
LES COULEURS DU LIBAN ET DE LA FRANCE
Surprise pour les journalistes invités par l’ambassadeur de
France à la Résidence des Pins, récemment inaugurée
par le président Chirac: les couleurs des lustres de Murano et des
tapis sont éclatantes: vert, blanc et rouge pour les lustres splendides;
vert et blanc, rouge et blanc, bleu et blanc pour les tapis. Idem pour
les rideaux. Adieu aux velours sombres, aux voiles pastel et aux damassés
somptueux.
Aujourd’hui, la Résidence des Pins respire un air de jeunesse,
jamais vu auparavant. Grandeur et solennité font partie de l’histoire.
Aujourd’hui, c’est une “maison” où il fait bon vivre. Mis à
part le salon ottoman qui a retrouvé toute sa gloire passée,
la Résidence des Pins aborde le troisième millénaire
avec les couleurs de l’espérance, de la joie de vivre, de l’espace
avec une autre constante: le bureau de l’ambassadeur. Une superbe toile
de Philippe Mourani représentant le général Gouraud
proclamant l’Indépendance du Liban. Toile où foisonnent de
multiples personnages.
L’ambassadeur conte pour la petite histoire: le tableau à l’origine
n’en comporte qu’une vingtaine, devant les protestations d’autres personnalités
qui n’étaient pas représentées, Philippe Mourani les
rajoute au tableau... Et c’est, ainsi qu’on voit une Assemblée de
notables libanais entourant le général Gouraud.
Accueillis par M. Daniel Jouanneau, le chef du protocole M. François
Abi-Saab, le Premier conseiller M. François Senemaud, le conseiller
M. Antoine Sivan, le consul général de France, M. François
Ponge, les journalistes ont fait le tour du propriétaire, ainsi
que des jardins et sablé le champagne en l’honneur de la “nouvelle”
résidence, de ses habitants et de l’amitié France-Liban.
QUAND LA CONVENTION DE VIENNE EST VIOLÉE...
Rien ne va plus sur la scène diplomatique internationale.
Après avoir vu des diplomates attaqués, pris en otages,
le président du Bélarus vient de créer, un précédent
dans le monde feutré de la diplomatie.
Violant les statuts de la Convention de Vienne, le président
Alexandre Loukachenko a décidé d’agrandir sa résidence
privée au détriment des ambassades qui occupaient l’espace
convoité.
Le prétexte invoqué est la réparation des installations
électriques et autres dans les ambassades.
Mais nul n’est dupe.
Aussi, cinq ambassadeurs de l’Union Européenne (dont la France,
l’Allemagne et l’Italie) en sus des ambassadeurs des Etats-Unis d’Amérique
et du Japon, ont-ils fait leurs valises pour de bon et ont quitté
Minsk, puisque le pays hôte leur avait coupé l’eau et le gaz.
Les pays concernés ne rompent pas leurs relations diplomatiques,
mais laissent un personnel subalterne.
Les diplomates ont souvent eu des déboires avec l’URSS et aujourd’hui
avec certains Etats de l’ex-URSS.
Dans le temps, c’était Moscou qui, par le truchement de son
“Bureau de Services pour le Corps diplomatique”, le fameux UPDK en faisait
voir de toutes les couleurs aux ambassades, car à l’exception de
trois ambassades (Turquie, Finlande et Autriche dont les résidents
étaient propriétaires) les autres ne s’y trouvaient qu’en
location... il est vrai pour cent ans, mais à des prix faramineux,
de cinquante mille dollars à quelque cinq cent mille pour les plus
grandes.
En outre, le bureau de l’UPDK, pouvait à sa seule discrétion
imposer des travaux de réfection, des contrôles de sécurité,
des peintres en bâtiment sous des prétextes fallacieux. Quoique
l’ambassade soit un lieu inviolable et jouissant de l’extraterritorialité,
il était impossible aux ambassadeurs de refuser ces travaux qui
pouvaient, en quelques cas, s’avérer nécessaires.
Tous les diplomates en poste à Moscou savaient que le contrôle
des installations électriques, c’est-à-dire en premier les
lustres, avait pour but l’installation de micros ou d’en vérifier
l’efficacité. On surnommait cette opération, le contrôle
“IGOR”, prénom masculin très commun en URSS. Les autorités
soviétiques savaient que l’on savait... Et la comédie continuait.
Pour parler à l’aise, les diplomates entreprenaient souvent des
promenades éloignées à pied dans la nature... C’était
le système.
Il semble que pour le Bélarus Loukachenko, l’Histoire est un
éternel recommencement.