
POUR UN CABINET POLITIQUE...
- Vous préconisez la mise sur pied d’un Cabinet politique
et non de technocrates; pourquoi? Etant donné que ces derniers peuvent
être plus productifs que d’autres?
“Quand je parle d’un gouvernement politique, répond M. Berri,
cela ne signifie pas qu’il ne doive pas comprendre des éléments
compétents pris en dehors du club politique.
“En dépit des réalisations accomplies sous le mandat
du président Hraoui, maints dossiers volumineux restent ouverts,
ceux concernant le Liban-Sud, les personnes déplacées, le
déficit budgétaire qui a pris plus d’ampleur et pourrait
affecter le pays et surcharger ses infrastructures si ce problème
n’est pas traité avec soin et responsabilité.
“Ajoutez à cela les grands complots ourdis contre la Syrie,
notre alliée, qui se répercutent, négativement, sur
le Liban. Puis, la situation économico-sociale, dont pâtissent
des milliers de citoyens.
“Il nous faut, aussi, réformer les institutions de l’Etat par
l’intermédiaire des organismes de contrôle. Ce sont autant
de questions graves, au point qu’on ne peut se permettre d’en confier l’étude
et le règlement à des technocrates.”
À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON
- Au cours de votre visite en Italie, des rumeurs ont été
propagées laissant entendre que “l’ère du président
Berri” était révolue et qu’il serait question de raccourcir
le mandat du chef du Législatif ou même de dissoudre la Chambre...
“En vérité, cette cabale avait pour but de porter atteinte
aux prérogatives de l’Assemblée et à son rôle.
Et, aussi, d’empêcher l’accession du général Lahoud
à la magistrature suprême. A quelque chose malheur est bon!
C’est le cas de le dire.”
- Effectuez-vous des contacts avec le président élu
en vue d’une coordination entre l’Exécutif et le Législatif
dès l’entrée en fonction du président Lahoud?
“La coordination existe avec le président élu, d’autant
que le cœur y est...”
- La demande du changement est unanime et vous avez, vous-même
et le président Hariri, procédé à une autocritique
à propos des erreurs commises au cours des dernières années.
Comment concevez-vous ce changement?
“Il n’est pas plus demandé que le respect de la Constitution
et l’application des lois envers et contre tous.”
70 NON-MUSULMANS VEULENT ADHÉRER À
“AMAL”
- Le dernier congrès de “Amal” vous a conféré
des attributions élargies; que comptez-vous en faire?
“Amal” m’a confié la charge d’opérer un retour à
la charte du mouvement et aux enseigne-ments de l’imam Moussa Sadr, tout
en libanisant notre action, ce à quoi je me suis attelé,
“Amal” étant ouvert à toutes les catégories, communautés
et régions.
“Je suis heureux de vous informer que soixante-dix concitoyens non-musulmans
ont présenté des demandes d’adhé-sion à “Amal”.
- Vous aviez soutenu la candidature du président élu
en 1995; comment envisagez-vous de coopérer avec le nouveau régime?
“Les prochaines semaines apporteront une réponse à cette
question. Je me contente de dire, à cette occasion, que je n’exigerai
rien, si les autres en font de même.”
- Vous avez dit que vous ne vous opposerez pas à ce que le
président Hariri soit chargé de former le nouveau gouverne-ment.
Sur quelle base le soutenez-vous, étant donné les divergences
de vues qui ont été à l’origine de vos brouilles?
“J’ai dit, tout simplement, que je ne m’oppose pas à ce qu’il
se succède à lui-même.”