QUE SE PASSE-T-IL A SAIDA?
OuSaïda inquiète depuis une quinzaine de jours les Libanais, en général et, en particulier, ses habitants, parce que la capitale sudiste semble être en passe de devenir un îlot d’insécurité, d’autant qu’y prolifèrent toutes sortes de groupes intégristes, d’organisations palestiniennes rivales et d’agents des services de renseignements étrangers.

En l’espace de deux semaines, la ville est devenue, subitement, le théâtre d’actes criminels qui risquent, s’il n’y est pas mis un terme, de la déstabiliser.
Ainsi, samedi dernier, deux gendarmes ont été froidement abattus par des motards qu’on n’a pas encore identifiés et dont les forces de l’ordre ne parviennent pas à retrouver la trace.
Le 15 octobre, un sous-officier de l’armée libanaise échappait de justesse à la mort, ses agresseurs s’étant éclipsés après avoir ouvert le feu de leurs armes dans sa direction.
Mardi 27 octobre, un responsable du Jihad islamique palestinien, Mahmoud Maj-zoub, sa femme et leur enfant en bas âge ont été blessés: au moment où il en ouvrait la portière, sa voiture a explosé; elle avait été piégée, alors qu’elle était garée près de son domicile.
Ce nouvel incident grave a ravivé la tension et suscité la crainte au sein de la population, le nouvel attentat ayant été perpétré en dépit du dispositif de sécurité mis en place depuis le meurtre des deux gendarmes.

Les enquêteurs sur la place de l’attentat à la voiture piégée.
LE MOSSAD IMPLIQUÉ...
Cette série noire est la première du genre depuis 1991, date à laquelle les forces légales ont pris en charge le maintien de l’ordre et de la sécurité à Saïda.
Les attentats ayant été perpétrés après la signature de l’accord palestino-israélien, au terme des pourparlers de Wye Plantation et dix jours après l’élection du général Emile Lahoud à la magistrature suprême, les observateurs n’écartent pas la possibilité que de tels forfaits soient l’œuvre du “Mossad” qu’il fait exécuter par l’intermédiaire d’agents opérant dans la région frontalière.
Aussitôt, les effectifs de l’Armée et des FSI stationnés au Liban-Sud, ont été placés en état d’alerte extrême, pour déjouer un éventuel complot dans la partie méridionale du pays.
M. Fayçal Sayegh, administrateur du Sud, au chevet d’un blessé.
RÉUNION DU CONSEIL LOCAL DE SÉCURITÉ
Le conseil local de sécurité siège en permanence au sérail de Saïda, sous la présidence de M. Fayçal Sayegh, admi-nistrateur du Liban-Sud; du représentant du Parquet et des responsables des orga-nismes militaires et de sécu-rité.
Fait à signaler: l’attentat à la voiture piégée a coïncidé avec la présence au domicile paternel à Majdelioun (caza de Saïda), du président Rafic Hariri, lequel a gagné le lieu de l’explosion; puis, le sérail où il a pris connaissance des premiers résultats de l’enquête et donné ses instructions pour faire hâter les investigations.

LAHOUD: “L’ARMÉE RESTE VIGILANTE”
En recevant mardi les chefs des missions diplomatiques arabes venus lui présenter leurs félicitations, le général Emile Lahoud n’a pas caché son désappointement, après avoir reçu les premiers rapports sur la progression de l’enquête en cours.
“Ce qui s’est passé à Saïda, a déclaré le président élu, est gênant et déplorable. Mais l’Armée reste vigilante et veille sur la sécurité. Elle identifiera les auteurs des attentats et fera avorter toute tentative de déstabilisation.”


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