INCOHÉRENCE GOUVERNEMENTALE 

par EDOUARD BASSIL  
 
Le Cabinet haririen se distin-gue, ces temps-ci, par son manque de cohésion, son chef étant accusé par le chef de la diplomatie de marcher sur ses plates-bandes.
De son côté, le ministre des Affaires rurales et municipales a démissionné, en signe de protestation contre le fait pour son collègue de l’Intérieur d’empiéter sur ses prérogatives. Le Conseil des ministres doit statuer sur son cas.
Mais la prise de position du ministre des A.E. contre le Premier ministre est plus grave, parce qu’elle ne peut plus être réparée par une simple accolade...
Le chef du palais Bustros a quand même eu la décence de ne rien dire avant le retour du chef du gouvernement, tant sur l’opportunité de son voyage que sur la teneur de ses entretiens à Washington, New York et Paris où il aurait dû l’accompagner...
De plus il a dénigré les prétendus acquis obtenus à propos de l’éventuelle relance du processus de paix, en laissant entrendre que “quelque chose allait se produire” et, surtout, en ce qui concerne le renouvellement du mandat de la FINUL pour un autre semestre, “opération qui, observe-t-il, est tranchée à l’avance par l’ONU”.
Autre point plus délicat: le ministre des A.E. juge déplacé le fait pour M. Hariri d’avoir annoncé à partir de Washington la prochaine visite du président Hafez Assad au palais de Baabda, estimant que cette annonce aurait dû être révélée à Beyrouth ou à Damas.
La coterie de Koraytem s’est contentée jusqu’ici de reprocher au chef de la diplomatie ses déclarations intempestives, disant “qu’elles affectent la cohésion gouvernementale et ternissent le renom du Liban à l’étranger”...
Mais, dit le poète arabe, “moi qui me noie, dois-je avoir peur de me mouiller”?
L’incorrigible M. Hariri poursui-vra donc son “one man show”! 

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