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N’en
déplaise au président du Conseil, Netanyahu ne se laissera
pas faire et continuera à ignorer les mises en garde et les semonces
de Washington. En effet, “Bibi” soulève deux nouveaux sujets de
diversion: le projet du “Grand Jérusalem” élargissant les
limites administratives de la Ville sainte et le référendum
à propos du retrait de “Tsahal” de Cisjordanie dans une proportion
de 13 pour cent, faisant fi de la communauté internationale. D’après
le prince Séoud Al-Fayçal et Amr Moussa, réunis mardi
à Ryad (notre photo) la double initiative de Tel-Aviv hâtera
la tenue du sommet arabe.
Projet du “Grand Jérusalem” élargissant les limites administra-tives de la ville; référendum à la mi-septembre autour du retrait israélien de Cisjordanie conformé-ment à la demande américaine: ces deux sujets sont, actuellement, au centre des débats au double plan régional et international, d’autant que le processus de judaïsation se poursuit sans arrêt, en dépit de sa condamnation par la commuanuté internationale, le Saint-Siège en tête. En effet, Mgr Tauran, chef de la diplomatie vaticane, a dénoncé le projet israélien en réaffirmant la détermination de la capitale de la catholicité à sauvegarder le caractère universel et sacré de la Ville sainte. Réunis mardi à Ryad, les chefs de la diplomatie séoudite et égyp-tienne ont condamné la nouvelle initiative de Netanyahu, la considérant comme “un nouveau coup asséné à l’opération de paix. Tant le prince Séoud Al-Fayçal que M. Amr Moussa ont qualifié “d’illégale, transgressant la loi internationale et la convention de Genève “la décision du gouverne-ment de Tel-Aviv, disant qu’elle est inacceptable au double plan arabe et islamique. A leur avis, cette décision aura pour conséquence de hâter la tenue du sommet arabe, dont le retard est motivé par le souci des Etats membres de bien préparer la réunion des souverains et chefs d’Etat, comme l’a recommandé le roi Fahd. Et ce, à l’effet de procéder à une étude saine et réaliste de la conjoncture, pour arrêter les mesures de nature à faire face avantageusement aux défis de l’ennemi commun. Quant au référendum sur le retrait de Cisjordanie, il est considéré par les observateurs comme une opération de diversion devant permettre au Premier ministre israélien de gagner du temps et de louvoyer, pour n’avoir pas à souscrire aux nouvelles propositions américaines. Bien que Washington, probablement dans le souci de fournir une justification à “Bibi” pour son idée géniale, pense que cela permettra à ce dernier “de faire passer sa proposition relative au retrait du territoire cisjordanien dans une proportion de 13 pour cent... Ce qui n’est pas très sûr! Aux dernières nouvelles, 57 pour cent des Israéliens approuveraient cette proportion. Mais le hic de l’affaire, est qu’une telle consultation populaire n’ayant pas de précédent dans l’Etat hébreu exige, selon les juristes, une loi spéciale pour la rendre possible. Dans ce cas, le référendum ne pourra pas être organisé avant plusieurs mois. Puis, un nouveau sujet de discorde au sein du Cabinet Netanyahu a été introduit par la commission ministérielle chargée d’étudier les problèmes d’ordre technique, juridique et constitutionnel posés par cette opération, à savoir: que le vote soit validé à la majorité des inscrits et non des votants... Il va sans dire qu’une “majorité spéciale” aurait pour conséquence d’enlever aux Arabes israéliens (18% de la population) leur poids dans la décision finale. |