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Après
“Bibi”, le président Ezer Weizman pose des conditions au retrait
israélien de la “zone de sécurité” et de Cisjordanie.
Et ces conditions rédhibitoires auxquelles Libanais et Palestiniens
ne peuvent souscrire, rendent tout accord avec l’Etat hébreu difficile
à réaliser. Le statu quo est donc appelé se perpétuer
longtemps encore. Du côté du Golan, Tel-Aviv laisse espérer
une éventuelle évacuation - en contrepartie, naturellement,
de certaines conditions - tout en décidant d’y élargir les
colonies de peuplement, ce qui explique la visite inopinée du chef
de la diplomatie syrienne, mardi dernier, à Paris...
Alors que les résolutions du Conseil de Sécurité, relatives au Liban-Sud, (dont la 425 votée en 1978), étaient restées lettre morte, Netanyahu s’en est rappelé, subitement, vingt ans après. En promettant d’appliquer la 425 “sous conditions”, l’une de ces dernières exigeant en contrepar-tie de l’évacuation de “Tsahal” de la région frontalière, des ar-rangements de sécurité auxquels le Liban refuse de souscrire. Le chef de l’Etat israélien, Ezer Weizman qui insistait, prédé-cemment, sur le retrait du Sud libanais, sans poser de condi-tions, s’est ravisé, cette semaine. S’adressant à une délégation représentant les familles de soldats en poste dans la “zone de sécurité”, il s’est prononcé, lui aussi, contre un retrait “inconditionnel” du Liban. M. Weizman rallie le Premier ministre et réclame, à présent, des mesures de sécurité avant le rapatriement des forces israéliennes, afin de préserver les kibboutzim au Nord d’Israël. Ainsi, les responsables de l’Etat hébreu posent chaque fois des conditions rédhibitoires, pour torpiller tout accord sur le retrait de leurs troupes du territoire libanais. Le même scénario est adopté par “Bibi” en Cisjordanie. En effet, pour la première fois, Netanyahu a fait un petit pas vers l’acceptation de la proposition de compromis américaine sur un retrait israélien (de 13,1%). Mais son porte-parole s’empressait de poser “certaines conditions”, l’une d’elles plaçant les affaires de sécurité sous le contrôle de l’armée israélienne sur 3 des 13,1%, ces 3 pour cent devant rester une région vide d’habitants - un no man’s land - et déclarée réserve naturelle. Les Palestiniens ne pourraient pas déployer une force de police dans cette zone, ni délivrer des permis de construire, ceci étant du ressort exclusif des autorités israéliennes. Fait à souligner: la décision relative au retrait devrait être entérinée, “selon la procédure démocratique”, c’est-à-dire par le gouvernement et la Knesset. Ce qui pose plus d’une entrave difficile à aplanir... Autre condition: Netanyahu exige la convocation du Conseil national palestinien (CNP), aux fins d’abroger les clauses de la charte palestinienne appelant à la destruction de l’Etat d’Israël, comme préalable à un redéploiement militaire. Le Premier ministre israélien croit berner l’opinion publique et s’il a la mémoire courte, la communauté internationale n’oublie pas que les six-cents membres du CNP avaient déjà annulé, en mai 1996, les clauses mentionnées de la charte. Troisième condition: “Bibi” exige de l’Autorité palestinienne “de lutter sans merci contre les organisations terroristes”. Cela avait gelé les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, bien que Abou-Ammar avait accepté la proposition américaine (de 13,1%), pourtant très inférieure à ce qu’il réclamait. L’acceptation de cette proposition, sous conditions, n’a pas trompé Washington qui a minimisé l’importance de la nouvelle prise de position israélienne, disant “qu’elle n’apportait rien de nouveau... et qu’il ne fallait pas s’exciter”... Même la capitale fédérale et on la comprend, doute maintenant de la crédibilité des Israéliens et découvre, un peu tard, leur politique louvoyante faite de duplicité et de faux-fuyants... |