| À L’OMBRE D’UN POUVOIR
CLAIRVOYANT, SAGE ET PROPRE
DÉPASSEMENT DE LA PAIX CIVILE,
JUSQU’À L’ENTENTE CIVILE ET POLITIQUE
C’est
un devoir de dire que le Liban est en voie d’affronter des échéances
décisives.
Ce mot a été maintes fois répété,
parce que le Liban était confronté en permanence à
de telles échéances engageant son avenir. Le Sud libanais
était le titre, en définitive, de la guerre entre les Arabes
et Israël.
Le Sud libanais n’était pas, uniquement,
un cordon frontalier mais aussi, le titre des pratiques israéliennes
à l’égard de tous les Arabes. Ce qui s’est passé au
Sud libanais, ne s’est produit nulle part qu’en Cisjordanie, après
qu’une partie de cette région eut été réintégrée
par les Palestiniens. Cette partie était connue à l’avance.
Anouar Sadate disait toujours: “Gaza est à
ma charge, comme la Cisjordanie est à la charge du roi Hussein.
Le jour où sonnera l’heure, je restituerai Gaza et le roi, la Cisjordanie”.
Ceci, naturellement, malgré le fait pour Sadate de savoir que l’occupation
israélienne était imminente. Mais ce jour-là, Sadate
se comportait comme s’il divulguait un secret international rendu public
par Gromyko en 1974: “A home, a little homme” (Un petit foyer pour les
Palestiniens).
Ces paroles ont été beaucoup propagées
en 1974, surtout après le départ de Yasser Arafat pour les
Nations Unies, tenant d’une main un fusil et, de l’autre, un rameau d’olivier
qu’il a brandis face à la communauté internationale en l'invitant
à’ choisir: “Nous sommes disposés à poursuivre la
lutte militaire et, aussi, à l’arrêter pour traiter avec la
colombe de la paix par l’intermédiaire de la branche d’olivier”.
Israël sait que le climat ne lui restera
pas acquis, ni le Liban-Sud. Il sait, également, que Jérusalem
ne sera pas sa capitale. Netanyahu lui-même l’a dit et on lui a attribué,
dernièrement, cette déclaration: “lsraël ne pourra pas
maintenir ses occupations”. Comme si Netanyahu et ses pairs rappelaient
les propos du sage juif, Nahoum Goldman, sous le règne du Likoud.
La radio israélienne n’a pas beaucoup reproduit ces propos, parce
que Naoum Goldman disait: “Vous ne pourrez pas vivre dans une inimitié
permanente avec vos voisins.”
Ce qui s’est produit dans la nuit du 24 au 25
juin dernier, la nuit du raid israélien sauvage avec ses atrocités,
semant la destruction et la mort, ne lui est pas étranger. L’année
où Israël a occupé une partie du Sud, ce qui a été
suivi du vote, par le Conseil de Sécurité de la résolution
425, il a invoqué comme prétexte pour justifier son agression,
la tentative d’attentat perpétrée contre son ambassadeur
à Londres. Qui a tenté d’assassiner l’ambassadeur? Nul ne
le sait. Qui a planifié la tentative? Nul ne le sait non plus.
Ce que nous savons c’est, qu’après la
tentative d’assassinat de son ambassadeur à Londres, Israël
a attaqué le Sud et occupé la partie où ses troupes
stationnent. La résolution 425 a été votée
exigeant son retrait immédiat et inconditionnel du Liban.
Ce qui s’est produit dans la nuit du 24 au 25
juin et les destructions qui s’ensuivirent, nous porte à tenir des
paroles que nous avons dites dans un précédent article: Netanyahu
a frappé son dernier coup et est parti. Il a quitté le pouvoir,
abandonné le leadership du Likoud et n’est plus membre de la Knesset.
Parce que Netanyahu ignore le sens du gain politique et, partant, ne connaît
pas la signification de la perte politique. La politique est ouverture
d’esprit et question de nerfs. C’est une tentative de l’emporter sur soi-même,
surtout quand la personne s’expose à ce qui ne la satisfait pas.
Nous nous contenterons de cela à propos de Netanyahu, pour parler
de Ehud Barak. Bien que nous ne voulons pas porter un jugement sur une
personne avant de la voir à l’œuvre, sur base de son comportement.
Deux choses le jugent: son passé vis-à-vis
des Arabes et du Liban; puis, les propos qu’il a tenus après son
élection en tant que chef du gouvernement. Les “non” ne peuvent
favoriser la paix, ni l’entente. En revanche, le “oui” favorise la paix
et l’entente. Nous devons, donc, entendre de Barak le “oui” au lieu du
“non”. Le “non”, dit sa coterie, ayant pour but de satisfaire le marché
local, est destiné à la consommation intérieure.
Ceci nous incite à poser cette question:
L’agression israélienne contre les civils s’arrêtera-t-elle?
Si elle s’arrête, nous saurons que Barak nourrit des intentions saines
et s’il reprend les négociations avec la Syrie au point où
elles avaient abouti. Cela ne suffit pas. Il doit reprendre ces négociations
dans le cadre d’une conduite positive pour qu’on dise qu’il est, effectivement
un homme de paix.
Nous réclamons des preuves, car le passé
ne suffit pas à nous rassurer sur le fait que le processus pacifique
en Israël est en des mains fidèles.
Les paroles de l’Amérique à ce
sujet diffèrent de ce que nous disons. L’Amérique tranquillise
toujours. Mais quand l’Amérique ne s’est-elle pas tranquillisée?
Elle a tranquillisé en permanence les Arabes, en affirmant qu’Israël
était prêt à faire la paix. Et jusqu’aujourd’hui, Israël
seul en empêche la réalisation. En dépit de cela, il
existe dans la communauté internationale des gens qui disent: Israël
est prêt pour la paix. Mais où est la preuve corroborant cette
assertion? Il n’y en a aucune jusqu’à ce jour.
Nous revenons au Liban dont il est demandé
bien des choses. Tout d’abord, un pouvoir clairvoyant, sage et propre.
Le président de la République, le général Emile
Lahoud, jouit de ces qualités, de même que certains membres
du gouvernement, mais nous n’avons pas encore constaté le visage
de la pureté; ceci apparaîtra aux prochaines élections
législatives. Le régime a-t-il l’intention de changer la
carte politique à la Chambre des députés? Tel est
le premier fait.
Le second fait est que nous devons nous entendre,
nous Libanais, c’est-à-dire réaliser une entente dépassant
l’étape de la paix civile, pour atteindre l’entente civile; puis,
l’entente politique. Une telle entente doit être instaurée
et la carte parlementaire modifiée, afin qu’apparaisse la face éclatante
du régime.
Il reste les enquêtes avec ceux qui ont
commis des abus d’une manière globale, sans spécifier des
noms, ni nous en prendre à qui que ce soit. Les investigations doivent
englober tout le monde, parce que nous sommes soucieux de préserver
la Justice dont la locomotive ne s’arrête pas à une station
déterminée. La Justice va du début de la voie jusqu’à
sa fin. En ce sens qu’elle englobe tous ceux sur qui pèsent des
soupçons. C’est un fait placé entre les mains de la magistrature,
laquelle s’acquitte de ses obligations. Si nous disons la globalisation,
c’est pour que personne ne demande: Pourquoi les poursuites se sont-elles
limitées à telle personne et telle autre? Pourtant, les poursuites
ont revêtu jusqu’aujourd’hui, un aspect politique; autrement dit
la répartition politique de ceux qui ont été poursuivis
a englobé tout le monde.
Il reste des brèches dont nous demandons
qu’elles soient comblées, afin de demeurer dans le processus légal
équitable.
Après cela, nous nous posons cette question:
le gouvernement a-t-il échoué jusqu’ici? Non, naturellement.
Il est demandé au gouvernement, probablement, plus que cela, parce
que les espoirs fondés sur lui sont grands. Mais nous continuons
à accorder jusqu’à ce jour, la confiance au Cabinet, dans
l’espoir qu’il préviendra ce qu’il peut prévenir, afin qu’il
ne soit pas dit - et nous avons la certitude qu’il ne sera pas dit - le
gouvernement de l’espoir a déçu les espérances. |
 |