SAIDA A FAIT DES OBSEQUES NATIONALES A ADEL OSSEIRAN
ADIEU OFFICIEL ET POPULAIRE A L'UN DES ARTISANS DE L'INDEPENDANCE


Le président Hraoui présentant ses condoléances à M. Ali Osseiran,
fils du défunt et à l’imam Chamseddine.
 

M. Ali Osseiran, fils du disparu, entouré  des présidents Berri, 
Husseini, Rachid Solh, M. Ali el-Khalil, l’imam Chamseddine, 
MM. Michel Eddé et Zaki Mazboudi.
Un adieu officiel et popu-laire a été fait jeudi à Saïda au regretté Adel Osseiran, l’un des derniers arti-sans encore vivants de l’indépen-dance.
Le président Nabih Berri, représentant le chef de l’Etat, a mené le deuil aux côtés du fils du défunt, M. Ali Osseiran et des autres membres de la famille, entourés de MM. Michel Eddé, ministre d’Etat, représentant le chef du gouvernement; du brigadier Izzeddine Naffah, délégué par le général Emile Lahoud, comman-dant en chef de l’Armée.
On notait, également, la pré-sence des présidents Hussein Husseini, Rachid Solh, Amine el-Hafez; de nombreuses per-sonnalités politiques, diplo-matiques et religieuses, ainsi que de délégations populaires venues de toutes les régions libanaises.
Recouvert des couleurs na-tionales, le cercueil était posé sur un affût de canon tiré par un véhicule militaire, suivi de sept gardes du parlement portant des couronnes de fleurs et un coussinet sur lequel étaient fixées les mé-dailles ayant récompensé soixante années d’activité politique du défunt.
Après avoir traversé la place de l’Etoile et l’avenue Riad Solh dans la capitale sudiste, le convoi est arrivé au caveau familial où une salve de  vingt-et-un coups de canons a été tirée en hommage au disparu.
Des centaines de personnalités, le président Saëb Salam, dernier homme politique de la génération d’Adel Osseiran, ont défilé au domicile du défunt à Rmeilé, au nord de Saïda, pour présenter les condoléances à sa famille. Le cardinal Sfeir et le mufti Kabbani avaient délégué, respectivement, Mgr Antoine Andari, vicaire patriarcal maronite et cheikh Mohamed Balta, juge chérié du Liban-Sud.
Une journée de deuil a été observée au Liban le jour du décès de l’ancien chef du Législatif: les drapeaux ont été mis en berne dans les administrations publiques et les médias audiovisuels ont remplacé leurs programmes de variétés en musique classique.
 
Le cercueil porté à bout de bras 
par des gardes du parlement.
 
 
La dépouille mortelle posée sur un affût de canon 
et tirée par un véhicule militaire.
 

IL A ÉTÉ INCARCÉRÉ À RACHAYA
Adel Osseiran a été arrêté par l’autorité mandataire en novembre 1943 et conduit à la citadelle de Rachaya avec les hommes politiques ayant lutté pour l’indépendance. Ils devaient être libérés treize jours plus tard et faire une entrée triomphale dans la capitale.
Elu sept fois député, M. Osseiran a présidé l’Assemblée nationale entre 1953 et 1958, sous le sexennat du président Camille Chamoun dont il était l’un des alliés.
Il a pris en charge plus d’une fois des portefeuilles ministériels, à commencer par le premier Cabinet de l’ère d’indépendance présidé par Riad Solh.
Adel Osseiran a cessé toute activité politique en 1992 après avoir passé la main à son fils Ali qui lui a succédé à la Chambre des députés.
L’homme à la stature nationale a, également, assumé des charges à la dimension régionale. En effet, il a été nommé en 1947, par le haut comité arabe  en tant que médiateur entre l’Arabie séoudite et l’Iran, pour régler le conflit ayant opposé les deux pays à propos de la visite des pèlerins iraniens à La Mecque.
Il a présidé l’amicale des anciens étudiants de l’Université américaine (AUB) dont il était titulaire d’une maîtrise en sciences politiques (promotion 1938).
Il s’est lancé dans la politique en 1928 à l’âge de 23 ans, à la faveur d’une manifestation populaire menée contre un impôt institué par les autorités mandataires fran-çaises. Il fut arrêté en 1936 après avoir prononcé un discours incendiaire à Nabatieh, à l’issue d’incidents survenus à Bint-Jbeil et Aïtaroun entre les habitants de ces deux localités et des soldats français. Il a été élu député pour la première fois en 1943, après une première tentative malheureuse en 1937.
Adel Osseiran a participé à la conférence du dialogue national à Lausanne en 1964 et à celle de Taëf qui mit fin à la guerre, en 1989.

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A la famille Osseiran et à ses alliés, “La Revue du Liban” présente ses sincères condoléances et l’expression de sa sympathie émue.


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