

CONTRIBUTION À LA RECONSTRUCTION
- Les entreprises japonaises contribuent-elles, dans quels domaines
et secteurs, à la reconstruction des régions libanaises dévastées
par la guerre ou à la remise en état de nos infrastructures?
“Le gouvernement japonais a élargi ses engagements en accordant
des prêts en yen de l’ordre de 100 millions de dollars pour le financement
de projets visant à contrôler la pollution de la mer et l’approvisionnement
en eau. Le premier pas pour ce projet sera entamé en automne 1998.
Au cas où une société japonaise reçoit l’ordre
de l’exécution de ce projet, elle sera la première à
participer à la reconstruction du Liban.
“Vu que le gouvernement japonais va élargir le prêt et
prendre la décision de financer d’autres projets de reconstruction
au Liban, de plus en plus bien des sociétés japonaises participeront
au processus.”

CAUSE D’UNE DÉFAITE
- Comment expliquer la défaite du parti gouvernemental et
la victoire du parti libéral démocrate aux dernières
élections?
“Le gouvernement de Hashimoto ne pouvait pas éviter la faillite
économique, l’économie s’étant altérée
durant les cinquante dernières années.
“M. Kan, du parti démocrate, proposa une nouvelle politique
basée sur le populisme qui reste encore à tester. Les électeurs
ont donc opté pour le parti démocrate pour stimuler la politique
du Japon.”
- Les milieux économiques japonais ont réclamé
un “homme à poigne” à la tête du Cabinet, après
la démission de M. Hashimoto, M. Obuchi, chef de la diplomatie est-il
cet homme? On dit de lui que c’est un “homme de consensus” capable de rechercher
des compromis avec l’opposition conservatrice et, partant, de faire avancer
les réformes?
“Dans l’Histoire japonaise, “l’homme à poigne” a été
un homme de consensus et M. Obuchi est l’un d’eux. Dans la politique japonaise,
les leaders politiques ont prévu d’établir un consensus pour
persuader les partis d’opposition d’assumer les responsabilités
des décisions politiques qui seront formulées par les bureaucrates
et approuvées par le Cabinet. Il n’est pas sûr que ce processus
de décision peut être efficace dans le climat politique japonais
actuel. Le processus traditionnel pour formuler le consensus est la voie
la plus sûre pour changer le Japon, même si cela devait prendre
plus de temps pour opérer le changement que souhaitent les Japonais.”
DYNAMISER L’ÉCONOMIE NATIONALE
- Le Japon est confronté, dit-on, à des défis
graves et à des options vitales pour son avenir. Quel serait l’ordre
des priorités par rapport aux problèmes à résoudre?
“Premièrement, il est très important de revitaliser
l’économie japonaise. Pour cela le gouvernement a adopté
une série de mesures, dont le renforcement des banques et des institutions
financières par l’injection de capitaux publics de l’ordre approximativement
de 240 billions de dollars, en arrêtant ou en diminuant les entrées
de fonds, les produits et les autres taxes approximatifs de 16 billions
de dollars.
“Le nouveau gouvernement s’est engagé à prendre davantage
de mesures nécessaires. Le système japonais dans l’administration
des finances, de l’assistance/sécurité, de l’éducation
et d’autres domaines, utilisé pour bien travailler relativement
dans les cinq dernières décades, est maintenant soumis à
un examen fondamental et à une réforme pouvant dynamiser
la totalité du système pour la préparation de l’avènement
du XXIème siècle.
“Parmi les problèmes que nous confrontons, je citerai les suivants:
1) Comment réformer les institutions bancaires qui ont des prêts
non performés résultant des investissements optimistes durant
la période de 1980?
2) Comment dérégulariser les activités économiques
afin de renforcer les initiatives au secteur privé?
3) Comment améliorer la créativité dans les écoles
d’enfants?
4) Comment améliorer notre santé et le bien-être
dans notre société qui compte beaucoup de personnes âgées?
“Tous ces problèmes exigent notre attention et nous stimulent.”
“Le Japon possède des industries de base très fortes
comme les industries de haute technologie. L’industrie automobile réalise
des pourcentages d’épargne élevés qui peuvent être
mobilisés pour des investissements et possède, également,
une main-d’œuvre bien instruite et bien entraînée. Mes prévisions
sont optimistes: le Japon va revenir sur le marché de la concurrence.”
- La Corée du Sud a invité vingt compa-gnies étrangères
- japonaises notamment - à racheter “Kia Motors”. Tokyo réagira-t-il,
positivement, à cet appel?
“Je comprends que Mazda, depuis des années, a établi
des relations de coopération avec Kia, mais Mazda a ses propres
problèmes et je crains qu’elle ne puisse pas aider la Kia; c’est
assez difficile.”
TOKYO ET LE CONFLIT ISRAÉLO-ARABE
- Quelle est la position de Tokyo envers la crise israélo-arabe
et, surtout, les mesures arrêtées par Tel-Aviv pour judaïser
Jérusalem? Le gouvernement japonais peut-il jouer quelque rôle
dans l’opération de paix au Proche-Orient pour la sortir de l’impasse?
“Tokyo avait déjà apporté son appui à la
position arabe au processus de paix. En ce qui concerne la décision
des Israéliens d’approuver un plan étendant l’autorité
municipale de Jérusalem, le gouvernement japonais la regrette, car
elle affecte, négativement, le processus de paix qui passe par une
étape critique.
“Le Japon est profondément intéressé à
cette question et a déjà joué un rôle important
dans la coopération multilatérale pour promouvoir le développement
régional. Pour les Palestiniens, le gouvernement japonais a consenti
une donation de 350 millions de dollars, le plus grand montant d’aide accordé
par un seul pays.
“Le Japon désire contribuer au processus de paix à travers
le dialogue avec les parties concernées, encourageant les circonstances
favorables pour aboutir à une paix juste et compréhensive.”
RELATIONS SINO-AMÉRICANO-NIPPONES
- Quelle est la réaction des autorités japonaises
à l’expansion de l’Otan vers les pays de l’Est?
Comment ont-elles réagi au rapprochement entre la Chine et les
Etats-Unis, concrétisé par la récente visite du président
Clinton à Pékin?
“Le Japon n’a aucune raison d’être mécontent de l’expansion
de l’Otan vers les pays de l’Est qui sont arrivés à un accord
avec cette organisation.
“Le gouvernement japonais accueille favorablement les nouvelles relations
formées entre les Etats-Unis et la Chine, les deux pays étant
d’une grande importance pour le Japon.
“Une meilleure compréhension entre les Etats-Unis et la Chine
est bénéfique au Japon pour renforcer ses relations bilatérales
avec chacun de ces deux pays. De même, ceci peut réduire les
doutes possibles éprouvés par chacun d’eux pour une relation
plus profonde du Japon vis-à-vis de l’autre partie.”
- Quel est votre meilleur souvenir de diplomate?
“Quand j’étais à l’ambassade de Pékin, de février
1979 à août 1981, Deng Xiao Ping a détrôné
Hua-Guo-Feng qui a été nommé comme héritier
de Mao-Tsé Tung par Mao lui-même. Il a commencé à
moderniser l’économie en y introduisant quelques éléments
du mécanisme du marché et ouvrant de nouvelles relations
avec les pays industrialisés.
“A la demande du gouvernement chinois, le gouvernement du Japon a commencé
à financer plusieurs projets de modernisation en Chine. J’ai participé
dès le début à toutes les négociations entre
les deux gouvernements, tout en connaissant totalement le sens et la portée
historique de la Chine moderne, ainsi que des relations sino-japonaises.
Cette assistance économique japonaise a contribué, grandement,
au démarrage de l’économie chinoise dans les années
80. Je suis très heureux du progrès remarquable de l’économie
chinoise, réalisé au cours des vingt dernières années.”