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LIBAN-SYRIE: EN ECOUTANT PARLER FAROUK EL-CHAREH
 
Dans le cadre d’une interview accordée dimanche dernier à une télévision locale, M. Farouk el-Chareh, ministre syrien des Affaires étrangères, a tenu des propos et émis des réflexions témoignant de sa parfaite connaissance du dossier libanais. Il s’est montré perspicace quant aux moyens à mettre en œuvre par consolider davantage les relations entre les deux pays. Parmi ses déclarations, nous retiendrons la suivante: “La Syrie ne craint pas un Liban indépendant et souverain”.
Dans le cadre d’une interview, la première accordée à une sta-tion de télévision locale - la LBCI - M. Farouk el-Chareh, ministre syrien des Affaires étrangères, a évoqué les problèmes intéressant le Liban et la Syrie: les négocia-tions de paix avec Israël, la soli-darité des volets syro-libanais, l’application des résolutions de la légalité internationale, les relations interarabes, etc...
A l’instar de tout chef de la diplomatie qui se respecte, il s’est montré circonspect en ce qui concerne les affaires intérieures libanaises, préférant ne pas s’y étendre.
Cependant, il a été amené à ré-pondre à certaines questions dé-licates que se posent les Libanais autour de la présence syrienne sur leur territoire et d’autres problèmes d’intérêt commun.
Les réflexions émises par M. el-Chareh, marquées par la pondération et le bon sens, sont de nature à satisfaire notre peuple et, surtout, à dissiper certaines de ses appréhensions quant à l’avenir des relations entre Beyrouth et Damas.
A la question: “Pourquoi la résistance à l’ennemi israélien se limite-t-elle au Liban-Sud, alors que le front du Golan reste calme?”, il a répondu: “Point n’est besoin que tous les fronts arabes s’embrasent en même temps.
“Les Syriens ne cessent de combattre Israël au Liban et le sang de leurs soldats a arrosé la terre de ce pays frère où ils ont eu près de six mille martyrs et perdu des dizaines d’avions de combat”.
Autre question: Que veut exactement la Syrie du Liban?
Réponse: “Notre principale préoccupation est que le Liban consolide sa position en tant qu’Etat indépendant, libre et souverain. Ainsi, il ne servirait pas de lieu de passage ou de base à ceux qui chercheraient à comploter contre la Syrie... Nous sommes un même peuple vivant dans deux Etats”... Le président Assad ne cesse de le répéter.
Interrogé sur le point de savoir quel sera l’ordre du jour des entretiens que le Premier Syrien aura avec son homologue libanais lors de sa visite au palais de Baabda, M. el-Chareh réplique: “Point n’est besoin d’un ordre du jour. Entre deux pays comme les nôtres n’ayant pas de problèmes complexes à débattre et à résoudre - comme c’est le cas, par exemple, entre la Syrie et la Turquie - toutes les questions peuvent faire l’objet d’un échange de vues. Disons qu’il s’agira entre les présidents Assad et Hraoui d’un ordre du jour ouvert.
“En fait, quand ils se retrouvent entre eux, Libanais et Syriens parlent de leurs obsessions et de leurs craintes... Etant en contact presque quotidien, ils savent quels problèmes doivent être discutés, ce que le Liban peut donner à la Syrie et vice-versa.
“En vérité, nous offrons un modèle par excellence des relations et de la coopération les plus parfaites que deux Etats peuvent entretenir. Ceux qui doutent de ces relations surtout au plan économique, ignorent tout de l’économie libanaise et syrienne qui sont complémentaires l’une de l’autre... Lorsque le gouvernement de Khaled el-Azem avait proclamé dans les années quarante la rupture entre le Liban et la Syrie, notre pays avait le plus pâti de cette mesure autant inopportune qu’injustifiée”.
Cependant, il faut craindre, à présent, une polémique que déclencheraient les détracteurs de l’union économique avec la Syrie, la réduction des taxes douanières - décidée la semaine dernière par le président Assad - étant considérée comme un prélude à cette union... 

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