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Après
avoir signé un accord à `Bagdad portant sur un nouveau “plan
de désarmement”, Richard Butler, chef de l’UNSCOM, a encore fait
des siennes. Dans un rapport hostile à l’Irak, il dénonce
le refus des responsables irakiens de coopérer et insinue que la
levée des sanctions imposées depuis huit ans à ce
pays n’est pas pour bientôt. Le double langage de l’émissaire
onusien risque de provoquer une autre crise aux conséquences imprévisibles.
Le président de l’UNSCOM n’a pas fini de surprendre l’opi-nion internationale par ses volte-face, par rapport à la levée des sanctions imposées à l’Irak de-puis près de huit ans. Début juin, M. Richard Butler était parvenu à un accord avec M. Tarek Aziz, vice-président du Conseil ira-kien, autour d’un nouveau plan destiné à débarrasser ce pays des armes de destruction massive. On avait pensé que ce fut la conséquence de la prise de position adoptée par le Saint-Siège, à la faveur du symposium organisé, récemment à Bagdad par l’Eglise chaldéenne. A son arrivée, le cardinal Etchegarray, président du Conseil pontifical pour la paix et la justice, avait dénoncé “le maintien des sanctions contre un peuple qui perd son âme, dont le patrimoine et le tissu social sont en train de se dilapider et de se décomposer”. La position du Vatican aurait provoqué le changement de ton de la part de M. Butler, lors de sa nouvelle visite à la capitale irakienne. En effet, après avoir présenté au Conseil de Sécurité un rapport accablant pour l’Irak, accusant ce pays “de refuser de coopérer”, ce qui signifie le maintien de l’embargo, le chef de l’UNSCOM a annoncé la conclusion d’un nouveau plan de désarmement devant s’étaler sur deux mois et ayant déjà reçu un début d’application. Bien plus, il s’est félicité de la coopération des Irakiens et exprimé l’espoir de pouvoir présenter en octobre, un nouveau rapport au Conseil de Sécurité aidant à la mise en œuvre du paragraphe 22 de la résolution 687. Cela se traduirait par la levée des sanctions. Par la suite, M. Butler s’était rendu à Koweit et à son retour à New York, tenait un langage différent de celui de Bagdad. En effet, il accuse maintenant l’Irak “de s’opposer à certains aspects du programme de travail avec les ins-pecteurs de l’ONU ... et de refuser de fournir certains documents qu’il re-connaissait avoir en sa possession”. Fait significatif: le délégué per-manent des Etats-Unis aux Na-tions Unies, Bill Richardson, a annoncé, non sans une visible sa-tisfaction, la présentation par M. Butler “d’un rapport très solide di-sant que l’Irak a un long chemin à parcourir; que Bagdad a des prati-ques de dissimulation des armes chi-miques et biologiques et que la tâche de désarmement n’a pas encore pris fin”... Pourtant, le chef de l’UNS-COM avait déclaré au terme de sa visite sur les bords du Tigre, que “les discussions avec M. Tarek Aziz et d’autres responsables ira-kiens s’étaient déroulées d’une ma-nière cordiale et professionnelle”... On ne s’étonne pas après cela d’entendre le vice-président du Conseil irakien parler d’une “nouvelle crise avec l’ONU” qui aurait pour conséquence de retarder la levée de l’embargo. Cela dit, il n’est pas impossible qu’une déclaration dure de M. Taha Yassine Ramadan, vice-président irakien, ait tout remis en question. De fait, celui-ci a nié l’intention de son pays de s’excu-ser auprès d’un quelconque Etat arabe, en raison de la crise du Golfe... “Ceci est impossible, a-t-il affirmé, même si l’embargo devait durer cinquante ans.” Dans le même temps, il a rap-pelé qu’en juillet 97, le président Saddam Hussein s’était dit dis-posé “à ouvrir une nouvelle page” dans ses relations avec les frères arabes. “Mais, a-t-il précisé, ces derniers n’avaient pas réagi positivement”... Comme on a attiré son atten-tion sur le fait que le chef de l’Emirat, cheikh Jaber As-Sabah, ne s’opposait plus à la participa-tion de l’Irak à un sommet arabe, Taha Y. Ramadan a jugé cette déclaration “positive en apparence, mais trompeuse quant au fond”... |