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APRES LES FRAPPES AERIENNES US, LA PAIX AU P.-O. SERIEUSEMENT COMPROMISE
 
L’escalade de la violence au Proche-Orient - en Afrique où les attentats à l’explosif de Nairobi et de Dar es-Salam ont entraîné des représailles US en Afghanistan et au Soudan - compromet, sérieusement, le processus de paix dans notre région. Aussi, Le Caire s’est-il hâté de se concerter avec Damas sur la nécessité de consolider la solidarité interarabe. Ceci a constitué la teneur du message du président Hosni Moubarak que M. Amr Moussa a transmis lundi au président Assad (notre photo).
Les frappes aériennes des Etats-Unis ayant eu pour cible, la semaine dernière, ce que Washington appelle “les repaires du terrorisme international” au Soudan et en Afghanistan, peuvent se retourner contre l’Amérique comme un boomerang.
D’autant que les USA ont entrepris leurs opérations de représailles, suite aux attentats perpétrés contre leurs ambassa-des à Nairobi et Dar es-Salam, sans obtenir le feu vert du Conseil de Sécurité, en mettant leurs alliés européens devant le fait accompli, ce qui place ces derniers dans une situation embarrassante.
En effet, les Etats ayant ap-plaudi à l’initiative américaine - même par complaisance - peuvent figurer sur la liste des pays dont les intérêts sont directement visés par les groupes terroristes opérant à l’échelle planétaire.
D’ores et déjà, Israël a renfor-cé la garde de ses missions diplomatiques à l’étranger et de ses colonies de peuplement à l’intérieur, surtout que le gou-vernement d’extrême-droite a résolu d’élargir les limites de Jérusalem, tout en construisant de nouveaux kobboutzims sur les hauteurs du Golan.
Les Etats membres de la Ligue arabe qui étaient réticents, jusqu’ici, à la tenue d’un sommet élargi, se disent maintenant disposés à y prendre part. Et ce, à l’effet de dénoncer la politique US. De fait, et ainsi que l’a observé le général Moustapha Tlass, ministre syrien de la Défense, “la Syrie, l’Egypte, l’Arabie séoudite et l’Etat des émirats arabes unis considèrent ce qu’accomplit l’Amérique comme étant dirigé contre la nation arabe”.
Son homologue libanais, Mohsen Dalloul clamait diman-che au cours de sa conférence de presse hebdomadaire dans la Békaa: “L’Amérique est le plus grand protecteur du terrorisme et cherche à humilier tout ce qui est arabe, alors qu’Israël agit à sa guise et selon son bon plaisir dans la région, sans jamais recevoir la moindre remontrance de Washing-ton... Et de plus, elle s’acharne sans motif valable contre l’Irak, la Libye et maintenant contre le Soudan” (sic).
Plusieurs membres de l’Assemblée s’interrogent sur les raisons qui portent une grande puissance comme l’Amérique à ne pas réagir au torpillage du processus de paix, dont elle prétend être le parrain!
Alors que la même Amérique ne cesse d’affamer le peuple irakien et d’occasionner chaque mois la mort de centaines de nouveau-nés par le maintien de son blocus depuis plus de huit ans, alors que Bagdad s’est conformé aux résolutions du Conseil de Sécurité et a renoncé à ses visées territoriales du côté du Koweit!
Ainsi, l’hostilité à l’Amérique dans les Etats arabes même les plus modérés risque de s’intensifier, preuve en est que les pays membres de la Ligue paraissent maintenant acquis à la convocation du sommet. Le message du président Hosni Moubarak que le chef de la diplomatie égyptienne a transmis dimanche au président Hafez Assad est, sans nul doute, en rapport avec la tenue d’une conférence urgente des souverains et chefs d’Etat, celle-ci devant débattre de la conjoncture régionale et, surtout, de l’avenir de la paix dans cette région du globe sérieusement compromise par les développements survenus à l’échelle mondiale...
Plusieurs experts américains n’ont-ils pas affirmé que “les frappes militaires contre la Soudan et l’Afghanistan constituent un nouveau coup porté au dialogue israélo-palestinien et un risque certain pour le processus de paix?”. 

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