FADIA EL-HAGE: UN ASTRE NOUVEAU DANS LE CIEL DE BAALBECK

L’Ensemble Sarband ayant comme soliste Fadia El-Hage avec le Jugendchoir d’Osnabruck s’est produit dans le temple de Bacchus, dans le cadre des manifestations du Festival de Baalbeck avec un programme de musique médiévale dédié à l’Europe, sans omettre la période où l’invasion arabe avait influencé la musique ibérique.
Cette soirée a été, certes, un des grands moments du Festival sans dénigrer toutefois les mérites de celles qui l’ont précédée.
Il m’est très agréable de noter l’intérêt de faire connaissance avec la musique vocale et les instruments anciens de cette période médiévale admirablement ressuscitée et reconstituée dans une présentation éclectique par le Dr Ivanoff, dirigée par Johannes Rahe et, surtout, de découvrir un talent artistique qui a, à son actif, plus de 200 concerts en Europe et qui jusqu’alors n’avait pas reçu la consécration qu’il méritait au Liban: je nomme Fadia El-Hage.
En effet, ce mezzo soprano a une présence scénique hors du commun se concrétisant par un don vocal naturel: timbre chaleureux et riche, doublé d’une technique lui prodiguant souplesse et flexibilité afin de modeler avec goût et raffinement un phrasé spontané et généreux, ce tout transportant dans une euphorie, caractéristique des grands interprètes.
Le background culturel de cette dame est un plus à sa musicalité qui est un don du ciel et ne s’acquiert dans aucun conservatoire.
Je marquerai d’une pierre blanche sa modestie qui, malgré son triomphe personnel, a voulu le partager avec Dr Ivanoff, Sarband et son maître, Toufic Succar.
Mon admiration va au comité du Festival de Baalbeck d’avoir fait un choix aussi heureux en nous révélant l’autre soir un talent libanais aussi prestigieux accompagné par un Ensemble dont la réputation est déjà outre-Atlantique.
Certes, cette cantatrice est une des richesses artistiques encore ignorées dans ce pays et ce soir du 7 août, une étoile de plus avait brillé dans le ciel de Baalbeck.
RAÏF ABILLAMA

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