DOSSIER

On appelle maladies vénériennes ou sexuellement transmissibles (MST), celles qui se transmettent, principalement, au cours des rapports sexuels. Cependant, cette voie de transmission n’est pas exclusive. Autrefois, on redoutait ces maladies que l’on disait honteuses. On hésitait même à les déclarer à son médecin, encore bien plus à son ou sa partenaire. A une période où on assiste à une libération sexuelle, il est impératif de se protéger et d’être bien informé, car mieux vaut prévenir que guérir. Même si certains s’attachent toujours aux valeurs morales et religieuses qui ont jusqu’à nos jours fortement imprégné la société libanaise et dont chacun de nous est fier, il est temps de voir la réalité en face et d’admettre que notre pays est en train de vivre une véritable révolution des mœurs et des mentalités.
Problème à dimension internationale, les “maladies d’amour”, ne sont pas une fatalité! Elles s’évitent et se guérissent presque toutes.
A l’aube du IIIème millénaire, le tabou devrait avoir cédé le pas au dépistage et au traitement le plus rapide possible.
Où se place le Liban face à ce problème social?

LES MALADIES
SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES

RISQUES ET PRÉVENTIONS

par Nadine Fayad Comair


LE MINISTRE DE LA SANTÉ DR KARAM KARAM:

LE NOMBRE DES SIDÉENS EST STABLE ET LIMITÉ

Le ministre de la Santé, Dr Karam Karam, nous affirme que son département propose les mêmes mesures préventives suivies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
“Nous souhaitons, dit-il, que les relations sexuelles ne soient pas anarchiques et n’aient lieu que dans le cadre du mariage.
Cependant, si ces relations avaient lieu, les précautions devraient être sérieusement prises, surtout avec la présence du Sida.


Le ministre Karam à Nadine Comair: “Nous collaborons avec le ministère
des Affaires sociales et l’OMS”.

Ne pensez-vous pas instaurer des mesures éducatives dans les écoles ou faire passer, régulièrement, des spots d’information à travers la télévision, par exemple?
Nous avons un programme de lutte contre le Sida et l’OMS nous aide dans ce domaine. Chaque année, nous organisons, également, une campagne à ce sujet durant le mois de décembre. Nous avons déjà fait des campagnes concernant les maladies de la prostate. Actuellement, nous nous occupons de la prévention de la tuberculose et, prochainement, nous lancerons une campagne de prévention des maladies cardiaques. Au Liban, le nombre de malades atteints de tuberculose a diminué; de mille cas, il y a quelques années, on dénombre maintenant sept cents cas par an.

NOMBRE STABLE DES SIDÉENS
Quel est le nombre des sidéens déclarés au ministère de la Santé?
Il existe, sûrement, des statistiques et il est obligatoire de déclarer les sidéens au ministère de la Santé. Cependant, je n’ai pas ce chiffre en tête. Le comité responsable de la lutte contre le Sida, présidé par le Dr Nakib et en rapport permanent avec l’OMS, est en mesure de vous donner le nombre exact des cas déclarés.
(A ce sujet, le Dr Nakib nous a précisé que 529 cas de malades du Sida sont, actuellement, déclarés au ministère).
Le nombre des malades est-il en train d’augmenter?
Au Liban, le nombre des sidéens est stable et limité. Ceci est dû à l’éveil, à l’importance des valeurs et des principes sociaux qui caractérisent la société libanaise. Les médecins et les hôpitaux sont tenus de déclarer au ministère de la Santé les personnes atteintes du Sida.

LES MÉDICAMENTS SERONT ASSURÉS EN JUILLET
Quelles sont les maladies sexuellement transmissibles les plus répandues au Liban?
La gonococcie est assez répandue, mais a beaucoup diminué, grâce aux traitements à base de pénicilline. Dans les autres pays et, surtout, aux Etats-Unis, la maladie qui se transmet le plus et la plus répandue est la chlamydiose.
Au Liban, le pourcentage reste modéré; cependant, on ignore le nombre des personnes, atteintes de cette bactérie dans notre pays, d’autant plus que cette maladie est facile à soigner.
Les soins de ces maladies sont-ils remboursés?
Bien sûr; les soins hospitaliers sont remboursés.
Les associations se plaignent du manque de médicaments et de leur coût élevé...
A une certaine période, les médicaments se sont épuisés du ministère de la Santé. Mais sous peu, tout devrait être rentré dans l’ordre; ces traitements sont pris en charge par le ministère.
Le test de dépistage du Sida ne pourrait-il pas être remboursé?
Ce test n’est pas remboursé, pour la simple raison que nous ne pouvons pas cerner les personnes qui tiennent à l’effectuer et si elles sont assurées ou pas.

MALADIE NON CONTAGIEUSE
Un hôpital a-t-il le droit de refuser un sidéen?
Non, ceci n’est pas faisable. Un malade atteint du Sida n’est pas contagieux, mais les gens ont peur par manque de culture.
Quels sont les milieux les plus touchés?
Comme partout dans le monde, cette maladie touche surtout les homosexuels. Dans certains pays d’Afrique, plus de la moitié de la population en est atteinte. Beaucoup de Libanais vivant dans ces pays, pourraient être porteurs du virus.
Ne pouvez-vous pas imposer un test obligatoire aux personnes venant de pays à hauts risques?
Non, car cette maladie existe dans tous les pays et aucun d’eux n’a instauré cette mesure.
Existe-t-il ici des centres spécialisés dans le traitement des sidéens?
Non, dans les pays étrangers, les spécialistes ont trouvé préférable de ne pas créer des centres spécialisés dans ce domaine. Un malade atteint du Sida entre à l’hôpital pour des raisons de complications uniquement, que se soit au niveau des poumons ou de l’immunité...
Collaborez-vous avec le ministère des Affaires sociales?
Il existe, évidemment, une collaboration avec le ministère des Affaires sociales, à travers le programme indiqué par l’OMS.
Que pensez-vous de l’idée de subventionner les moyens de protection, tel de réduire le prix des préservatifs, par exemple?
Nous sommes en train d’étudier ce projet et les préservatifs pourraient être gratuits. D’ailleurs, certaines associations en distribuent gratuitement. C’est un moyen de prévention, après tout.



Les maladies d’amour ne sont pas une fatalité.

PLUSIEURS ASSOCIATIONS LUTTENT CONTRE LES MST

Plusieurs associations luttent contre les maladies sexuellement transmissibles. Citons, à titre d’exemple, le planning familial libanais, Caritas, le SIDC présidé par M. Elie Aaraj (Tél: 01-482428), la JCD à Jounieh (Tél: 09-932549), la JAD à Jbeil, la Société libanaise du Sida, etc...
Selon M. Aaraj, président du SIDC (soins infirmiers et développement communautaire), “le nombre des sidéens déclarés au ministère de la Santé ne représente que 8 à 10% de la réalité. Plusieurs facteurs contribuent à ce que le nombre de malades du Sida augmente et il existe beaucoup de milieux à risques.
En ce qui concerne la prévention, on se heurte toujours à des problèmes financiers. Notre programme, on essaye de responsabiliser les gens et de les sensibiliser au thème de la santé publique. Notre association assure des soins à domicile, ainsi qu’un lien entre la famille du malade et les médecins.
Les “maladies d’amour” ne sont pas une fatalité. Il faudrait, aujourd’hui, connaître ses risques.
Dépistées et traitées tôt et, surtout, prévenues, efficacement, elles s’évitent et se guérissent presque toutes facilement. Les MST ont quitté le cercle étroit des groupes sociaux à risques pour s’installer dans tous les milieux.


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LES LOCALISATIONS ET TRANSMISSIONS 
LES PLUS FRÉQUENTES DES MST

Génitales
- Les candidoses - Le chancre mou - La gonococcie - L’herpès
- Les infections à mycoplasmes - Les trichomonas - Le SIDA
- Le syphilis - Les végétations vénériennes - Le molluscum contagiosum - La phtiriase (morpions) et la gale sur le pubis.

Cutanées
- L’herpès - La syphilis - Le molluscum contagiosum - La gale.

Buccales
- Les chlamydioses - La gonococcie (dans le pharynx également)
- La syphilis - Certaines infections à papilloma. 

Laryngées
- Papillomes laryngés.

Anales
- La syphilis - L’herpès - L’hépatite virale - Le SIDA 
- La gonococcie - L’amibiase - Les infections à papilloma (végétations vénériennes).

Transmission sanguine
- Le SIDA - L’hépatite virale.

LES SIGNES QUI DOIVENT VOUS ALERTER

Toutes les anomalies que vous constatez au niveau de vos organes génitaux, de l’anus et du rectum, les ganglions enflammés et gonflés, doivent vous amener à consulter un médecin.
A noter:
Chez l’homme:
• Des brûlures en urinant.
• Du sang dans les urines.
• Un écoulement purulent à l’extrémité de la verge.
• Un bouton ou des démangeaisons sur la verge, les organes génitaux, dans la région ano-rectale.
• Des douleurs dans le bas-ventre.

Chez la femme:
• Des pertes vaginales excessives et inhabituelles, malodorantes ou non, blanches, verdâtres ou grises.
• Des démangeaisons au niveau de la vulve, du vagin ou de l’anus.
• Des lésions, des boutons sur les organes génitaux.
• Une envie fréquente d’uriner, une gêne lorsque vous allez uriner, des brûlures.
• Des rapports sexuels douloureux.
• Des pertes de sang anormales.
• Des douleurs dans le bas-ventre.


LES MALADIES VÉNÉRIENNES LES PLUS RÉPANDUES AU LIBAN:


LE CHLAMYDIA, UN OBSTACLE À LA GROSSESSE

Ce type de MST est particulièrement sournois. Elle peut évoluer longtemps et ne se révéler qu’au moment du désir d’enfant, lors de grossesses extra-utérines ou d’avortements à répétition.
On assiste, actuellement, à une augmentation du nombre des sujets atteints (2 millions de cas en France). Le traitement à base d’antibiotiques est efficace et dure, en moyenne, quinze jours.
Les symptômes ne sont pas toujours clairs, d’où la gravité de cette maladie. La plupart du temps, elle se manifeste par une inflammation modérée de l’urètre chez l’homme, assez souvent par une gêne, voire des douleurs en urinant. Elle est due à un micro-organisme intracellulaire.
Chez la femme, les manifestations sont assez banales: des pertes blanches isolées, des brûlures, parfois des douleurs intenses dans le bas-ventre, voire dans le dos et, très souvent, hélas! une salpingite chronique silencieuse. L’infection est, alors, révélée bien longtemps après la contamination à l’occasion d’une consultation pour stérilité. L’incubation de la maladie varie de quelques jours, à quelques semaines après le contact infectant, mais elle est difficile à préciser chez un grand nombre de femmes.
Une infection de chlamydia trachomatis peut donc avoir de redoutables conséquences pour la femme. Chez l’homme, elle peut aboutir à une épididymite, à une prostatite et à une inflammation des glandes de Cowper (destruction des spermatozoïdes). Beaucoup plus rarement et pour les deux sexes, une chlamydiose non traitée donne une conjonctivite et des inflammations des articulations.


 
LE SIDA
S comme syndrome
I comme immuno (atteinte du système immunitaire)
D comme déficience
A comme acquise, car le malade a acquis la déficience de son système immunitaire au contact du virus.
Le Sida est provoqué par un virus (VIH), isolé en mai 1983 par l’équipe pastorienne du Pr. Luc Montagnier. Ce virus agit, avant tout, en détruisant les cellules dans lesquelles il s’insère. Il a une grande affinité pour le système nerveux et le cerveau.
 

Le virus du Sida (en haut) et son bourgeonnement.

Cette maladie de la fin du XXème siècle, a fait couler beaucoup d’encre. Problème à l’échelle internationale, elle perturbe les liens sociaux. Etre séropositif signifie seulement que l’on a rencontré le virus du Sida ou que l’on est porteur du virus. Mais il est très possible qu’un porteur sain ne développe jamais la maladie elle-même. En revanche, le virus peut rester en sommeil pendant des années dans l’organisme et se réveiller, brutalement, un jour sous l’influence de facteurs inconnus.
Le virus présent dans tous les fluides organiques (sueur, larmes, urines, sang, sperme, sécrétions vaginales, lait maternel...) ne se transmet pourtant que par la voie sanguine et sexuelle ou par le placenta.
 


 
LES CHAMPIGNONS

“C’est le pain quotidien du gynécologue”, disent les professionnels. Elles atteignent 6% de la population en période d’activité génitale.
La contamination peut se faire, certes, par contact direct au cours de rapports sexuels - c’est le cas de 30%, 40% des candidoses - Ainsi, un traitement antibiotique prolongé détruit la flore microbienne utile et équilibrée du milieu intestinal. Les modifications hormonales induites par la contraception orale ou la grossesse, sont un autre facteur important d’apparition des candidoses. Enfin, les jeans serrés, les vêtements et les sous-vêtements qui entretiennent une macération, les tampons périodiques, voire les plages et les piscines, peuvent être à l’origine d’une candidose.


Candida Albicans, champignons.

CHEZ LA FEMME
Chez la femme, l’infection prend la forme de brûlures, de démangeaisons assez importantes, de rapports sexuels douloureux et, surtout, de pertes blanchâtres, abondantes, très caractéristiques: elles sont épaisses, grumeleuses, forment de petits caillots et dégagent une odeur plutôt aigre, mais pas spécialement mauvaise. Elles font des taches amidonnées.
Les symptômes sont exacerbés au moment des deux ou trois jours qui précèdent les règles. Ils sont très souvent à l’origine de troubles psychologiques, affectifs et sexuels, surtout lorsqu’elles sont tenaces et récidivent. Malheureusement, 10% de ces candidoses sont très opiniâtres et récidivent. Dans ce cas-là, le médecin peut être amené à prescrire un traitement par voie orale (solutions, comprimés, etc.) et des conseils d’hygiène: changer de sous-vêtements tous les jours, préférer les slips en coton, faire sa toilette avec une solution antiseptique, supprimer les savons acides, bien se sécher.
Le régime alimentaire a son rôle à jouer dans la lutte contre les récidives de candidoses, car il peut tenter de rétablir l’équilibre de la flore intestinale. Il faut, en effet, éviter les régimes riches en sucre (glucides), les pommes de terre, les carottes et leur préférer des régimes protéinés: viandes, yaourts.
 

 
LA SYPHILIS OU VÉROLE

“J’ai la vérole; enfin, la vraie. La grande vérole, celle dont est mort François 1er. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent, je n’ai plus peur de l’attraper.”

Guy de Maupassant - La Folie.
Parlerait-on ainsi, aujourd’hui?
La syphilis est très peu répandue au Liban. Elle est, pourtant, le modèle même des “maladies d’amour”, ressentie de tout temps comme une maladie honteuse. On en comptabilise à peu près 70 millions de cas dans le monde. Cette maladie est due à une bactérie qui se contracte, presque exclusivement, par les relations sexuelles, sauf dans certains cas, où elle est transmise directement d’une mère à son enfant.
La syphilis traverse, en principe, trois phases:
- La phase primaire intervient en moyenne de 3 à 6 semaines après le rapport contaminant. Tout commence par l’apparition d’une petite tache rose superficielle, indolore, ronde, sur les parties génitales. Elle s’agrandit, se creuse. Le chancre s’ulcère. Il est bordé de rouge. Si on le palpe, il ne fait jamais mal, mais il est dur.
- La phase secondaire, en moyenne de 8 à 14 semaines plus tard se manifeste par l’éruption de minuscules taches roses, sans relief qui ne démangent pas, sur le thorax, l’abdomen, parfois les membres: c’est la roséde; souvent, le premier signe visible chez la femme. Parfois, surgissent des boutons saillants autour de la bouche, sur les organes génitaux, sur la plante des pieds et la paume des mains.
- La phase tertiaire - de 4 à 20 ans après - peut affecter tous les organes, mais surtout les nerfs, le cerveau, les artères et le cœur. Le diagnostic de la syphilis est, en effet, souvent tardif, car on a tendance à ne plus y penser. Les nouveau-nés risquent d’être contaminés par la mère durant la grossesse et la contamination peut être grave.
Le diagnostic se fait en laboratoire par des prélèvements de lésion avant la toilette et l’examen du sang confirmera cette observation quelques semaines plus tard. Le traitement recourt toujours aux antibiotiques, la pénicilline notamment. Il est important de savoir que les plaques muqueuses buccales syphilitiques sont très contagieuses et qu’on peut transmettre la maladie par une embrassade.
 

 
L’HÉPATITE B

On met en évidence la présence de ce virus (HBS) dans le sang, le sperme, la salive et les sécrétions vaginales. Plusieurs milieux biologiques permettent donc de transmettre le virus, notamment des injections qui en sont souillées. Le virus est le principal responsable des hépatites chroniques et aiguës; puis, à long terme, sous 20 à 30 ans des cancers primitifs du foie. Malheureusement, les porteurs sains de cet antigène de surface du virus sont nombreux et peuvent transmettre la maladie sans le savoir. La durée d’incubation est longue et varie entre deux et trois mois, parfois plus. Pendant une à trois semaines, elle peut se manifester par des douleurs dans les articulations, un état pseudogrippal, une fatigue prononcée, de la fièvre, quelques nausées. Puis, c’est l’ictère, ou jaunisse.


Les urines sont jaunes très foncées, presque brunes. Les selles sont décolorées, la fatigue devient intense. Le malade perd totalement l’appétit. De 3 à 6 semaines plus tard, l’ictère disparaît. La période de convalescence dure de un à six mois. Pour diagnostiquer la maladie, il faut recourir à des tests sérologiques appliqués à partir de prélèvements sanguins et d’examens de selles. Seul le repos permet de surmonter l’hépatite B. En revanche, la vaccination contre ce virus est très utile pour protéger les sujets à risques.
 


 
LA GONOCOCCIE

La gonococcie est due à une bactérie, le gonocoque. Chez l’homme, elle se manifeste par une sensation intense de brûlure en urinant et l’apparition de pus. Chez la femme, dans 70% des cas environ, la maladie reste souvent muette, invisible, indolore. Cette discrétion de la maladie est partagée par 10% des hommes qui restent porteurs sains. Parfois, elle se traduit par de simples pertes blanches et une légère irritation en urinant. La gonococcie se contracte, pratiquement, toujours par un rapport sexuel. Mais le germe peut demeurer vivant pendant plus de seize heures sur une serviette ou un siège de W.C. On a, déjà, vu de jeunes enfants contaminés par leurs parents. Attention, on peut contaminer ses yeux par contact direct avec des doigts ou des objets infectés.
L’ophtalmie néo-natale, due à la contamination de l’enfant lors de sa naissance, fait encore beaucoup de ravage dans les pays en voie de développement.
Le traitement par les antibiotiques assure une guérison rapide. Il est indispensable de respecter des règles strictes d’hygiène: se laver les mains en sortant des toilettes, utiliser un linge de toilette personnel et le changer tous les jours.
 


L’HERPÈS GÉNITAL

L’herpès génital fait, depuis quelques années, une offensive fulgurante aux Etats-Unis, où on parle de 10 millions de cas au minimum. Cette maladie douloureuse et récidivante, se manifeste sous des formes très variées. La fatigue générale s’installe. Peu de temps après, apparaissent des bouquets de vésicules, sortes de petites cloques remplies d’un liquide clair.

En quelques jours, celui-ci se trouble. Il se forme une croûte qui tombe en laissant une surface rouge douloureuse, laquelle finit par disparaître. La guérison de cette primo-infection se fait, en moyenne, en onze jours (de 1 à 33 jours). Ce virus peut réapparaître à l’occasion d’un stress, d’une émotion, sous l’influence du soleil ou de modifications physiologiques. Le malade est contagieux tant que les lésions ne sont pas cicatrisées (vingt jours en moyenne), le diagnostic de l’herpès s’obtient par examen clinique. La forme la plus grave de la contagion est la transmission du virus par la mère au nouveau-né, soit pendant la grossesse soit plus tard. Ce virus survivrait plusieurs heures sur un siège de toilette et jusqu’à trois jours sur une serviette humide. L’hygiène est importante!
 



MESURES DE PRÉVENTION ET TRAITEMENTS DU SIDA

On ne peut pas être contaminé dans ses actes de la vie quotidienne: serviettes, verres, draps, etc... La fréquentation sociale et familiale de personnes séropositives ou atteintes du Sida ne constitue aucun risque: on peut les embrasser sur la joue, leur serrer la main sans problème, utiliser les mêmes W.C.
En revanche, il est indispensable de respecter un certain nombre de conseils d’hygiène spécifiques et des mesures de prévention générale.
1 - Le virus du Sida vit dans le sang, le sperme et les écoulements génitaux. Il faudrait donc éviter tout contact par le sang, le sperme ou les sécrétions d’autrui.
2 - Il est impératif d’utiliser un préservatif  et de le faire correctement.
3 - Des personnes apparemment en bonne santé, peuvent être porteuses du VIH et le transmettre sans le savoir.
4 - Le Sida se transmet par les relations sexuelles (même orales), par l’utilisation d’aiguilles ou de seringues contaminées et, également, d’une mère à son enfant.
5 - Les mesures préventives sont l’abstinence ou l’utilisation de préservatifs. Il est important de ne jamais partager un rasoir, une brosse à dents, ni n’importe quel objet ayant pu être contaminé par du sang.
6 - Une femme atteinte du virus, ne doit jamais allaiter.
Il est important de savoir que les rapports sexuels entre deux personnes séropositives doivent, également, être protégés, car l’évolution vers le Sida  se fait plus facilement en ayant des contacts répétés avec le virus.
En résumé, personne n’est à l’abri d’une contamination par cette maladie qui a dépassé le cadre étroit des groupes à risques. L’allure de la courbe de progression du Sida dans le monde est très inquiétante. Voilà pourquoi, en l’absence de traitements et de vaccins, la prophylaxie générale et la prévention individuelle peuvent à elles seules le faire régresser.


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LA SOCIÉTÉ LIBANAISE DU SIDA
Etant spécialisé pour le traitement des maladies infectieuses et membre de la société libanaise du Sida, le Dr Jacques Mokhbat a expliqué que le but de l’association est de répandre l’information sur le Sida. Nous organisons des campagnes de prévention avec et, à travers les jeunes qui sont notre cible principale (clubs de jeunes, service militaire, camps dans les villages...). Nous sensibilisons, également, le corps médical et infirmier en donnant des conférences scientifiques dans les hôpitaux et, par le fait même, nous essayons de leur expliquer comment eux aussi peuvent conseiller et aider les personnes atteintes du Sida. Médicalement parlant, les maladies sexuellement transmissibles ne se transmettent pas par les WC et les serviettes humides; vous connaissez la blague: “Madame, je suis désolé mais votre fille a la syphilis... - Oh! docteur, elle l’a attrapée dans les toilettes publiques.
- C’est bien possible, mais ça n’a pas dû être très confortable....”
“La transmission par les toilettes, je n’y crois pas vraiment” , explique le Dr Mokhbat.

AIDE GRATUITE AUX MALADES
Nous entreprenons des activités de recherches dans le domaine du Sida: recherches sociales, études sur le genre de virus existant au Liban, sur la résistance de ces virus aux traitements, etc... La Société libanaise du Sida offre une aide gratuite aux malades et couvre une partie des frais. Depuis 1997, le ministère a commencé à payer le traitement qui coûte au moins 1.300 dollars par mois hors hospitalisation.
Le coût d’un sidéen hospitalisé équivaut au traitement de cent malades: 40 jours reviennent à 20.000 dollars, somme avec laquelle on pourrait acheter le traitement d’un malade et demi par an.
Notre association est bénévole. Nous organisons des soirées musicales, des dîners, des ventes aux enchères afin de collecter des fonds.
700 à 800 malades du Sida sont arrivés aux soins médicaux au Liban (chiffre cumulatif). Actuellement, entre 120 et 150 sont sous traitement. Théoriquement, le nombre de personnes séropositives au Liban devrait être de l’ordre de 2.500.
A la question: Qu’attendez-vous de l’Etat libanais? Le Dr Mokhbat répond: “J’attends, surtout des instances internationales et non seulement de l’Etat libanais, une politique de santé; qu’on comprenne une fois pour toutes, s’il y a un engagement sérieux pour le traitement du Sida.”

INTENSIFIER LES CAMPAGNES SCOLAIRES
Il est certain que nous voulons une activité beaucoup plus sérieuse; nous attendons depuis des années une intensification des campagnes scolaires pour la lutte contre le Sida, nous attendons qu’il y ait une décision gouvernementale, une mise au point d’un programme impératif dans les écoles ayant pour but d’enseigner la sexualité dès l’âge de 7-8 ans; de faire comprendre aux enfants quelle  est la prévention contre les MST avant qu’ils fassent leurs premiers pas dans la vie sexuelle. Un programme a déjà été établi et il faudrait absolument l’appliquer dans les écoles libanaises. Des psychologues et des pédagogues savent le faire et ceci est très important; il s’agit de la santé publique.
Il faudrait, surtout, arrêter cette tendance honteuse de vouloir développer l’économie libanaise sur la base de la traite des blanches. Il faut qu’on en parle et c’est vraiment inacceptable de fermer l’œil sur ce sujet. Nous faisons la traite des corps, la traite des êtres humains. Des femmes sont traitées comme des marchandises; nous les amenons pour la prostitution et c’est vraiment honteux pour un pays qui prétend être le berceau de la civilisation. Il faut que l’Etat se réveille pour arrêter ce genre de choses. Il est impératif d’arrêter cette extension de la prostitution. Ce ne sont pas les tests qui nous protègeront.

SÉVIR CONTRE LES TRAFICANTS DE DROGUE
Ce n’est pas la prostituée qu’il faudrait poursuivre, ce sont les “marchands de prostitution”. Ce ne sont pas non plus les drogués qu’il faut arrêter, mais les traficants. La drogue est partout et que faisons-nous pour lutter contre ce fléau?
La personne vivant avec le Sida, doit être respectée et protégée par la loi; il ne faut pas la chasser de son travail, parce qu’elle est séropositive. Il n’y a aucune discrétion et certains hôpitaux refusent les sidéens.
Les enfants atteints de cette maladie devraient être scolarisés normalement. On vit dans le mensonge! Reste à savoir si les organismes nationaux veulent vraiment s’engager à traiter les personnes atteintes du Sida. Il faut savoir, aussi, si les organismes mondiaux veulent,  à leur tour, contribuer au traitement du Sida dans les pays du tiers monde. C’est un problème international à résoudre! 


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