dans ce contexte qu’il faudrait le situer dans le partenariat euro-méditerranéen. Il était temps que le Liban cesse de quémander des aides à gauche et à droite, de faire valoir sa crédibilité et son rôle dans le concert régional et mondial, puisqu’il est déjà en mesure d’accéder au partenariat dont il bénéficierait davantage. Le fait qu’il ait participé à la conférence euro-méditerranéenne de Barcelone et celle de Palerme, - où notre ministre des Affaires étrangères a plaidé au nom de ses homologues arabes avec le brio qui le caractérise, non seulement la cause libanaise mais le conflit arabo-israélien in extenso face à l’intransigeance israélienne bloquant le processus de paix - le bloc arabe aurait-il trouvé meilleur porte-parole que l’astucieux ministre libanais pour plaider leur cause, son éloquence aidant, ainsi que sa maîtrise des contentieux régionaux et internationaux? Le Liban en tant que coordinateur du groupe des pays arabes, a non seulement contribué au déroulement serein et fructueux de ces conférences, mais il est surtout et toujours capable d’affronter tous les défis, pour son intégration, aussi conditionnelle soit-elle, à ce partenariat. Son système libéral et ses multiples atouts lui sont favorables à plus d’un titre. C’est une chance pour lui, comme pour les 27 partenaires, à tous les points-de-vue, politique, économique, social et culturel, une chance qui n’est pas à manquer. La création d’un espace de stabilité et de prospérité sur l’ensemble du pourtour méditerranéen est considérée comme une condition sine qua non de la stabilité et de la prospérité de l’Union européenne elle-même, qui ne saurait la maintenir et poursuivre son intégration, sans la stabilité de ses voisins immédiats. Nécessaire aussi, pour les partenaires méditerranéens qui attendent non seulement l’accès au marché mondial, l’investissement et les transferts de la technologie de pointe, mais aussi et d’abord, une meilleure compréhension, sur le plan humain, culturel et civilisateur. En réalité, c’est tout un contexte de nouveaux défis à affronter. S’associer à l’Europe, serait peut-être, le plus court chemin, sinon le meilleur qui mène à l’âge de la réussite. Les impératifs de paix et de sécurité impliquent que soient minimisés les écarts grandissants entre l’Europe et les pays méditerranéens. Ainsi les écarts de revenus, aujourd’hui de 1 à 12, passeront de 1 à 20 en l’an 2010, si aucune mesure n’est prise pour soutenir le développement économique des pays méditerranéens dont la population de 220 millions en 1995, dépassera les 300 millions en 2010. La transition de l’aide au partenariat est due à des changements majeurs ayant marqué les années 90, appelant à un renforcement des relations entre l’Europe et la Méditerranée. Il fallait mettre en œuvre une politique plus audacieuse, à même de répondre aux défis auxquels devraient faire face les pays méditerranéens et de bâtir avec eux une communauté de destin viable. La coopération classique s’avérant insuffisante, plusieurs innovations ont été apportées, des protocoles financiers ont été enregistrés avec plusieurs pays méditerranéens, le Liban inclus. Un saut qualitatif important a été effectué avec le lancement d’une coopération régionale, la voie à un partenariat solide et durable a été entamée, un partenariat rénovateur appelant au dialogue politique, à la libre circulation des marchandises, à la coopération économique, sociale et culturelle et même financière. Bref, une approche nouvelle faite de transparence, de concertations préalables et de travail en commun, les préoccupations et les intérêts de chacun des partenaires étant pris en compte dans une relation d’égalité. L’importance des afflux de capitaux dans l’économie libanaise constitue un atout, les indicateurs de bases étant assez favorables, notamment au niveau de l’adaptation de la main-d’œuvre libanaise et son remarquable esprit de créativité. La dynamique de la société libanaise, ses liens séculaires avec le reste du monde, à travers sa diaspora, en font un partenaire idéal. Puisse-t-elle être à la hauteur de toutes ces aspirations qui marqueront, à coup sûr, le nouveau millénaire qui pointe à l’horizon. Puissent les pays riverains de la Méditerranée parvenir à conjurer tous ces défis des temps nouveaux: il y va de leur prospérité et de leur survie; en apprenant à mieux se connaître, en étudiant mutuellement leur histoire, en s’enrichissant réciproquement. L’âge conflictuel qui sévissait et continue de sévir au détriment de chacun d’eux et de l’humanité, est désormais révolu! (1) “Le choc des civilisations” Best-seller Editions Edile Jacob 1998. |
“L’histoire des hommes, c’est l’histoire des civilisations. Impossible de concevoir autrement l’évolution de l’humanité. Ce sont les civilisations qui ont fourni aux hommes les principaux critères d’identification à travers l’histoire.” Samuel P. Huntington
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