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UN CABINET NEUTRE SUPERVISERAIT LES LÉGISLATIVES DE L’AN 2.000

Le président Salim Hoss l’a affirmé: “Les prochaines législatives seront supervisées par un gouvernement neutre, dont aucun membre ne briguera un siège au parlement”. Ceci infirme les rumeurs persistantes selon lesquelles le gouvernement actuel contrôlerait le scrutin de l’an 2.000. Notre photo: le chef du gouvernement en conversation avec M. Adnan Addoum, procureur général près la Cour de cassation.

Le président Salim Hoss, on le sait déjà, est un homme logique ayant de la suite dans les idées. Il en donne la preuve à chaque occasion qui lui est offerte et, la dernière fois, cette semaine, en se démarquant de certains membres de son Cabinet.
Ceux-ci ayant affirmé que l’actuelle équipe gouvernemen-tale superviserait les élections législatives de l’an 2.000, M. Hoss les a désavoués en affirmant que “le Cabinet des élections” devra être complètement neutre”. En ce sens  qu’aucun de ses membres ne devra poser sa candidature aux législatives, afin de dissiper le doute quant à la neutralité du gouvernement.
Avant d’accéder à la présidence du Conseil, il n’avait cessé, vainement, de réclamer la formation d’un tel Cabinet pour organiser les élections de 92; puis, celles de 96, d’autant qu;il avait pour principal adversaire à Beyrouth son prédécesseur, le Premier ministre de l’époque, en l’occurrence M. Rafic Hariri,
Celui-ci, étrangement sou-tenu par le chef de l’Etat, avait fait la sourde oreille à la requête et maintenu l’équipe mi-nistérielle, alors en place. Et, de surcroît, la plupart des ministres briguaient un siège à l’Assemblée... On connaît le reste de l’histoire!
Le président du Conseil avait, précédemment, désavoué deux membres de son Cabinet. Ces derniers avaient pris fait et cause pour le fameux commu-niqué diffusé par une “source ministérielle”, critiquant avec vilurence l’ancien Pouvoir. M. Hoss avait assuré n’avoir pas été informé de la teneur de ce communiqué avant sa publication et promis de ne pas laisser rééditer un tel impair.
En se comportant de la sorte, il se conforme à l’esprit et à la lettre de la Constitution, en vertu de laquelle la durée de vie d’un gouvernement est de l’unique ressort du Législatif... Pourtant, aucune législature n’a poussé le “courage” jusqu’à renverser une équipe mi-nistérielle sous l’hémicycle depuis l’avènement de l’ère d’indépendance.
De fait, on a vu les parlemen-taires critiquer le Cabinet avec virulence et lui accorder la con-fiance, ce qui était paradoxal. A vrai dire, les députés montaient à la tribune et cherchaient à accroître leur popularité auprès de leur électorat, surtout à  l’approche d’une consultation populaire, lorsque les séances de la Chambre étaient radio-télévisées! Ls débats devenaient interminables et souvent rasants; d’autant plus qu’elles nécessitaient le report ou l’annulation d’émissions très suivies par les télespectateurs.
Il va sans dire que la prise de position du Premier ministre lui vaudra la sympathie des membres de l’Assemblée, rassurés quant au déroulement du prochain scrutin dans des conditions susceptibles de garantir sa régularité, autant que l’objectivité de l’Exécutif.
On saura, ainsi, dans quelle mesure ceci aura atténué la hargne de la néo-opposition et la détermination de ses ténors à partir en guerre contre  la “Cabinet des 16”; plus exactement contre sa politique économique-financière, à la faveur du débat budgétaire. 


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