Soucieuse d’assurer une couverture parfaite des nouvelles du Maghreb arabe, avec autant de régularité et d’objectivité qu’elle le fait pour le Machrek, “La Revue du Liban et de l’Orient Arabe”, consacrera désormais chaque semaine, quatre pages illustrées aux cinq Etats membres de l’Union du Maghreb: la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie. Toutes suggestions concernant ces pages seront les bienvenues et nous nous engageons à leur accorder l’intérêt qu’elles méritent.

TUNISIE

LE MINISTRE FRANÇAIS DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES:

Le ministre français de l’Economie et des Finances, M. Dominique Strauss-Kahn, a salué la “réussite” de la Tunisie dans son œuvre de développement, notamment les efforts remarquables qu’elle déploie en matière d’éducation et de formation.
Strauss-Kahn qui vient d’effectuer une visite de 24 heures à Tunis, au cours de laquelle il a assisté à la signature d’une deuxième ligne de crédit d’un montant de 100 millions de francs français octroyée par l’Agence française de développement (AFD) pour appuyer la modernisation des entreprises tunisiennes, a réaffirmé la volonté et la disposition de son pays à poursuivre son soutien à la Tunisie pour qu’elle puisse relever les défis de la prochaine étape et s’intégrer dans l’espace euro-méditerranéen avec succès.
A sa sortie d’une audience que lui a accordée le président tunisien Zein El-Abidine Ben Ali, le ministre français a mis en relief les relations extrêmement étroites qu’entretiennent la Tunisie et la France qui, a-t-il dit, ont été constamment très proches l’une de l’autre.
“Quand on constate que la Tunisie est le pays qui a le mieux réussi son association avec l’Union européenne, on a envie de revenir dans ce pays pour régler les derniers problèmes, même s’il n’y en a pas beaucoup, car tout marche bien et évolue à un rythme satisfaisant”, a souligné M. Strauss-Kahn qui considère que la Tunisie, grâce aux progrès qu’elle réalise, “a pris plusieurs longueurs d’avance” sur ce plan.


Le président Ben Ali recevant le ministre
français de l’Economie et des Finances.
 

“LA TUNISIE EST LE PAYS QUI A LE
MIEUX RÉUSSI SON ASSOCIATION
AVEC L’UNION EUROPÉENNE”
 


LIONEL JOSPIN, PROCHAINEMENT EN TUNISIE
Par ailleurs, il a annoncé lors d’une conférence de presse tenue avant son départ de Tunis, que le Premier ministre français, Lionel Jospin, effectuera une visite en Tunisie au début de l’année prochaine, notant avoir transmis un message à ce sujet au président Ben Ali.
Cette visite sera la première qu’entreprendra M. Jospin en tant que chef du gouvernement français, relève-t-on.
Il a indiqué que le voyage de M. Jospin en Tunisie sera “l’occasion de discuter des projets futurs entre la Tunisie et la France et, éventuellement, de projets de grande ampleur, notamment dans le domaine de la formation, à l’instar de l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (INSAT)”, établissement supérieur qui forme des cadres techniques pour le secteur privé, financé par la Coopération française.
La France, rappelle-t-on encore, est le premier partenaire de la Tunisie dont elle est le premier fournisseur et le premier client, avec des échanges se situant à près de 27 pour cent dans le commerce extérieur tunisien, contre 20,6% avec l’Italie et 13,5% avec l’Allemagne. Les exportations françaises vers la Tunisie ont progressé de 22% en 1997 (11,7 milliards de FF) et de 11% en 1997 (13 milliards de FF), tandis que les ventes de la Tunisie à la France se sont élevées à 8,6 milliards de FF en 1997, marquant une progression de 11,2% par rapport à 1996, pour approcher les 10 milliards de FF en 1998 (+14%).
Parlant de sa “longue” entrevue avec le président Ben Ali, le ministre français de l’Economie a qualifié le chef de l’Etat tunisien d’“homme très ouvert, fier de son pays et très désireux de voir le partenariat entre la France et la Tunisie se renforcer encore. Nous avons discuté entre Tunisiens puisque ma mère est tunisienne et avons abordé aussi des sujets régionaux”, a encore dit M. Strauss-Kahn, notant que cette rencontre “a été très enrichissante et chaleureuse”.
 

 BOUAZZA BEN BOUAZZA



MAROC

350 MILLIONS DE DOLLARS POUR REMÉDIER AUX EFFETS DE LA SÉCHERESSE

Le ministre marocain de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Habib El-Malki, a annoncé à Rabat, que le gouvernement consacrera un montant de 3,5 milliards de dirhams (350 millions de dollars) pour la réalisation d’un programme de lutte contre les effets de la sécheresse pour l’été et l’automne 1999.
Ce programme exposé par M. El-Malki lors d’une réunion interministérielle, s’articule autour de quatre principaux axes se rapportant à l’approvisionnement en eau potable des zones souffrant de pénurie en la matière, à la sauvegarde et la protection du cheptel, au traitement du problème de l’endettement des agriculteurs et à l’ouverture de chantiers à caractère socio-économique.


Le ministre de l’Economie et des Finances, M. Fathallah Oualalou, qui a pris part à cette rencontre, a affirmé que l’équilibre du pays dépend de celui socio-économique du monde rural, soulignant que le gouvernement marocain suit avec un intérêt particulier la situation actuelle en milieu rural et s’emploiera à dépasser les effets de la sécheresse à caractère structurel.
Le secteur céréalier a énormément pâti des effets de la sécheresse contrairement à celui du cheptel et des cultures printanières, a ajouté le ministre, estimant que l’opération de distribution de fourrages, le forage de 250 puits et la mobilisation de 200 camions pour l’approvisionnement en eau potable des zones sinistrées, permettront d’atténuer les conséquences de la sécheresse.
Pour sa part, le ministre de l’Equipement, M. Bouamour Taghouane, a affirmé que les retenues en eau des grands barrages assureront l’approvisionnement de l’ensemble des villes, relevant que les subventions allouées au programme de ravitaillement du monde rural en eau potable “PAGER” ont enregistré une augmentation de l’ordre de 150 pour cent dans le budget 1999/2000. Selon le ministre, quelque 290 “douars” (villages) souffrant de pénurie en eau potable ont été recensés. Ils se trouvent soit éloignés des grandes rivières ou des canaux d’approvisionnement ou ne disposent pas de nappes phréatiques. Ils seront approvisionnés en eau potable par des camions-citernes, en attendant de trouver une solution définitive à ce problème.
 



 
MAROC

LE PLUS GRAND PLAT DE POISSON AU MONDE
Le plus grand plat de poisson “tagine” au monde  était cette semaine en cours de préparation à la ville de Safi (sud du Maroc), a rapporté le journal “Al Mithaq Al Watani”, citant le comité d’organisation de cet événement unique en son genre.
Le quotidien précise que le diamètre de ce plat géant dont la préparation coïncide avec le festival de Safi, est de 6,30 mètres et présenté, le 10 juillet, à la place du centre-ville.
La ville d’Agadir détient depuis quelques années, rappelle-t-on, le record du “plus grand plat de couscous au monde”. 



 
MAURITANIE

5 MILLIONS DE DOLLARS POUR LE PROGRAMME AGRICOLE

Le gouvernement mauritanien va mobiliser près d’un milliard d’ouguiyas, soit environ cinq millions de dollars, pour son programme agricole de l’année en cours, ont indiqué, à Nouakchott, des responsables du ministère du Développement rural.
Ce financement, géré par le crédit agricole, est destiné notamment à l’achat d’engrais, à l’acquisition et la réparation d’engins agricoles, selon la même source.
La Mauritanie qui veut mettre l’accent sur l’agriculture irriguée pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire, mettra en place l’année prochaine un programme intégré, financé par les bailleurs de fonds pour un montant global de 102 millions de dollars, a annoncé le ministre du Développement rural, M. Ould Lakhal.
Selon les statistiques disponibles, la production rizicole de plus de 111.000 tonnes en 1998, a permis de couvrir 60 pour cent des besoins en importation du pays. Mais seulement 60% de la production ont été écoulés. Pour remédier à ces difficultés d’écoulement, les autorités ont annoncé la mise en place d’une ligne de crédit dont le volume n’a pas encore été déterminé.
Par ailleurs, un programme de lutte contre les criquets et les oiseaux granivores qui menacent de grandes superficies agro-silvo-pastorales, a été arrêté. Il prévoit la constitution de comités villageois qui seront dotés des moyens de lutte contre les prédateurs agricoles. 
Les premières précipitations annonçant le début de la saison des pluies, sont tombées dans le sud-est de la Mauritanie. 
 

TUNISIE

TABARKA CAPITALE DU JAZZ

Station balnéaire située sur le littoral du nord-ouest de la Tunisie, la ville de Tabarka a acquis une notoriété mondiale avec son célèbre slogan: “Je ne veux pas bronzer, idiot”. Entre autres manifestations qu’elle abrite dans ce cadre, le festival international de jazz qu’elle organise chaque année avec la participation de grands noms de cette musique de complainte des Noirs Américains du sud des Etats-Unis qui, depuis sa naissance dans les années 1890 à la Nouvelle-Orléans, connaît désormais un rayonnement universel.
A l’occasion de la présente session, la 4ème du genre (du 2 au 10 juillet), les férus de jazz ont vu des artistes afro-américains de renom, tels “la reine du jazz”, Dee Dee Bridgewater; “le maître du saxophone” d’origine camerounaise, Manu Di Bango, en passant par la mélodieuse Carmen Bradford, le groupe “The Temptations” jusqu’au “prince du blues” Lucky Peterson.
Avec un programme aussi riche que varié où, en plus de grandes vedettes qui se produisaient dans l’enceinte de “La Basilique”, un monument antique datant du VIème siècle, dont Dee Dee Bridgewater dira que c’est “un lieu magique”, une animation de rue était assurée par des groupes de diverses nationalités (tunisiens, marocains, américains et latino-américains), le cœur de Tabarka bat  au rythme du jazz, du blues et de la salsa.
D’année en année, grâce à une organisation de plus en plus sophistiquée gérée par l’Office national tunisien du tourisme (ONTT), ce festival connaît une affluence grandissante, favorisée par une infrastructure de haut standing mise en place par l’Etat, notamment un port de plaisance, un parcours de golf et un aéroport international. Ces atouts viennent s’ajouter aux belles plages de Tabarka, à ses ressources naturelles dont une forêt “paradisiaque” et aux vestiges historiques dont se distingue cette région.
 

La jazzwoman Carmen Bradford 
sur la scène du festival de Tabarka.


Vue d’une animation de rue à 
Tabarka avec des groupes équestres. 


Manu Di Bango en pleine action.

LA REINE DU JAZZ
Lors de la soirée inaugurale, la “reine du jazz” a tout simplement subjugué les milliers de spectateurs accourus de tous bords pour apprécier la virtuosité de De Dee Bridgewater au scat. Grâce, notamment, à ce chant de voix sans parole articulé et très prisé par les fans du jazz, l’ancienne épouse de l’influent new-yorkais, Cécile Bridgewater, a pu refaire surface après son installation en France et reconquérir sa place dans les premières loges du jazz mondial. Après des interprétations d’Ella Fitzgerald en témoignage d’“amour à cette grande dame du jazz” et de Duke Ellington, dont le festival de Tabarka fête cette année le 100ème anniversaire, Dee Dee Bridgewater a eu droit à une ovation particulièrement chaleureuse lorsqu’elle a interprété “Nights in Tunisien” que d’aucuns qualifient comme étant “l’un des plus grands classiques du jazz”, composé par Dizzy Gillespie lors d’un passage dans ce “lieu mythique”. Tabarka dont le festival est “plus humain que celui de Montreux (France) qui est devenu une machine”, jugera “la reine du jazz” lors d’une rencontre avec la presse après son récital.

SHOW DE MANU DI BANGO
C’est à un show plein de rythme fait de métissage de jazz américain et de musiques africaines, que le public assistera à la fin de la soirée avec Manu Di Bango et son groupe: “The soul makossa gang”.
Autre figure marquante du jazz, le pianiste Ahmed Jamal, surnommé “l’architecte du jazz”, a été la vedette de la deuxième soirée où, pendant près de deux heures, il a accaparé les milliers de spectateurs venus découvrir et apprécier celui qui a défrayé la chronique des années durant aux Etats-Unis, avec son toucher “révolutionnaire” et son air mystique à la Ghandi.



 
ALGÉRIE - MAROC
VERS LA RÉOUVERTURE DES FRONTIÈRES

Depuis l’élection du président Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République algérienne, les relations algéro-marocaines connaissent un réchauffement manifeste. Ces dernières semaines, les déclarations et les initiatives multipliées de part et d’autre, tendant vers la normalisation des rapports entre les deux pays maghrébins voisins après une assez longue période de froid, ponctuée parfois de tension, du fait essentiellement du différend qui les opposait au sujet du Sahara occidental.
La dernière initiative en date a été la visite effectuée en Algérie par le ministre marocain de l’Intérieur, M. Driss Basri, au cours de laquelle il a été reçu par le chef de l’Etat algérien, auquel il a remis un message du roi Hassan II et eu des entretiens avec son homologue algérien, M. Abdelmalek Sellal.

MÊME VOLONTÉ
Dans une déclaration faite à cette occasion, à l’Agence marocaine de presse (MAP), M. Basri a affirmé que le Maroc et l’Algérie sont animés de la “même volonté” de promouvoir leur coopération, notant qu’il existe entre les deux pays une similitude de vues et une méthodologie d’approches réalistes du traitement des rapports algéro-marocains.
Il a déclaré que le président Bouteflika l’a chargé de transmettre au souverain marocain un message “fraternel, chaleureux et substantiel exprimant la même volonté de coopération de la part de l’Algérie avec le royaume du Maroc”.
S’agissant de sa rencontre avec son homologue algérien, qui a eu lieu en présence du ministre tunisien de l’Intérieur, M. Ali Chaouch, présent à Alger à l’occasion de la réunion des ministres de l’Intérieur des pays riverains de la Méditerranée, M. Basri a indiqué que les trois parties ont “abordé les questions de coopération qui lient les trois pays” et ont “identifié la nature, les voies et moyens de traitement” de ces questions. “Nous allons nous mettre au travail pour déblayer le terrain”, a-t-il dit. “Le constat, c’est qu’il y a une unité de vision, de démarche et une expression de bonne volonté qui, par la grâce de Dieu, ne seront pas démenties”, a-t-il souligné.
A une question sur une éventuelle suppression des visas et la réouverture des frontières entre les deux pays, M. Basri a indiqué que “la volonté existe” et que tout sera entrepris pour y arriver.
Le ministre marocain de l’Intérieur a, par ailleurs, mis l’accent sur “la complète communion de vues” entre le président algérien et le souverain marocain. “Il faut dire que tout est fait pour unir nos deux peuples”, a-t-il ajouté.

INSTRUCTIONS POUR DENSIFIER RAPIDEMENT LES RELATIONS
De son côté, le ministre algérien de l’Intérieur a affirmé que des “instructions ont été données en vue de densifier rapidement les relations maroco-algériennes en crise” depuis plusieurs années. “Il s’agit de mettre le train sur les rails (..), activer et mettre en place les mécanismes rapidement pour renforcer les relations bilatérales et lever toutes les équivoques”, a-t-il déclaré à la MAP.
Au cours de la visite de M. Basri en Algérie, les deux parties ont convenu de mettre sur pied une commission technique mixte pour se pencher sur les modalités de réouverture des frontières entre les deux pays. Celles-ci avaient été fermées en septembre 1994 à la suite de la décision marocaine d’imposer des visas d’entrée aux ressortissants algériens après un attentat contre un hôtel à Marrakech qui avait causé la mort de deux Espagnols. 


TOURNÉE ARABE DU ROI ABDALLAH II DE JORDANIE

Le roi Abdallah II de Jordanie a effectué une visite en Mauritanie, quatrième et dernière étape d’une tournée arabe qui l’a conduit auparavant au Yémen, au Soudan et au Maroc.

Au cours de son bref séjour à Nouakchott, le souverain hachémite a eu des entretiens avec le président Mouaouia Ould Sid’Ahmed Tayaâ au sujet des relations bilatérales, des questions arabes et internationales d’intérêt commun, notamment le processus de paix au Proche-Orient.
A son départ, le roi Abdallah a indiqué dans un message adressé à son hôte, avoir été très satisfait des discussions “consacrées à un échange de vues sur la situation présente et sur la coordination entre frères arabes pour redynamiser la solidarité” entre eux.
Avant de quitter la capitale mauritanienne, le roi Abdallah a invité le président Ould Tayaâ à effectuer une visite en Jordanie et s’est “engagé à consolider” la coopération entre les deux pays.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



MAROC
OPÉRATION UNICEF EN FAVEUR DES ENFANTS DE LA RUE

Une délégation représentant l’Organisation des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et la direction centrale de British Airways s’est rendue, dernièrement, au Maroc pour donner le coup d’envoi de l’opération “Change for good”.
Cette opération, en vigueur dans plusieurs pays du monde, vise à collecter des fonds qui seront utilisés par l’Unicef pour financer des programmes destinés, essentiellement, à réhabiliter les enfants de la rue au Maroc, indique l’Agence marocaine de presse (MAP).
Les membres de la délégation se sont rendus dans un centre de rééducation de jeunes filles de la région de Casablanca et ont visité un autre centre pour enfants de la rue “Bayti” qui bénéficie du soutien de l’Unicef.
L’opération “Change for good”, lancée dans les vols de British Airways depuis avril 1994, a pu générer une somme de 7 millions de livres sterling. Selon l’Unicef, les fonds collectés ont permis de financer des programmes en faveur de l’enfance dans 40 pays à travers le monde.


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