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LE BILAN DE LA VISITE DE HARIRI AUX USA EST-IL VRAIMENT POSITIF?
La visite du chef du gouvernement aux USA a-t-elle porté ses fruits et atteint son objectif, comme l’affirme la coterie du président Hariri? Ou bien le Premier ministre prend-il ses désirs pour des réalités, “en créant l’illusion qu’une initiative américaine est en préparation, destinée à relancer le processus de paix au P.O.? “comme le soutient le chef de la diplomatie libanaise? Le seul bilan positif a été jusqu’ici la décision prise mardi par le président Clinton, levant l’interdit sur le venue des Américains au Liban et la vente des tickets de voyage aux USA les avions US n’étant pas encore autorisés à atterrir à l’A.I.B. 
Avant de regagner Beyrouth, via Paris et Damas, le chef du gouver-nement a dressé un “bilan positif” de sa visite aux Etats-Unis qui l’a mené à Washington et à New York. 
Le président Hariri a qualifié de “bons” ses entretiens, disant qu’ils ont été “couronnés de succès” et “ont atteint leurs objectifs”. 
Le président de Conseil qui, rappelons-le, a conféré dans la capitale fédérale avec le chef de la Maison-Blanche, le secrétaire d’Etat et son adjoint pour les affaires du Proche-Orient, dit que “l’Adminis-tration américaine a répondu de manière claire à la demande libanaise relative à la relance des négociations de paix”. 
M. Hariri avait insinué, au terme de ses rencontres, que “quelque chose” allait se produire au plan des volets libanais et syrien du processus de paix, sans fournir à ce sujet aucun détail. 
Par la suite, il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’analyses personnelles, mais “de ce qu’il avait entendu des responsables américains”... 
Réflexion encore plus étrange: M. Hariri a assuré que “Washington dans le cadre de ses nouveaux efforts destinés à sortir ce processus de l’impasse, n’exercerait pas de pression sur les Arabes, ceux-ci ayant exprimé leur disposition à relancer les négocia-tions de paix, le plus rapidement possi-ble” (le président Hariri a même promis de les faire aboutir dans un délai de trois mois... si Israël faisait montre de bonne volonté”... 
En réalité, il s’agit moins d’exercer des pressions sur les Arabes que sur les Israéliens, ces derniers - surtout leur Premier ministre - persistant dans le jeu de la douche écossaise, faisant alterner les positions dures et conciliatoires. 
Juste le lendemain des entretiens libano-US de Washington, Benjamin Netanyahu donnait le feu vert à l’élargissement des limites administratives de Jérusalem, afin de permettre à de nouvelles familles de colons juifs de s’installer dans le quartier arabe de la Ville sainte. 
Premier à dénoncer le politique du chef du Likoud, le président israélien Ezer Weigman qui affirme “avoir perdu l’espoir de voir Netanyahu procéder à un retrait militaire de Cisjordanie et favoriser l’opération de paix”. Et d’ajouter: “A l’heure actuelle, j’ai de sérieux doutes”. 
De plus, le président Weizman a refusé de prononcer un discours à une conférence économique annuelle près de Tel-Aviv. “Vu que le processus de paix piétine, a-t-il déclaré, je ne peux parler d’économie qui est dans une situation difficile, à cause de la politique hésitante du gouvernement.” 
Pour noyer le poisson, Netanya-hu parle d’un référendum sur le retrait israélien de Cisjordanie, après avoir approuvé le plan de “super-municipalité” pour Jérusa-lem. 
Comment dans ce cas, attendre “quelque chose de positif” des pourparlers de M. Hariri à Wa-shington, du moment que Tel-Aviv fait la sourde oreille aux proposi-tions du chef de l’Exécutif amé-ricain? 
L’uléma Mohamed Hussein Fad-lallah assure, d’ailleurs, que “la visite de M. Hariri aux USA a peu de chance de déboucher sur des résultats tangibles”... 
En ce qui concerne ses entretiens avec M. Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, le président du Conseil n’a rien obtenu de plus que la promesse d’une reconduction pour un autre semestre du mandat de la FINUL - ce qui intervenait jusqu’ici d’une manière automatique. Il n’a même pas été assuré du remplacement du contingent norgévien (devant être rapatrié fin décembre), ni de l’accroissement du nombre des Casques bleus dont il souhaite doubler les effectifs... 

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