Ceci a provoqué une riposte de la part de la Résistance
qui a lancé des dizaines de katiouchas sur le nord d’Israël.
S’agit-il d’une ingérence israélienne dans l’échéance
présidentielle, visant à perturber la situation intérieure?
Israël accuse “Amal” d’intensifier ses opérations contre
“Tsahal” depuis près d’un an et lui fait assumer la responsabilité
de la mort de cinq de ses soldats à Wadi Slouki depuis quelques
mois. Il précise que l’attentat contre el-Amine a été
exécuté par décision du conseil ministériel
restreint de l’Etat hébreu.
Le pilonnage du Sud et de la Békaa ouest s’est soldé
par sept blessés, en plus de la mort de Houssam el-Amine, alors
que douze personnes ont été blessées en haute Galilée,
suite aux tirs de “Amal” et du “Hezbollah”.
Cette tragique évolution ayant entraîné la coupure
du courant électrique dans toutes les colonies de peuplement dans
le nord d’Israël, de l’aveu des responsables, a contraint les colons
à passer la nuit de mercredi à jeudi dans les abris. Et ce,
suite à l’agression israélienne perpétrée contre
une position des forces arabes syriennes à Machghara, ce qui a fait
dire au président Hraoui en Conseil des ministres: “Il s’agit de
ballons d’essai politiques auxquels Netanyahu nous a habitués, en
vue de semer le trouble dans le pays.”
BERRI EXPRIME SES CRAINTES
Au cours des jours précédents, le président Nabih
Berri avait exprimé ses craintes d’un nouveau recours de l’ennemi
israélien à l’escalade. Selon certains renseignements, M.
Berri était personnellement visé et ses proches lui ont conseillé
de quitter Msaileh. Mais il a préféré rester parmi
les Sudistes.
De son côté, le président Hariri, tout en qualifiant
la situation au Liban-Sud d’inquiétante, a reçu des assurances,
selon lesquelles “le Liban ne ferait pas l’objet d’une agression d’envergure.”
En ce qui concerne la “trêve” observée entre les présidents
de l’Assemblée et du Conseil, des députés ayant conféré
mercredi avec le président Berri, lui ont attribué des propos
dont il ressort “qu’aucun conflit personnel ne l’opposait à M. Hariri.”
Quant à la convocation de la Chambre en session extraordinaire,
le chef du Législatif précise qu’une tendance se dessine
en vue de maintenir le parlement en session permanente, les sessions extraordinaire
et ordinaire ne suffisant pas à examiner et ratifier les nombreux
projets déposés sur le bureau de la Chambre. M. Najah Wakim,
député de Beyrouth, qui avait eu une longue entrevue au début
de la semaine avec M. Berri, mettrait au point une proposition portant
amendement de la loi relative à la convocation de l’Assemblée.
QUID DE LA RÉVISION DE L’ARTICLE 49?
D’autre part, des parlementaires ont rapporté, à l’issue
d’un entretien avec le chef du Législatif, que l’échéance
présidentielle commencera à courir le 24 septembre, pour
prendre fin le 23 octobre, date d’expiration du mandat présidentiel.
Entre ces deux dates, le président de la Chambre a le droit
de convoquer cette dernière à élire un nouveau président
de la République. Cependant, des sources parlementaires craignent
que le président Hariri s’emploie à torpiller le quorum,
afin de provoquer la vacance de la première présidence, pour
assumer, avec son gouvernement, les charges présidentielles, en
vertu de l’article 62 de la Constitution.
Par ailleurs, M. Berri paraît maintenant acquis à l’idée
d’élire le chef de l’Etat au suffrage universel, pour avoir le droit
de dissoudre le parlement, selon une procédure simplifiée.
Quoi qu’il en soit, la tendance sous l’hémicycle est en faveur
de l’élection d’un président fort, au niveau de l’étape
présente.
Dans ce contexte, on présume qu’il sera procédé
à la révision de l’article 49 de la Constitution (dans ses
deux paragraphes) afin de permettre aux fonctionnaires de la première
catégorie de poser leur candidature à la magistrature suprême.
Cela dit, on s’attend que la trêve entre les deuxième
et troisième présidences se perpétue, jusqu’au 10
septembre, surtout après la rencontre du président Berri
à Bloudane, avec M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien,
en présence des généraux Ibrahim Safi et Ghazi Kanaan,
respectivement commandant et chef des S.R. des forces syriennes stationnées
en territoire libanais.
D’après des milieux informés, M. Khaddam a conseillé
“d’examiner tous les sujets litigieux avec un esprit d’entente dans l’intérêt
du Liban et de son peuple.”
LA SITUATION AU SUD
Au cours du dîner qu’il a offert samedi dernier en l’honneur
de la Presse, en sa résidence de Msaileh, le président Berri
a paru satisfait de la situation intérieure, mais préoccupé
par l’évolution de la conjoncture régionale et internationale,
surtout que cette nuit-là, on signalait un branle-bas de combat
de la part d’Israël.
M. Berri n’a pas fait allusion de sa brouille avec M. Hariri. En revanche,
M. Mohamed Abdel-Hamid Beydoun, proche du chef du Législatif, a
de nouveau pris violemment à partie le chef du gouvernement, sans
le citer nommément. Ceci a porté les observateurs à
déduire que la rencontre Khaddam-Berri n’avait résolu que
la moitié du problème.
D’aucuns pensent que l’interview télévisée du
président Hariri, vendredi dernier, au cours de laquelle celui-ci
a évoqué des points particulièrement délicats,
en rapport avec son maintien à la présidence du Conseil,
peut avoir indisposé le camp du président Berri, celui-ci
estimant que le Premier ministre veut le mettre au pied du mur.
Toujours est-il qu’en ce qui a trait aux élections présidentielles,
les présidents de l’Assemblée et du Conseil évitent
d’étaler leurs cartes. Ils attendent, sans doute, pour prendre position
le sommet libano-syrien dont la date serait proche, si l’on en croit le
ministre de l’Intérieur.
Maintenant que le projet relatif à l’échelle des salaires
est mis au rancart jusqu’au futur régime, on s’attend que les présidentiables
commencent à se déclarer au cours de la semaine à
venir, M. Boutros Harb, député de Batroun, ayant été
le premier à annoncer sa candidature.
D’après les milieux politiques et parlementaires, il faut s’attendre
à plusieurs candidats, afin d’impliquer à l’élection
présidentielle un cachet démocratique.
Mais si le choix du futur chef de l’Etat paraît tranché
à l’avance, surtout si les “décideurs” ont déjà
fixé leur option - la constitution du premier Cabinet du prochain
régime s’annonce, d’ores et déjà, malaisée.
En effet, si M. Hariri est chargé de former le nouveau gouvernement
- comme cela semble être le cas - celui-ci voudrait exclure de l’équipe
gouvernementale les représentants des partis ou, tout au moins,
restreindre au maximum la représentation de ces derniers.
PRIORITÉ AU FRONT INTÉRIEUR
Quant au président Berri, soutenu par l’opposition, il est d’avis
de concrétiser la clause de l’accord de Taëf préconisant
la mise sur pied d’un Cabinet d’entente ou d’union, afin d’assurer une
représentation nationale la plus large possible. Sans s’opposer
pour autant au choix de ministres connus pour leur compétence et
leur spécialisation et à la formation d’un “Cabinet de technocrates”.
Il reste que le danger pesant sur la région méridionale
continue à préoccuper les responsables, d’autant que Netanyahu
et les “faucons” parmi ses ministres, menacent de frapper les infrastructures
libanaises, notamment les réseaux électriques et hydrauliques,
sous prétexte de combattre le terrorisme.
Aussi, s’attend-on à une série de réconciliations
interlibanaises pour renforcer le front intérieur qui s’effectueraient
par l’entremise de M. Khaddam, la première d’entre elles ayant été
scellée, jeudi soir, entre le président Hariri et M. Walid
Joumblatt, à Bloudane.