SE FELICITANT DU DEROULEMENT DES MUNICIPALES DANS UN CLIMAT DEMOCRATIQUE
HRAOUI VEUT APPLIQUER LA DECENTRALISATION ADMINISTRATIVE

 
Le pays est sorti victorieux des élections municipales et des moukhtars, car il a réussi après trente-cinq années de paralysie dans ce domaine, à raviver ces institutions considérées comme le principal moteur du développement dans toutes les régions.

Il est du droit du président de la République qui a tenu à organiser le scrutin municipal avant la fin de son mandat, de se montrer fier de cet exploit.
De même, le ministre de l’Intérieur peut se targuer d’avoir assumé la mission à lui confiée d’une manière parfaite.
Il va sans dire que l’Armée libanaise a été le grand gagnant, pour avoir donné les preuves palpables qu’elle est à la hauteur des responsabilités nationales. L’institution militaire s’est comportée à l’occasion des municipales, conformément au plan établi par son commandant en chef, le général Emile Lahoud.

HOMMAGE À L’ARMÉE
De fait, elle a assuré le climat propice au déroulement de la consultation populaire dans un climat démocratique sans faille  et des conditions sécuritaires parfaites. Et ce, sans recourir à aucun des procédés utilisés, naguère, par le “Deuxième Bureau”. Ceci a été un objet de satisfaction pour les citoyens dont la confiance a été renforcée dans la Grande Muette, quant au présent et à l’avenir.
Pendant que les nouvelles municipalités cherchaient auprès de l’Etat à récupérer les fonds qui leur reviennent et examinaient les moyens d’alimenter leurs caisses, l’échéance présidentielle était déjà au centre des conversations, non seulement à Beyrouth mais, également, à Washington et dans d’autres capitales concernées par les présidentielles, que ce soit d’une manière directe ou dans les coulisses et les “cuisines” politiques exerçant quelque influence dans ce domaine.

DÉCENTRALISATION ADMINISTRATIVE
Le chef de l’Etat ne cesse de se féliciter de la façon dont se sont déroulées les municipales, les qualifiant de “grande réalisation nationale” sous son mandat, alors que quatre régimes précédents n’ont pu l’accomplir.
Partant de là, le président Hraoui entame une campagne en faveur de la décentralisation administrative dont il est fait mention dans le “document de l’entente nationale”, estimant que les conseils municipaux peuvent réactiver l’administration locale et mettre l’Etat et ses institutions en contact direct avec les différentes franges de la population libanaise.
Les milieux parlementaires n’écartent pas la possibilité que le projet relatif à la décentralisation administrative soit ratifié par l’Assemblée au cours de sa session extraordinaire.
Selon des sources renseignées, le ministère de l’Intérieur dispose d’un projet dans ce sens, nécessitant de simples retouches. Ce dernier prévoit la constitution de conseils de mohafazat et de caza, ayant pour tâche de communiquer à l’autorité centrale des recommandations destinées à relever le niveau des districts et des cazas dans tous les domaines.

LA VISITE DE HARIRI AUX USA
Dans le même temps, le président Rafic Hariri effectuait une tournée l’ayant conduit à Washington, New York et Paris, au terme de laquelle il a laissé entendre que “quelque chose allait se produire au Proche-Orient” de nature à relancer le processus de paix; autrement dit à réactiver les négociations gelées depuis plus d’un an.
Des sources ministérielles et parlementaires avaient trouvé étrange le fait pour le président du Conseil de se rendre aux Etats-Unis pour entretenir les responsables US de problèmes engageant l’avenir de la patrie, sans se faire accompagner du chef de la diplomatie, seul M. Fouad Sanioura, ministre d’Etat pour les affaires financières, ayant été du voyage.
La visite du Premier ministre en Amérique a fait l’objet d’une campagne de la part de M. Bouez qui a trouvé inadéquat le fait pour M. Hariri d’avoir annoncé la prochaine venue au palais de Baabda du président Hafez Assad, alors que la nouvelle aurait dû être diffusée à Beyrouth et Damas. D’ailleurs, le président Hraoui a blâmé M. Hariri d’avoir agi de le sorte.
Par ailleurs, l’explosion de roquettes à proximité de l’am-bassade US à Aoukar, a provoqué une vague de protestations dans tous les milieux, doublée de la crainte que l’état de la sécurité soit compromis, au moment où approchent l’échéance présiden-tielle et que doivent commencer les préparatifs de la visite du chef de l’Etat syrien, probablement avant le mois d’octobre.
A propos de cette visite officielle, le chef de l’Etat s’est formalisé du fait pour le Premier ministre de l’avoir révélée dans la capitale fédérale, alors qu’elle n’aurait pas dû être divulguée pour des considérations d’ordre politique et sécuritaire.

L’ÉCHÉANCE PRÉSIDENTIELLE
EN TÊTE DES DÉBATS
Quoi qu’il en soit, l’échéance présidentielle figure à présent en tête des sujets qui sont au centre des débats dans les milieux politiques et officiels. D’autant que M. Hariri l’a évoquée à Washington à l’issue d’un entretien avec Mme Madeleine Albright. Ainsi, il a donné l’impression que lors de sa rencontre avec le secrétaire d’Etat US, il avait évoqué l’élection présidentielle. En fait, le président du Conseil s’est limité à dire qu’il avait donné l’assurance au chef de la diplomatie américaine que l’élection présidentielle aura lieu dans le délai constitutionnel.
En ce qui concerne la visite du président Assad, elle porterait plus d’une signification et pourrait être interprétée, soit comme un feu vert pour une nouvelle reconduction du mandat présidentiel; soit pour une sorte de satisfecit au président Hraoui.
Toujours est-il que cette visite revêtira une importance historique, puisqu’elle marquera un tournant dans les relations libano-syriennes.
D’ores et déjà, des sources informées s’attendent à l’amorce de concertations en prévision du choix des présidentiables, sur la base des spécifications dont ils devraient jouir, répondant aux impératifs de la phase future au double plan interne et régional.
M. Hariri avait précisé que le prochain chef de l’Etat devrait entretenir de bonnes relations avec la Syrie; accepté par les chrétiens et les musulmans à la fois; être le fruit d’un consensus régionalo-international.
Dans ce contexte, il sera procédé à une préparation minutieuse de la visite du président Assad et, à cet effet, un sommet bipartite pourrait la précéder, au cours de laquelle seront passés en revue les problèmes qui se posent sur les scènes libanaise et syrienne .

DANS L’ATTENTE DE LA DÉCISION PRÉSIDENTIELLE
Les présidentiables commen-cent, de leur côté, à multiplier les contacts et les démarches auprès d’instances ayant quelque influ-ence dans l’élection présidentielle, le chef de l’Etat en tête. Et ce, afin d’être fixés sur sa véritable intention par rapport à la reconduction de son mandat.
Jusqu’à présent, on ignore si le président compte proposer l’amendement d’un ou de deux articles de la Constitution, car il se doit de prendre une telle initiative, l’Assemblée n’étant pas habilité à le faire au cours de sa session extraordinaire, celle-ci devant s’ouvrir le 20 octobre.
S’il optait pour la prorogation de son mandat, le président Hraoui prendrait l’initiative voulue. Cependant, il devrait, logiquement, réclamer la révision de l’article de la Constitution permettant à un fonctionnaire de la première catégorie de poser sa candidature à la magistrature suprême.
Dans ce cas, on laisserait aux députés le soin de présenter une pétition portant dix signatures, en vue de l’amendement consti-tutionnel, afin de ne pas em-barrasser le président de la République qui ne voudrait pas proposer la prorogation de son mandat, préférant en laisser l’initiative à l’Assemblée.
De toute façon, le ministre des Affaires étrangères a confié à M. Melhem Karam, président de l’Ordre des journalistes, quand il l’a reçu au début de la semaine (voir ailleurs l’information) que toute révision de la Constitution en prévision des présidentielles, devrait être envisagée sous l’angle de “circonstances exception-nelles... et tenir compte de l’intérêt supérieur de la nation.”
Les milieux politiques et parlementaires se perdent en conjectures, mais on peut déjà tirer la conclusion ci-après: l’élection présidentielle aura lieu au mois d’octobre, quelle que soit la procédure à suivre...

NADIM EL-HACHEM


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