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Dans
son premier message aux Libanais, le président Emile Lahoud a dit
qu’il comprenait le désir populaire de changement et allait s’atteler
à cette tâche. De plus, il s’est abstenu de faire beaucoup
de promesses, tout en donnant en même temps beaucoup d’espoir. On
peut lui faire confiance, car il répondra au vœu des citoyens qui
ont exprimé une volonté de changement vers ce qui est meilleur
aux plans politique, économique, social et administratif. “Afin,
ajoute le Général-Président, que chacun puisse avoir
foi en sa patrie, confiance dans l’Etat et être assuré quant
à son avenir”. Notre photo: le Général-Président
recevant les chefs des missions diplomatiques arabes.
Le changement, tout le monde le réclame; non pas un replâtrage d’anciennes formules ou le réchauffement de programmes ne répondant plus aux impératifs de l’heure. Comment opérer le changement radical souhaité par l’écrasante majorité des citoyens, excepté ceux d’entre eux à qui il répugne de changer le statu quo au niveau de l’administration et des institutions étatiques, parce que cela leur causerait du préjudice... Ils ne voudraient pas que cela change, pour la simple raison qu’ils n’y trouveraient pas leur compte et préfèrent continuer “à paître dans un verger” où les autres n’auraient pas droit d’accès... Parmi les réflexions émises, à ce sujet, par des personnalités politiques, celles du président Salim Hoss méritent d’être retenues. L’ancien Premier ministre dont le gouvernement avait nommé le général Emile La-houd au poste de commandant en chef de l’armée en septembre 1989, soutient “qu’il faut débarraser la vie politique de ses nombreux vices et la guérir de ses tares”. Rendant hommage au président élu, “homme connu pour son intégrité, sa rectitude et ses sincères convictions nationales”, M. Hoss observe que le président élu ne réclame rien pour lui. “Cela suffit pour enterrer, définitivement la troïka, système de pouvoir basé sur le partage des parts entre les pôles du pouvoir”. Cet objectif est, croyons-nous, facile à atteindre, car le président Emile Lahoud croit dans les institutions. Crédité de la restructuration de la Grande Muette, il peut édifier l’Etat de droit. Cela exige la réactivation des organismes de contrôle - Conseil de la fonction publi-que, Inspection centrale et conseil de discipline en tête - faute de quoi, il ne sera pas possible de lutter, efficace-ment, contre la corruption, le gaspillage, les détournements de fonds et l’anarchie. Tous ceux qui souhaitent un changement radical, du sommet jusqu’à la base de la pyramide - le président élu se voulant “l’exemple et le modèle” - pensent qu’il doit commencer dès la formation du premier Cabinet du nouveau régime. En d’autres termes, les mem-bres du futur gouvernement doivent se distinguer autant par leur compétence que leur intégrité. Tels doivent être les critères à retenir dans le choix des ministres dont le passé doit être irréprochable, à l’instar de celui du nouveau chef de l’Etat. D’où l’impérieuse nécessité d’exclure la plupart, si ce n’est tous les ministres de l’actuelle équipe ministérielle, que les interminables talk shows ont rendus impopulaires. Ayant trop vu leur binette et désespéré de les voir tenir leurs promesses, le peuple réclame de nouveaux visages, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Autre prélude à la réforme et à l’arrêt du gaspillage: le regroupement ou la fusion de départements ministériels dont les prérogatives empiètent les unes sur les autres. Cela dit, le nouveau président de la République qui poursuit les réunions de travail et l’étude des dossiers saura, à coup sûr, opérer le changement tant attendu, en formant les institutions à l’image de la première d’entre elles, l’institution militaire. |