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Damas
prend de plus en plus position dans la polémique opposant les chefs
du Législatif et du gouvernement, en vue de calmer le jeu. Ainsi,
le vice-président syrien en charge du dossier libanais, se range
à l’avis du Premier ministre. En effet, il ne se prononce en faveur
de l’échelle des salaires que si son financement ne gonfle pas la
dette publique et n’aggrave pas le déficit budgétaire. La
Syrie veut se maintenir à égale distance de toutes les parties
qu’elle engage à réduire la tension interne.
Nous avons prévu dans notre dernière livraison, le rebondisse-ment de la polémique ayant opposé au cours de la première moitié du mois d’août, le chef du Législatif au Premier ministre, à propos de la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public et des sources de son financement. Nous nous attendions à la reprise de la controverse après le retour du chef du gouvernement de son voyage d’agrément en Sardaigne. Or, l’échange d’invectives a repris entre les deux hommes, par leurs amis et alliés interposés, avant la rentrée du Premier ministre. En effet, le ministre de la Dé-fense a engagé une guerre ver-bale avec le vice-président de la Chambre, le second ayant accusé le premier “de défendre ceux qui communiquent aux dirigeants sy-riens des renseignements empoi-sonnés et les induisent en erreur”. Le ministre avait tenu diman-che une conférence de presse pour répliquer au NÞ2 de l’As-semblée, lorsqu’il reçut une communication téléphonique du président Hariri. Celui-ci l’appe-lait de Ryad pour lui demander, instamment, de mettre fin à la polémique. On apprenait dans le même temps, que le chef du gou-vernement avait regagné la Sar-daigne, d’où il devait retourner mardi à Beyrouth, pour présider le lendemain le premier Conseil des ministres tenu au grand sérail après sa restauration. Fait à signaler: M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, était également intervenu pour apaiser l’atmosphère et éviter l’escalade, à la faveur d’une audience qu’il a accordée à une délégation de la “Jamaa islamiya”, en visite à Damas. De fait, il a prôné un dialogue calme, “la priorité, a-t-il rappelé, devant être accordée à la confrontation avec Israël, ce qui exige l’unification et la cohésion du front intérieur”. M. Khaddam a, sans doute, recommandé à M. Hariri de re-nouer avec M. Walid Joumblatt, avec lequel il est brouillé à cause du problème des personnes déplacée. On a pu le déduire de la visite que le ministre de l’Information a rendue dimanche à son collègue en sa résidence de Moukhtara. Tout laisse penser que le Pre-mier ministre se soucie d’assainir le climat politique avant son retour, afin de trancher dans une atmosphère dépassionnée l’affaire de l’échelle des salaires et, surtout, de rasséréner le climat à l’approche des présidentielles. Il reste à savoir dans quelles conditions ces problèmes, pour le moins inextricables, seront réso-lus. Car tout indique qu’ils ne connaîtraient pas leur heureux épilogue, sans une intervention ferme et directe des “décideurs”... M. Khaddam paraît avoir donné quelques signes, à cet effet, en émettant des réflexions en rapport avec l’échéance présidentielle. Tout en insinuant que “l’élection du futur président n’a pas encore mûri”, le vice-président syrien a notamment prédit “un nouveau style de gouvernement sous le prochain régime, qui aurait à élaborer une nouvelle loi électorale affranchie de toute exception”. Ceci aura certainement pour conséquence de calmer le jeu au plan politique chez nous et de juguler l’escalade verbale. L’As-semblée pourra, ainsi, être convo-quée en séance extraordinaire. M. Khaddam en discutera avec M. Hariri quand il le recevra à Damas où il se rendra mercredi, pour une réunion de travail avec son homologue syrien, à consa-crer à l’échange des produits agricole entre les deux pays. |