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“Ce
qui a été écrit à l’encre sera effacé
par le sang”. Cette phrase inscrite sur les murs d’Israël et des villes
de Gaza et de Cisjordanie, traduit le sentiment que nourrissent les extrémistes
palestiniens et de la droite israélienne, à l’égard
de l’accord signé la semaine dernière à Washington,
au terme des négociations de Wye River. Aussi, doute-t-on de la
capacité d’Arafat et de Netanyahu de convaincre leur rue de la validité
dudit accord dont les retombées négatives risquent de se
manifester sous notre ciel.
Après l’aboutissement des pourparlers de Wye Plantation - grâce au forcing US et à l’intervention du roi Hussein - le plus dur reste à faire: assurer l’application de l’accord auquel sont parvenus les Palestiniens et les Israéliens. Car dès sa signature, des voix se sont élevées dans les deux camps. Les extrémistes, ceux de “Hamas”, d’un côté et les colons, de l’autre - ont organisé des manifestations de protestation et qualifié l’accord de “catastrophique”, arguant qu’il porte préjudice à leur cause. Cependant, selon un sondage d’opinion, 74 pour cent d’Israéliens l’approuvent et invitent Tel-Aviv à passer à la phase exécutoire dans la première quinzaine de novembre. Puis, le président Clinton, qui a consacré plus de soixante dix heures aux négociations de Wye Plantation, participera dans quelques semaines à une session du Conseil national palestinien devant siéger à Gaza, pour réviser la charte de l’OLP et supprimer la clause en vertu de laquelle cette organisation s’engage à éliminer l’Etat hébreu de la carte du Proche-Orient. Un fait est, d’ores et déjà, acquis: tant Arafat que Netanyahu ont souscrit à l’accord; de même que les trois membres du Cabinet israélien ayant accompagné leur Premier ministre à Wye Plantation: Ariel Sharon, Yitzhak Mordekhaï et Nathan Tchenrensky, ministres des Affaires étrangères, de la Défense et du Commerce. Quant au chef de la Maison-Blanche, il a promis “de mettre en place une nouvelle aide économique en faveur d’Israël et de l’Autorité palestinienne, sans en préciser le montant. De plus, la CIA est chargée de veiller à la stricte application de l’accord bipartite. Ainsi, le chef de l’Exécutif US a redoré son blason terni par l’affaire Lewinsky et gagné son pari, en relançant le processus de paix au P.-O. bloqué depuis près d’un an et demi. Cependant, des congressmen le critiquent pour avoir donné un rôle-clé à la CIA. Au plan local, certains hommes politiques partagent l’avis de Téhéran quant aux retombées de l’accord. La capitale iranienne s’attend que ce dernier suscite de profondes divergences entre les Palestiniens et prédit des répercussions graves sur le terrain, à plus ou moins brève échéance. En bref, et comme l’a souligné Abou-Ammar, il s’agit de la “paix des braves”, alors que Netanyahu soutient “qu’on ne pouvait mieux faire à Wye River”. Il faut espérer que les modérés l’emporteront sur les extrémistes qui feront feu de tout bois pour torpiller, une fois de plus, le processus de paix. Et que le nouvel accord n’aura pas de retombées négatives sur la scène libanaise, plus particulièrement dans la zone frontalière. Un responsable n’a-t-il pas dit que “l’avenir du Liban s’an-nonçait plein de dangers”? |