L'APRES-DIANA

Le domaine d’Althorp - où repose la princesse de Galles - a ouvert le 1er juillet ses portes à des milliers de “pèlerins” autorisés à entrer de plain-pied dans “l’été Diana”, jalonné de commémorations, du 1er juillet, jour de sa naissance, au 31 août, date de sa mort tragique à Paris.

“Diana-land”, “Diana-business”, “Diana-mania”: le souvenir sera décliné longtemps dans l’espoir - sincère ou mercantile - de recréer l’immense ferveur qui a saisi le royaume en septembre dernier.
La gestion de l’héritage est au moins aussi controversée que l’existence de la jeune femme, qui aurait fêté ses 37 ans. Même si l’establishment et la famille royale s’emploient à gommer les aspérités. Notamment celles qui ont trait à la vie amoureuse de Diana, morte au côté de son ultime compagnon, Dodi al-Fayed, ou à ses démêlés avec les Windsor.
Près de 2.500 privilégiés ont passé les grilles de la demeure ancestrale des Spencer, à 120 km de Londres, pour visiter le musée aménagé à grands frais par le frère de la défunte. Au nombre des “reliques” exposées, un uniforme d’écolière, une couronne, des robes princières...
152.000 visiteurs au total sont attendus, moyennant un droit d’entrée de 9,50 livres (15,20 dollars).
La presse populaire entretient des relations pour le moins tendues avec Charles Spencer, qui l’a accusée, elle et ses paparazzi, d’avoir “du sang sur les mains”. Elle s’interroge, aujourd’hui, sur le profit du “Diana-land”, alors que le comte s’est engagé à reverser à des œuvres charitables “un minimum de 10%” des recettes.
Cette même presse n’a pas ménagé ses critiques au Fonds Diana, qui a recueilli quelque 70 millions de livres en dix mois et n’en a guère reversé que 14 à ce jour, au profit de causes chères à la défunte. Il vient d’annoncer une nouvelle contribution de 500.000 livres à 10 œuvres caritatives.
Son nouveau président, Andrew Purkis, déplore que le Fonds “ait provoqué de trop nombreuses polémiques” et promet de faire preuve de plus de discernement à l’avenir dans le choix des produits “labelisés”.
La signature de la princesse sur des barquettes de margarine et des cartes à gratter, a défrayé la chronique, au printemps. Mais si une marque de déodorant et un fournisseur de compost ont été récemment éconduits, l’autorisation d’un ourson en peluche pourpre a été diversement appréciée.

UNE POUPÉE DIANA...
Accusée, la pompe à finances officielle poursuit en justice les “vautours”, telle la société américaine Flanklin Mint, qui prétend commercialiser une poupée Diana de style Barbie en tenue anti-mines.
Les princes orphelins Harry et William, ainsi que le Premier ministre Tony Blair, ont condamné le mercantilisme. Mais les bibelots kitsch se sont multipliés à l’approche de l’été: soucoupes, verres, T-shirts, bustes en marbre proposés pour 399 dollars sur Internet, représentent un marché de plusieurs centaines de millions de livres.
Des centaines de copies du testament ont été vendues. Le manuscrit de “Candle in the Wind”, la rengaine réécrite par Elton John pour les obsèques, les plus belles robes et la vieille Ford-Escort offerte par le prince Charles à sa fiancée, ont été mis aux enchères. Une agence touristique propose la tournée des hauts lieux londoniens diananesques, avec arrêt devant son club de gym.

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