Saturnale

Par MARY YAZBECK AZOURY  
POURQUOI LEWINSKY A-T-ELLE GARDÉ “LA ROBE”?
Mises à part toutes les considérations morales, politiques, humaines, juridiques, etc... on se demande pourquoi une jeune femme qui a eu des relations “non convenables” avec le président des USA a gardé la robe “dans l’état”?
Ne serait-ce que justement, elle avait bien calculé au fond de sa mémoire qu’elle pourrait un jour s’en servir?
Une personne du genre Lewinsky ne semble pas être assez sentimentale pour avoir voulu garder cela comme un souvenir cher à son cœur...
Donc, si elle a gardé “une preuve” c’est bien parce qu’elle voulait s’en servir matériellement... politiquement. Tout cela ressemble à une énorme farce qui pencherait vers le ridicule plutôt que vers le tragique.
Est-il vraiment choquant qu’un président relativement jeune, beau, agréable, ait une ou des aventures extra-conjugales? Ne serait-ce pas l’inverse qui le serait?
Un parjure? Un mensonge? etc... etc... Depuis quand les hommes politiques sont-ils des modèles de pureté, de sainteté, de fidélité et d’abnégation?
Qu’on aille le demander aux hommes politiques arabes et, en particulier, aux Libanais.
Conclusion: “Beaucoup de bruit pour rien”.
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EN POLITIQUE, “CONFESSION” N’EST PAS “ABSOLUTION”
On dit qu’une bonne confession, vaut mieux qu’une mauvaise excuse.
On dit aussi que faute avouée est à moitié pardonnée...
On dit aussi qu’en politique, “confession n’est pas absolution” etc... etc...
Mais il semble que chez les WASP (White Anglo Saxon Protestant), on ne plaisante pas avec les actes de chair. Plus puritain qu’eux, on meurt.
Il y a une chanson (je ne sais plus laquelle) qui dit: “quand elle avait bien embrassé, elle allait se confesser et puis elle recommençait...”
Il est évident que le but de la confession n’est pas simplement de se soulager la conscience, mais bien de prendre “la ferme résolution de ne plus recommencer”.
Mais c’est là le paradoxe et la beauté du catholicisme: il laisse la porte ouverte à la compréhension, au pardon, à l’amour.
Je ne suis pas docteur en théologie, mais je trouve quand même formidable, ce don de l’absolution, de la contrition et... de la chute, car l’erreur est humaine.
C’est cela (en partie sans doute) le génie du catholicisme.
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OFFENSE AU PRÉSIDENT
La loi française protège le président de la République, d’une manière bien plus subtile que son homologue américain.
Quel est le protocole français eu égard au président de la République en cours de mandat?
(On parle ici de la France parce que le Liban s’est inspiré de nombre de lois françaises).
Que définit-on en France “Offense au président”?
Le délit de Presse en France (art. 26 de la loi du 29-2-1981) concerne la personne du président et non les fonctions du chef de l’Etat.
Tant que les actions privées du chef de l’Etat ne portent pas préjudice à sa fonction publique, la Presse ne peut publier ce qu’elle sait au sujet de la vie strictement personnelle du chef de l’Etat (comme dans le cas Mitterrand où tout le monde connaissait par ouï-dire son aventure extra-conjugale).
L’offense, en l’occurrence aurait été de s’attaquer à la personne privée du président, tant qu’elle ne porte pas atteinte à la sécurité de l’Etat ou au bon fonctionnement des institutions.
“OUTRAGE”, au président a une définition plus large que l’offense. Il peut être non public, ou perpétré autrement que par écrit ou par parole (gestes ou envoi d’objets).
Par contre, critiquer le chef de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions, faire des caricatures, le parodier ne consistent pas en des offenses ou outrages.
Les Français sont très sensibles à cette liberté et c’est l’opinion publique française qui serait outragée si un président s’offusquait de quelques critiques ou caricatures.
Quant au Liban?... No comment.
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BIENHEUREUX LE FRANÇAIS
Alors qu’on discute encore au Liban au sujet de la malheureuse échelle des salaires, qu’en est-il dans d’autres pays.
Tout d’abord, disons qu’au Liban, le fond du problème n’est pas véritablement l’absence de budget.
L’argent, on sait où le trouver... quand on veut le trouver. C’est la volonté politique qui est absente.
Ceci étant, comparons un peu ce qui se passe dans les pays civilisés et au Liban qui prétend avoir inventé la civilisation (Dans ce cas, il s’est empressé de l’oublier).
Au cours d’une émission sur une chaîne étatique française, un programme présentait les “exclus” de la société française.
Parmi certains cas vraiment pitoyables, une femme d’une quarantaine d’années explique pourquoi elle se sent exclue. Elle est au chômage depuis plus d’un an, mais elle reçoit 4.800 fr. par mois (environ 800 dollars US); ses enfants vont à l’école communale gratuite, elle reçoit quelques bons de cantine (mais pas assez pour tout le mois) donc elle doit leur donner des sandwiches, alors qu’elle aurait préféré leur faire servir un repas chaud; elle reçoit des coupons alimentaires, donc elle peut faire ses achats, mais là son ego s’en plaint. Elle reçoit de la mairie des billets gratuits de cinéma, mais ce ne sont pas toujours les films auxquels veulent assister les enfants; puis, surtout la grande exclusion consiste, que bien qu’elle puisse envoyer gratuitement ses enfants dans un centre aéré, elle aurait préféré (ainsi qu’eux-mêmes) avoir des vacances payées au bord de la mer... Voilà comment on peut être exclu en France et être écouté sérieusement par les autorités présentes (un ministre et un député).
Au Liban, comment peut-on être exclu?
Le problème est bien autre. L’exclusion est différente. Ici, la personne qui ne travaille pas, n’a droit à rien, sauf à quelques gestes généreux d’œuvres caritatives. L’Etat et le gouvernement ne sont pas concernés... Pas d’allocation chômage!
D’ailleurs, ils ne sont pas concernés même quand on travaille. Quel est le ministère concerné qui fait des inspections dans les établissements privés pour voir un peu comment cela se passe?
Quel est l’ouvrier, l’employé, le salarié qui pourrait se plaindre auprès d’un ministère, d’un syndicat, sans qu’il ne perde son travail le lendemain?
Au Liban, qui est le parent isolé ou seul qui est exonéré de certaines taxes?
On pourrait continuer longtemps la litanie.
Tout ce que l’on peut dire c’est “Bienheureux le Français qui ne connaît pas son bonheur!”
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