OÙ SONT LES AGENTS DU TRAFIC ?
La plus grande pagaille règne à Achrafieh sur le tronçon
Dfouni-La Sagesse.
Les autorités ont changé les sens du trafic, apposé
des pancartes et... laissé faire.
Or, on connaît l’indiscipline et l’individualisme notoires des
Libanais.
On ne discute pas la justesse, ni le bien-fondé de ces mesures.
Ce dont on s’étonne, c’est l’absence permanente d’agents du trafic,
pour permettre la solution des conflits qui surgissent entre conducteurs,
provoquant des arrêts et des embouteillages.
Tout le monde sait que, dans les pays civilisés, les instructions
de l’agent de police priment sur les signaux routiers et ses injonctions
ont priorité.
Or, au Liban, sauf en de très rares endroits, l’agent du trafic
est invisible.
On a assisté cette semaine, à Achrafieh, à plusieurs
rixes entre les usagers de la route. Pendant que les chauffeurs s’invectivaient,
les autres attendaient. On sait que, par nature, l’homme est plus agressif
que la femme. Il bondit, immédiatement, de son véhicule pour
se faire justice. Si l’agent de police est là, il dresse les contraventions,
maintient la fluidité du trafic.
Or, cette semaine à Achrafieh, les agents du trafic avaient
presque tous disparu du quartier... Pourquoi?
Peut-on avoir une réponse à cette question?
De la municipalité ou du ministère de l’Intérieur?
***
PLUS “D’ARGENT-Z-ENFANTS”
Dans les Iles de la Réunion, les allocations familiales, sont
connues sous le titre “Argent-Z-Enfants”.
Ce terme sympathique désigne les sommes allouées pour
différentes activités de jeunes qui ne gagnent pas encore
leur vie.
Au Liban, cet “argent-Z-enfants” si infime soit-il, tarde à
être payé. Les participations financières pour les
scolarités même des universités ne sont pas encore
payées, ni sur le point de l’être. La raison en est que le
ministère des Finances n’a pas encore décidé s’il
fallait relever le montant de cette misère (qui s’élève
dans plusieurs cas à 10% du coût total de l’annuité)
ou s’il fallait la maintenir telle quelle.
Or, si le ministère des Finances peut attendre, les bénéficiaires
ne le peuvent pas, même si ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer.
Alors, pendant que les irresponsables ne font rien ou se disputent,
les Libanais concernés attendent.
Mais qu’attendent-ils pour réagir?
Ils n’ont plus le tonus, ni l’envie, ni la force de protester.
Passifs, résignés, ils attendent un miracle... Comme
si les miracles existaient de nos jours!
***
EN ATTENDANT L’ORACLE DE “BARADA”
On cherche un président de la République... C’est bien
la première fois au Liban, qu’à quelques semaines de l’échéance
présidentielle, il n’y a pas de candidature déclarée.
La peur retient les candidats potentiels.
Non seulement la peur du ridicule, mais nombre d’entre eux savent qu’au
Liban affaire parlée est affaire ratée.
Tous préfèrent garder un profil bas!
Tous attendent le signe qui viendrait du bord du fleuve voisin...!
Il faut que l’Oracle de Damas parle.
Même les candidats ayant de la personnalité.
On cite des noms à gauche, à droite.
La logique populaire dit que le futur candidat soit originaire d’un
village voisin de la “sœur chérie”...
On cite les noms de Jean Obeid, Robert Ghanem qui, jusqu’au moment
où nous mettons sous-presse, n’ont pas posé leur candidature...
Ce ne sont que des on-dit.
Mais qu’est-ce que la politique est aujourd’hui au Liban?
Un ramassis de “on dit”...
Que font les politologues au Liban? A l’exception d’une poignée
d’entre eux qui analysent, dissèquent, commentent, ils ne font rien,
car ils ne peuvent rien faire.
Faire de la politique au Liban, ce n’est pas faire de la politique
comme dans les pays démocratiques. Qui ferait ce qu’ont fait le
“Washington Post” ou “Le Canard Enchaîné” ou n’importe quel
tabloïd britannique?
***
PROFIL D’UN PRÉSIDENT: UN HOMME À
L’ÉCOUTE
Interrogés au sujet de leur futur Président, les Libanais
sont unanimes sur un point: le futur président de la République
libanaise, avant même d’être un homme d’action, devrait être
un homme À L’ÉCOUTE du Libanais.
Un homme qui se tait!
Finies les diatribes virulentes.
Finies les promesses mirobolantes.
Finis les poèmes grandiloquents.
Fini, fini tout ce qui a précédé.
Les Libanais veulent un Homme à l’écoute de ses compatriotes.
Un homme qui sache qu’il est le premier entre égaux, sans plus;
qu’il ne détient aucun pouvoir infus; que son autorité, il
la tient du peuple et pour le bien du peuple.
Enfermés dans leurs tours d’ivoire, avec des conseillers qui
sont le plus souvent des thuriféraires, les responsables et, surtout
le Président, devraient prendre connaissance de tous les messages
qu’on leur envoie, être au courant de tout ce que l’on dit d’eux
et de lui, en bien et en mal.
On ne sait trop pour quelle raison, la coterie du Président
et des autres responsables leur cache la réalité, les réalités.
Ils ne répondent pas aux lettres, ni aux télégrammes.
Or le Président est censé être le recours et l’arbitre.
Dans cet Orient hypocrite, l’affaire, la grande affaire des conseillers,
semble être le mot d’ordre “éviter les désagréments”....
Ce n’est pas le rôle d’un conseiller!
La démocratie au Liban? Un mot qu’on trouve seulement dans le
dictionnaire!
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