Après
le vote de confiance - obtenu par 75 voix, un record - Ehud Barak s’est
dit prêt, “à réaliser la paix des braves” avec les
voisins arabes d’Israël. Le nouveau Premier ministre israélien
croit que “les conditions sont réunies pour la reprise des négociations
sur tous les volets”. Aussi, est-il disposé à les relancer
après la visite qu’il effectuera, incessamment, aux USA.
“Suivez le menteur jusqu’à la porte de sa maison”, dit le dicton.
Nous l’évoquons à l’occasion de la promesse faite par Ehud
Barak, après la formation de son gouvernement, “de mettre fin à
cent années de conflit israélo-arabe, en œuvrant à
l’effet d’instaurer une paix véritable au Proche-Orient”.
Il réitère sa décision “de retirer “Tsahal” des
portions du territoire libanais qu’elle occupe, en garantissant la sécurité
de la frontière nord d’Israël”...
Le successeur de Netanyahu s’engage, par ailleurs, “à respecter
les accords signés avec l’Autorité plestinienne” et à
accélérer les négociations avec elle, on vue de parvenir
à un accord permanent qui devra être avalisé par un
référen-dum”.
Autre promesse rassurante: Le Premier ministre israélien s’engage
“à ne pas construire de nouvelles implantations juives dans
les zones où est appliqué le régime d’autonomie (en
Cisjordanie et à Gaza) et, aussi, “à ne pas porter atteinte
aux colonies de peuplement déjà en place... jusqu’à
un accord permanent sur le statut de ces territoires”.
Barak sera le 18 juillet à Washington où il échangera
les vues avec le chef de la Maison-Blanche sur la reprise des négociations
avec la Syrie (et le Liban) sur la base des résolutions 425, 242
et 338 du Conseil de Sécurité, exigeant la restitution des
territoires occupés par l’Etat hébreu, en échange
de la paix conformément aux principes définis à la
conférence de Madrid.
Tout cela est fort beau. Cependant, il y a lieu de relever le passage
de la déclaration faite par Barak où il réaffirme:
“Jérusalem, capitale éternelle d’Israël, restera unifiée
et sera maintenue sous la souveraineté israélienne”.
Le ton ici reste plutôt dur et l’attitude inflexible: l’Etat
hébreu tient mordicus à la Ville sainte et le chef travailliste,
autant que celui du Likoud, paraît résolu à ne pas
céder sur ce point, lequel semble devoir constituer la pierre d’achoppement
des futurs pourparlers israélo-arabes.
Comme on sait, les Etats membres de la Ligue ne sont nullement disposés
à capituler. Aussi, demandent-ils au “comité Al-Kods” dont
le roi Hassan II assume la présidence, de réagir avec plus
de force, aux fins de proclamer la ferme détermination du monde
arabe et des religions monothéistes à maintenir cette cité
ouverte, en ce sens qu’elle doit rester accessible à tous leurs
fidèles et ressortissants.
Le moment est, également, venu pour le Saint-Siège d’agir
et de se manifester, par autre chose que des paroles et des déclarations
d’intentions, à l’effet de faire adopter par la communauté
mondiale le projet d’internationalisation de Jérusalem où
les partis religieux juifs étendent leurs tentacules et essayent
de faire mainmise sur sa partie arabe.
Barak promet une “paix véritable”, tout en faisant planer le
doute sur ses intentions quant à certains droits imprescriptibles
des Palestiniens et des Arabes en Terre sainte.
Puisse-t-il ne pas décevoir après avoir laissé
pointer une lueur d’espoir à l’horizon.. |