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Israël
avait menacé de s’attaquer à nos infrastructures (réseaux
hydrauliques et électriques notamment), chaque fois qu’un solfat
de “Tsahal” était tué dans la “zone de sécurité”
Or, l’Etat hébreu lui-même multiplie ses raids et après
l’attentat contre un responsable militaire de “Amal”, Houssam el-Amine
(notre photo) au caza de Tyr, des dizaines de Katiouchas ont été
lancées sur Naharia et Kyriat Shmona... rendant caduc “l’arrangement
d’avril” 96. Le groupe de surveillance de la trêve est-il en mesure
d’éviter le pire?
En plus du blocage du processus de paix depuis plus d’un an et demi, Israël par la voix de deux de ses responsables, menace “d’attaquer les infrastructures et les intérêts économiques du Liban, à titre de représailles contre les opérations de la résistance”. Ces menaces proférées par deux membres du Cabinet Netanyahu, en l’occurrence, Avigdor Kahalani, ministre de la Sécurité intérieure et Uzi Landau, président de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, seront mises à exécution chaque fois qu’un soldat israélien est tué au Liban-Sud. Ils ont insinué que nos réseaux électriques, hydrauliques et des transports seraient, dans ce cas, la cible des attaques de “Tsahal” par voies aérienne, terrestre et maritime. Ainsi, devant la crainte de voir l’Etat hébreu exploiter le climat résultant des frappes aériennes américaines contre des bases de terroristes au Soudan et en Afghanistan, pour déclencher des opérations intensives contre notre pays, Beyrouth a relancé Paris et Washington, demandant leur intervention aux fins d’empêcher notre voisin du Sud de mettre ses menaces à exécution. Il nous revient qu’au cours de ses entretiens avec son homologue iranien à Téhéran, le chef du Quai d’Orsay est tombé d’accord avec le chef de la diplomatie iranienne en vue d’une action visant à apaiser la tension au Liban-Sud, comme les deux pays l’avaient fait, précédemment pour éviter l’escalade. Reste à savoir s’ils en ont la possibilité. Il y a lieu de relever, à ce propos, que toute attaque contre nos infrastructures et nos intérêts économiques signifierait la dénonciation par Israël des arrangements découlant de “l’accord d’avril 96”. On serait, alors, en droit de s’interroger sur ce que ferait le groupe chargé de surveiller la trêve à laquelle le Liban et Israël avaient abouti à la suite du massacre de Cana et que Tel-Aviv viole à longueur de temps. En fait, les Libanais se demandent si le groupe de surveillance en question est en mesure de faire œuvre utile et s’ils peuvent compter sur cet organisme pour espérer jouir de la sécurité dans la région méridionale! Ils se sont posé la même question par rapport à la mission confiée à la FINUL depuis tant d’années, sans recevoir une réponse convaincante. Il s’est avéré jusqu’ici que tant le groupe de surveillance de la trêve que les Casques Bleus, étant donné les moyens très peu dissuasifs dont ils disposent, jouent contre leur gré le rôle de “faux témoin” et ont tout juste la possibilité de prendre note des violations à l’accord d’avril 96... En déplorant l’escalade de la violence au Liban-Sud et ailleurs dans le monde - allusion aux attentats de Nairobi et de Dar es-Salam et à la riposte américaine effectuée au Soudan et en Afghanistan - S.Em. le cardinal Sfeir a insisté sur la nécessité de préserver les droits des peuples et de leur faire bénéficier de la justice due à tout être humain... De plus, il a appelé “à recourir au dialogue sincère et constructif pour régler les conflits”. Dans l’état actuel des choses, il faut craindre que l’appel de l’éminent prélat produise l’effet d’un cri dans le désert... |