AU COURS D'UN ENTRETIEN AVEC KARAM
BERRI: "JE SUIS POUR UN CABINET POLITIQUE PANACHE DE TECHNOCRATES"

Le Liban figurera parmi les entités internationales, suite à la confiance suscitée par l’élection du général Emile Lahoud à la magistrature suprême”, affirme le président Berri.
En ce qui concerne la forme du nouveau Cabinet, le chef du Législatif est en faveur d’une équipe comprenant des hommes politiques chevronnés et des technocrates.
Et quant à sa coopération à l’avenir avec le Premier ministre quel qu’il soit, elle prendra en considération l’intérêt supérieur du Liban.
M. Berri a tenu ces propos en recevant M. Melhem Karam, président de l’Ordre des journalistes, venu l’entretenir de questions intéressant la profession et, tout particulièrement, les confrères attachés au ministère de l’Information, de manière à ce qu’ils bénéficient de la nouvelle échelle des salaires.
 
LE TEMPS DE LA TRANSPARENCE
M. Karam devait déclarer, à cette occasion: “La prise en charge de ses hautes responsabilités par le président élu commencera à la suite de la passation des pouvoirs, le 24 novembre. Ce jour-là, le président Lahoud procèdera aux consultations contraignantes auprès des membres de l’Assemblée, avant de désigner le chef du gouvernement.
“Le premier Cabinet du nouveau régime constituera la plate-forme à travers laquelle le nouveau chef de l’Etat commencera à prendre connaissance des aspirations des gens et de leurs doléances. Le président Berri est persuadé qu’un régime naîtra, alors, dont le signe distinctif sera la transparence et qui se souciera, avant tout, de consolider les institutions étatiques.
“Ceci, ajoute le président de l’Ordre des journalistes, mettra fin, sans nul doute, à ce qu’on appelle la prostration du camp chrétien. D’ailleurs, ceci s’est déjà manifesté au plan financier sur le marché local. Aussi, le président Berri pense-t-il que nous nous trouvons à l’orée d’une nouvelle renaissance du Liban et seul en serait exclu quiconque entretiendrait quelque rapport, de quelque manière que ce soit, avec Israël lequel a extériorisé son désappointement suite à l’accession du général Lahoud à la présidence. Ceci nous a permis de faire d’une pierre plusieurs coups.”

POUR UN CABINET POLITIQUE...
- Vous préconisez la mise sur pied d’un Cabinet politique et non de technocrates; pourquoi? Etant donné que ces derniers peuvent être plus productifs que d’autres?
“Quand je parle d’un gouvernement politique, répond M. Berri, cela ne signifie pas qu’il ne doive pas comprendre des éléments compétents pris en dehors du club politique.
“En dépit des réalisations accomplies sous le mandat du président Hraoui, maints dossiers volumineux restent ouverts, ceux concernant le Liban-Sud, les personnes déplacées, le déficit budgétaire qui a pris plus d’ampleur et pourrait affecter le pays et surcharger ses infrastructures si ce problème n’est pas traité avec soin et responsabilité.
“Ajoutez à cela les grands complots ourdis contre la Syrie, notre alliée, qui se répercutent, négativement, sur le Liban. Puis, la situation économico-sociale, dont pâtissent des milliers de citoyens.
“Il nous faut, aussi, réformer les institutions de l’Etat par l’intermédiaire des organismes de contrôle. Ce sont autant de questions graves, au point qu’on ne peut se permettre d’en confier l’étude et le règlement à des technocrates.”

À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON
- Au cours de votre visite en Italie, des rumeurs ont été propagées laissant entendre que “l’ère du président Berri” était révolue et qu’il serait question de raccourcir le mandat du chef du Législatif ou même de dissoudre la Chambre...
“En vérité, cette cabale avait pour but de porter atteinte aux prérogatives de l’Assemblée et à son rôle. Et, aussi, d’empêcher l’accession du général Lahoud à la magistrature suprême. A quelque chose malheur est bon! C’est le cas de le dire.”

- Effectuez-vous des contacts avec le président élu en vue d’une coordination entre l’Exécutif et le Législatif dès l’entrée en fonction du président Lahoud?
“La coordination existe avec le président élu, d’autant que le cœur y est...”

- La demande du changement est unanime et vous avez, vous-même et le président Hariri, procédé à une autocritique à propos des erreurs commises au cours des dernières années. Comment concevez-vous ce changement?
“Il n’est pas plus demandé que le respect de la Constitution et l’application des lois envers et contre tous.”

70 NON-MUSULMANS VEULENT ADHÉRER À “AMAL”
- Le dernier congrès de “Amal” vous a conféré des attributions élargies; que comptez-vous en faire?
“Amal” m’a confié la charge d’opérer un retour à la charte du mouvement et aux enseigne-ments de l’imam Moussa Sadr, tout en libanisant notre action, ce à quoi je me suis attelé, “Amal” étant ouvert à toutes les catégories, communautés et régions.
“Je suis heureux de vous informer que soixante-dix concitoyens non-musulmans ont présenté des demandes d’adhé-sion à “Amal”.

- Vous aviez soutenu la candidature du président élu en 1995; comment envisagez-vous de coopérer avec le nouveau régime?
“Les prochaines semaines apporteront une réponse à cette question. Je me contente de dire, à cette occasion, que je n’exigerai rien, si les autres en font de même.”

- Vous avez dit que vous ne vous opposerez pas à ce que le président Hariri soit chargé de former le nouveau gouverne-ment. Sur quelle base le soutenez-vous, étant donné les divergences de vues qui ont été à l’origine de vos brouilles?
“J’ai dit, tout simplement, que je ne m’oppose pas à ce qu’il se succède à lui-même.”


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