COMBIEN DURERA NOTRE CALVAIRE?

par EDOUARD BASSIL
Depuis le rationnement du courant électrique, les lettres affluent à notre rédaction, venant de la part de lecteurs qui, tout en se plaignant de la “distribution anarchique” de l’électricité dans les quartiers de la capitale, demandent à savoir “combien durera leur calvaire”
Nous reconnaissons que c’est un “calvaire” au moment où la canicule de l’été commence à se manifester et alors que les étudiants préparent, fébrilement, leurs examens de fin d’année, à la lumière des bougies pour beaucoup d’entre eux.
Pour éviter ces désagréments auxquels les citoyens n’étaient plus habitués depuis la fin de la guerre, nos correspondants réclament, à juste raison, un calendrier fixant, à l’avance, les heures de rationnement, pour permettre aux gens de s’organiser.
Puis, bon nombre de lecteurs se plaignent des “tarifs exorbitants” (sic) exigés par les exploitants de moteurs. Au cours des douloureux événements, de triste mémoire, on faisait payer aux abonnés dix à douze dollars par mois.
Maintenant, le montant de l’abonnement a quadruplé; il s’élève à quarante dollars, plus vingt autres dollars comme prix de la connection des câbles et d’autres menus fretins...
Malheureusement, on n’a pas la liberté du choix: c’est à prendre ou à laisser. Car on n’a rien pour rien et qui n’acquitte pas la facture, n’a droit qu’à la lumière de la bougie ou de la lanterne, le malheur des uns faisant la fortune des autres!
Combien durera ce calvaire? D’après les responsables de l’OEL, il ne prendrait pas fin avant deux ou trois mois. 
Bon courage, amis lecteurs et ne perdez pas patience. D’ailleurs, vous en avez montré - du courage et de la patience - durant la sale guerre.
Avec cette différence qu’on ne passe plus la nuit et une partie de la journée dans les abris... 

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