Ces dernières étaient subtilisées dans les pays
d’Europe et introduites en territoire libanais sans payer de droit de douane.
Ceci a mis la puce à l’oreille des Pouvoirs publics qui ont suspecté
la présence dans l’enceinte portuaire de complices aux contrebandiers,
leur facilitant la tâche, en contrepartie de pots-de-vin substantiels.
Et ce, en raison du prix élevé des automobiles de marque
qui étaient acquises par des personnes aisées.
L’Interpol avait donné l’alerte et le Parquet de Beyrouth informé
de cette affaire, est entré en action. Il s’agissait pour lui d’identifier
les membres de cette mafia qui, opérant dans l’ombre, réalisaient
de grands profits en vendant les voitures sur le marché local et
arabe.
Ces dernières étaient volées dans maints pays
d’Europe, en Allemagne notamment, où les compagnies d’assurance
étaient tenues de dédommager les propriétaires des
automobiles volées. Ceci les obligeait à verser à
ces derniers des sommes importantes s’élevant à des milliards
de dollars, d’autant que les voitures sont assurées contre tous
risques.
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Quelques -unes des voitures volées rassemblées dans la cour extérieure du palais de Justice. |
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LE PARQUET DE LA COUR D’APPEL SAISI DU DOSSIER
M. Adnan Addoum, procureur général près la Cour
de Cassation, a confié le dossier des voitures volées, à
M. Abdallah Bitar, procureur général près la Cour
d’Appel de Beyrouth.
On apprend que des poursuites ont été engagées
contre certains détenus et des prévenus ont été
libérés après leur interrogatoire sous caution d’élection
de domicile, mais il leur est interdit de voyager.
Selon des sources judiciaires, certaines des voitures volées
sont immobilisées au parking du palais de Justice à Beyrouth.
En voici les marques: “Mercedes” noire CL500 (numéro d’immatriculation
252555); “Mercedes” gris metallisé (E430 8379); “Mercedes” E200
Kompressor sans numéro; “Porsche Carrera” bleu-marine sans numéro,
“Porsche” grise 1570707, “Ferrari Bercetta” “F300” rouge 36166 et “Ferrari”
noire sans numéro.
Ces mêmes sources affirment que les investigations se poursuivent
afin de dissiper toute ambiguïté, avec la possibilité
d’interroger des personnes non civiles. L’une des voitures “Mercedes” volées
a été retournée en Allemagne après confirmation
du droit de propriété du plaignant.
Les organismes libanais concernés vérifient auprès
des agences Mercedes au Liban et en Allemagne, les numéros des châssis
des voitures saisies pour s’assurer de leur lieu de fabrication. Il s’est
avéré que le réseau du vol a changé les numéros
des châssis dans les pays européens, afin de faciliter leur
transport.
Des renseignements précisent que le Parquet de Beyrouth a accusé
neuf personnes d’avoir introduit par le port de Beyrouth des voitures volées
et les avoir vendues sur le marché libanais, après avoir
falsifié les papiers et changé les numéros du châssis
et d’immatriculation moyennant des pots-de-vin.
Selon les articles des lois 638/219, 456, 459, 456/454, 459/454, 352,
353, 221, 383 et 219, les membres du réseau sont passibles de peines
de prison allant de 3 à 5 ans.
Les accusés qui ont été arrêtés sont:
Mohamed Anouar Hafez, Riad Georges el-Ferkh et Milad Toufic el-Hayek. Ils
ont été déférés par le procureur Abdallah
Bitar au premier juge d’instruction, M. Saïd Mirza, qui les a soumis
à un interrogatoire et signé à leur encontre des mandats
d’arrêt.
Quant à Naji Salim Abdo, Georges Abdallah Doumit, Elias Bcherrani,
Ahmed Ali Kesrouani et Garbis Joseph Nadirossian, ils ont été
libérés après avoir été entendus par
le juge d’instruction.
Les investigations ont révélé que deux voitures
ont été retrouvées dans une salle d’exposition, leur
propriétaire les ayant mises en vente et disparu. Le propriétaire
de la salle a été appréhendé; puis, relâché
pour cause de non-identification.
Les personnes détenues vont-elles servir à la bonne marche
de l’enquête et, partant, permettre de tirer cette affaire au clair?
Le Liban possède-t-il, effectivement, un réseau spécialisé
dans la contrebande des voitures volées?
Les organismes de sécurité, en particulier le bureau
des investigations criminelles, œuvrent en vue de découvrir les
principaux coupables.L’enquête menée par le magistrat instructeur,
M. Saïd Mirza sera-t-elle déterminante?