Une
parfaite concordance de vues s’est dégagée de la rencontre
Lahoud-Assad à Damas, la première depuis l’entrée
en fonctions du Général-Président, à qui un
accueil particulièrement chaleureux a été réservé
sur les bords du Barada. On a pu le constater aux égards dont l’a
entouré le président Assad, lequel ne s’est pas contenté
de l’accolade protocolaire, mais a multiplié les gestes fraternels
et amicaux à l’égard de son éminent hôte.
Le premier
sommet libano-syrien depuis l’accession du général Lahoud
à la magistrature suprême, s’est déroulé vendredi
dernier comme on pouvait s’y attendre, dans l’entente, la confiance et
la sérénité.
Le chef de l’Etat a eu droit sur les bords du Barada, à un accueil
particulièrement chaleureux. Il s’y est rendu sans tout le falbala
qui accompagnait, précédem-ment, les visites du même
genre.
Il n’y avait ni escorte pétaradante, ni smala nombreuse de ministres
et de conseillers autant bruyants qu’inutiles. Le Général-Président
avait pour compagnon le directeur général de la Sûreté.
Les observateurs ont relevé le comportement inhabituel du président
Hafez Assad qui ne s’est pas contenté, en accueillant son homologue
libanais, d’échanger avec lui l’accolade protocolaire, mais a multiplié
les gestes amicaux et affectueux à son égard.
Etant donné la nouvelle escalade sur le terrain au Liban-Sud,
les deux hommes d’Etat ont consacré une bonne partie de leurs entretiens
à la conjoncture régionale et à ses développements.
Une parfaite identité de vues s’est dégagée, à
ce propos, de même que sur l’intransigeance de l’Etat hébreu,
en ce qui concerne la relance du processus de paix.
On a pu constater la constance de la position des deux pays à
l’égard de ce processus et leur attachement à la concomitance
des volets libanais et syrien des négociations.
Il va sans dire et ainsi que l’a souligné le ministre syrien
de l’Information, “la visite du président Lahoud va renforcer la
position de Beyrouth et de Damas et favoriser la complémentarité
entre les deux pays dans tous les domaines”.
De plus, les deux parties sont convenues de maintenir le contact, étant
donné l’importance d’une poursuite des concertations entre elles
dans les circonstances présentes.
Le fait pour Benjamin Netanya-hu d’avoir insinué, après
son retour d’Amman où il avait assisté aux funérailles
du roi Hussein, qu’il “œuvrerait à l’effet de signer un traité
de paix avec le Liban et la Syrie avant la fin de l’année courante”,
n’a pas manqué de retenir l’attention. Les prési-dents Lahoud
et Assad ont échangé les vues quant à l’évolu-tion
de la conjoncture régionale dans le double cas où le Premier
ministre israélien sortirait vain-queur ou vaincu des élections
lé-gislatives anticipées du printemps!
Naturellement, le président La-houd a félicité
le président Assad après le renouvellement de son septennat
pour la cinquième fois consécutive, lui transmettant les
félicitations du peuple libanais “pour la confiance renouvelée
du peuple syrien”.
Cela dit, il y a lieu de faire état des impondérables
dont l’émer-gence n’est nullement à exclure après
la disparition du roi Hussein. Aussi, faut-il se préoccuper de sauvegarder,
en la renforçant, la cohésion du front intérieur libanais,
afin de faire face, avantageusement, à d’éventuels changements
qui pourraient intervenir au plan régional. Il faudra pour cela
attendre l’issue des élections israéliennes. n
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