On appelle maladies vénériennes
ou sexuellement transmissibles (MST), celles qui se transmettent, principalement,
au cours des rapports sexuels. Cependant, cette voie de transmission n’est
pas exclusive. Autrefois, on redoutait ces maladies que l’on disait honteuses.
On hésitait même à les déclarer à son
médecin, encore bien plus à son ou sa partenaire. A une période
où on assiste à une libération sexuelle, il est impératif
de se protéger et d’être bien informé, car mieux vaut
prévenir que guérir. Même si certains s’attachent toujours
aux valeurs morales et religieuses qui ont jusqu’à nos jours fortement
imprégné la société libanaise et dont chacun
de nous est fier, il est temps de voir la réalité en face
et d’admettre que notre pays est en train de vivre une véritable
révolution des mœurs et des mentalités.
Problème à dimension internationale,
les “maladies d’amour”, ne sont pas une fatalité! Elles s’évitent
et se guérissent presque toutes.
A l’aube du IIIème millénaire,
le tabou devrait avoir cédé le pas au dépistage et
au traitement le plus rapide possible.
Où se place le Liban face à
ce problème social?
LES MALADIES
SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES
RISQUES ET PRÉVENTIONS

LE MINISTRE DE LA SANTÉ DR KARAM KARAM:
LE NOMBRE DES SIDÉENS EST STABLE ET LIMITÉ
Le ministre de la Santé,
Dr Karam Karam, nous affirme que son département propose les mêmes
mesures préventives suivies par l’Organisation mondiale de la santé
(OMS).
“Nous souhaitons, dit-il, que les
relations sexuelles ne soient pas anarchiques et n’aient lieu que dans
le cadre du mariage.
Cependant, si ces relations avaient
lieu, les précautions devraient être sérieusement prises,
surtout avec la présence du Sida.
Le ministre Karam à Nadine Comair: “Nous collaborons
avec le ministère
des Affaires sociales et l’OMS”.
NOMBRE STABLE DES SIDÉENS
Quel est le nombre des sidéens déclarés au
ministère de la Santé?
Il existe, sûrement, des statistiques et il est obligatoire de
déclarer les sidéens au ministère de la Santé.
Cependant, je n’ai pas ce chiffre en tête. Le comité responsable
de la lutte contre le Sida, présidé par le Dr Nakib et en
rapport permanent avec l’OMS, est en mesure de vous donner le nombre exact
des cas déclarés.
(A ce sujet, le Dr Nakib nous a précisé que 529 cas de
malades du Sida sont, actuellement, déclarés au ministère).
Le nombre des malades est-il en train d’augmenter?
Au Liban, le nombre des sidéens est stable et limité.
Ceci est dû à l’éveil, à l’importance des valeurs
et des principes sociaux qui caractérisent la société
libanaise. Les médecins et les hôpitaux sont tenus de déclarer
au ministère de la Santé les personnes atteintes du Sida.
LES MÉDICAMENTS SERONT ASSURÉS EN JUILLET
Quelles sont les maladies sexuellement transmissibles les plus répandues
au Liban?
La gonococcie est assez répandue, mais a beaucoup diminué,
grâce aux traitements à base de pénicilline. Dans les
autres pays et, surtout, aux Etats-Unis, la maladie qui se transmet le
plus et la plus répandue est la chlamydiose.
Au Liban, le pourcentage reste modéré; cependant, on
ignore le nombre des personnes, atteintes de cette bactérie dans
notre pays, d’autant plus que cette maladie est facile à soigner.
Les soins de ces maladies sont-ils remboursés?
Bien sûr; les soins hospitaliers sont remboursés.
Les associations se plaignent du manque de médicaments et de
leur coût élevé...
A une certaine période, les médicaments se sont épuisés
du ministère de la Santé. Mais sous peu, tout devrait être
rentré dans l’ordre; ces traitements sont pris en charge par le
ministère.
Le test de dépistage du Sida ne pourrait-il pas être remboursé?
Ce test n’est pas remboursé, pour la simple raison que nous
ne pouvons pas cerner les personnes qui tiennent à l’effectuer et
si elles sont assurées ou pas.
MALADIE NON CONTAGIEUSE
Un hôpital a-t-il le droit de refuser un sidéen?
Non, ceci n’est pas faisable. Un malade atteint du Sida n’est pas contagieux,
mais les gens ont peur par manque de culture.
Quels sont les milieux les plus touchés?
Comme partout dans le monde, cette maladie touche surtout les homosexuels.
Dans certains pays d’Afrique, plus de la moitié de la population
en est atteinte. Beaucoup de Libanais vivant dans ces pays, pourraient
être porteurs du virus.
Ne pouvez-vous pas imposer un test obligatoire aux personnes venant
de pays à hauts risques?
Non, car cette maladie existe dans tous les pays et aucun d’eux n’a
instauré cette mesure.
Existe-t-il ici des centres spécialisés dans le traitement
des sidéens?
Non, dans les pays étrangers, les spécialistes ont trouvé
préférable de ne pas créer des centres spécialisés
dans ce domaine. Un malade atteint du Sida entre à l’hôpital
pour des raisons de complications uniquement, que se soit au niveau des
poumons ou de l’immunité...
Collaborez-vous avec le ministère des Affaires sociales?
Il existe, évidemment, une collaboration avec le ministère
des Affaires sociales, à travers le programme indiqué par
l’OMS.
Que pensez-vous de l’idée de subventionner les moyens de
protection, tel de réduire le prix des préservatifs, par
exemple?
Nous sommes en train d’étudier ce projet et les préservatifs
pourraient être gratuits. D’ailleurs, certaines associations en distribuent
gratuitement. C’est un moyen de prévention, après tout.
Les maladies d’amour ne sont pas une fatalité.
PLUSIEURS ASSOCIATIONS LUTTENT CONTRE LES MST
Plusieurs associations luttent contre les maladies sexuellement transmissibles.
Citons, à titre d’exemple, le planning familial libanais, Caritas,
le SIDC présidé par M. Elie Aaraj (Tél: 01-482428),
la JCD à Jounieh (Tél: 09-932549), la JAD à Jbeil,
la Société libanaise du Sida, etc...
Selon M. Aaraj, président du SIDC (soins infirmiers et développement
communautaire), “le nombre des sidéens déclarés au
ministère de la Santé ne représente que 8 à
10% de la réalité. Plusieurs facteurs contribuent à
ce que le nombre de malades du Sida augmente et il existe beaucoup de milieux
à risques.
En ce qui concerne la prévention, on se heurte toujours à
des problèmes financiers. Notre programme, on essaye de responsabiliser
les gens et de les sensibiliser au thème de la santé publique.
Notre association assure des soins à domicile, ainsi qu’un lien
entre la famille du malade et les médecins.
Les “maladies d’amour” ne sont pas une fatalité. Il faudrait,
aujourd’hui, connaître ses risques.
Dépistées et traitées tôt et, surtout, prévenues,
efficacement, elles s’évitent et se guérissent presque toutes
facilement. Les MST ont quitté le cercle étroit des groupes
sociaux à risques pour s’installer dans tous les milieux.
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LES PLUS FRÉQUENTES DES MST Génitales
Cutanées
Buccales
Laryngées
Anales
Transmission sanguine
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LES SIGNES QUI DOIVENT VOUS ALERTER
Toutes les anomalies que vous constatez au niveau de vos organes génitaux,
de l’anus et du rectum, les ganglions enflammés et gonflés,
doivent vous amener à consulter un médecin.
A noter:
Chez l’homme:
• Des brûlures en urinant.
• Du sang dans les urines.
• Un écoulement purulent à l’extrémité
de la verge.
• Un bouton ou des démangeaisons sur la verge, les organes génitaux,
dans la région ano-rectale.
• Des douleurs dans le bas-ventre.
Chez la femme:
• Des pertes vaginales excessives et inhabituelles, malodorantes ou
non, blanches, verdâtres ou grises.
• Des démangeaisons au niveau de la vulve, du vagin ou de l’anus.
• Des lésions, des boutons sur les organes génitaux.
• Une envie fréquente d’uriner, une gêne lorsque vous
allez uriner, des brûlures.
• Des rapports sexuels douloureux.
• Des pertes de sang anormales.
• Des douleurs dans le bas-ventre.
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Ce type de MST est particulièrement sournois. Elle peut évoluer
longtemps et ne se révéler qu’au moment du désir d’enfant,
lors de grossesses extra-utérines ou d’avortements à répétition.
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I comme immuno (atteinte du système immunitaire) D comme déficience A comme acquise, car le malade a acquis la déficience de son système immunitaire au contact du virus. Le Sida est provoqué par un virus (VIH), isolé en mai 1983 par l’équipe pastorienne du Pr. Luc Montagnier. Ce virus agit, avant tout, en détruisant les cellules dans lesquelles il s’insère. Il a une grande affinité pour le système nerveux et le cerveau.
Cette maladie de la fin du XXème siècle, a fait couler
beaucoup d’encre. Problème à l’échelle internationale,
elle perturbe les liens sociaux. Etre séropositif signifie seulement
que l’on a rencontré le virus du Sida ou que l’on est porteur du
virus. Mais il est très possible qu’un porteur sain ne développe
jamais la maladie elle-même. En revanche, le virus peut rester en
sommeil pendant des années dans l’organisme et se réveiller,
brutalement, un jour sous l’influence de facteurs inconnus.
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“C’est le pain quotidien du gynécologue”, disent les professionnels.
Elles atteignent 6% de la population en période d’activité
génitale.
Chez la femme, l’infection prend la forme de brûlures, de démangeaisons assez importantes, de rapports sexuels douloureux et, surtout, de pertes blanchâtres, abondantes, très caractéristiques: elles sont épaisses, grumeleuses, forment de petits caillots et dégagent une odeur plutôt aigre, mais pas spécialement mauvaise. Elles font des taches amidonnées. Les symptômes sont exacerbés au moment des deux ou trois jours qui précèdent les règles. Ils sont très souvent à l’origine de troubles psychologiques, affectifs et sexuels, surtout lorsqu’elles sont tenaces et récidivent. Malheureusement, 10% de ces candidoses sont très opiniâtres et récidivent. Dans ce cas-là, le médecin peut être amené à prescrire un traitement par voie orale (solutions, comprimés, etc.) et des conseils d’hygiène: changer de sous-vêtements tous les jours, préférer les slips en coton, faire sa toilette avec une solution antiseptique, supprimer les savons acides, bien se sécher. Le régime alimentaire a son rôle à jouer dans la lutte contre les récidives de candidoses, car il peut tenter de rétablir l’équilibre de la flore intestinale. Il faut, en effet, éviter les régimes riches en sucre (glucides), les pommes de terre, les carottes et leur préférer des régimes protéinés: viandes, yaourts. |
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“J’ai la vérole; enfin, la vraie. La grande vérole, celle dont est mort François 1er. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent, je n’ai plus peur de l’attraper.” Guy de Maupassant - La Folie.
Parlerait-on ainsi, aujourd’hui?
La syphilis est très peu répandue au Liban. Elle est, pourtant, le modèle même des “maladies d’amour”, ressentie de tout temps comme une maladie honteuse. On en comptabilise à peu près 70 millions de cas dans le monde. Cette maladie est due à une bactérie qui se contracte, presque exclusivement, par les relations sexuelles, sauf dans certains cas, où elle est transmise directement d’une mère à son enfant. La syphilis traverse, en principe, trois phases: - La phase primaire intervient en moyenne de 3 à 6 semaines après le rapport contaminant. Tout commence par l’apparition d’une petite tache rose superficielle, indolore, ronde, sur les parties génitales. Elle s’agrandit, se creuse. Le chancre s’ulcère. Il est bordé de rouge. Si on le palpe, il ne fait jamais mal, mais il est dur. - La phase secondaire, en moyenne de 8 à 14 semaines plus tard se manifeste par l’éruption de minuscules taches roses, sans relief qui ne démangent pas, sur le thorax, l’abdomen, parfois les membres: c’est la roséde; souvent, le premier signe visible chez la femme. Parfois, surgissent des boutons saillants autour de la bouche, sur les organes génitaux, sur la plante des pieds et la paume des mains. - La phase tertiaire - de 4 à 20 ans après - peut affecter tous les organes, mais surtout les nerfs, le cerveau, les artères et le cœur. Le diagnostic de la syphilis est, en effet, souvent tardif, car on a tendance à ne plus y penser. Les nouveau-nés risquent d’être contaminés par la mère durant la grossesse et la contamination peut être grave. Le diagnostic se fait en laboratoire par des prélèvements de lésion avant la toilette et l’examen du sang confirmera cette observation quelques semaines plus tard. Le traitement recourt toujours aux antibiotiques, la pénicilline notamment. Il est important de savoir que les plaques muqueuses buccales syphilitiques sont très contagieuses et qu’on peut transmettre la maladie par une embrassade. |
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On met en évidence la présence de ce virus (HBS) dans le sang, le sperme, la salive et les sécrétions vaginales. Plusieurs milieux biologiques permettent donc de transmettre le virus, notamment des injections qui en sont souillées. Le virus est le principal responsable des hépatites chroniques et aiguës; puis, à long terme, sous 20 à 30 ans des cancers primitifs du foie. Malheureusement, les porteurs sains de cet antigène de surface du virus sont nombreux et peuvent transmettre la maladie sans le savoir. La durée d’incubation est longue et varie entre deux et trois mois, parfois plus. Pendant une à trois semaines, elle peut se manifester par des douleurs dans les articulations, un état pseudogrippal, une fatigue prononcée, de la fièvre, quelques nausées. Puis, c’est l’ictère, ou jaunisse.
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La gonococcie est due à une bactérie, le gonocoque. Chez
l’homme, elle se manifeste par une sensation intense de brûlure en
urinant et l’apparition de pus. Chez la femme, dans 70% des cas environ,
la maladie reste souvent muette, invisible, indolore. Cette discrétion
de la maladie est partagée par 10% des hommes qui restent porteurs
sains. Parfois, elle se traduit par de simples pertes blanches et une légère
irritation en urinant. La gonococcie se contracte, pratiquement, toujours
par un rapport sexuel. Mais le germe peut demeurer vivant pendant plus
de seize heures sur une serviette ou un siège de W.C. On a, déjà,
vu de jeunes enfants contaminés par leurs parents. Attention, on
peut contaminer ses yeux par contact direct avec des doigts ou des objets
infectés.
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L’herpès génital fait, depuis quelques années, une offensive fulgurante aux Etats-Unis, où on parle de 10 millions de cas au minimum. Cette maladie douloureuse et récidivante, se manifeste sous des formes très variées. La fatigue générale s’installe. Peu de temps après, apparaissent des bouquets de vésicules, sortes de petites cloques remplies d’un liquide clair.
En quelques jours, celui-ci se trouble. Il se forme une croûte
qui tombe en laissant une surface rouge douloureuse, laquelle finit par
disparaître. La guérison de cette primo-infection se fait,
en moyenne, en onze jours (de 1 à 33 jours). Ce virus peut réapparaître
à l’occasion d’un stress, d’une émotion, sous l’influence
du soleil ou de modifications physiologiques. Le malade est contagieux
tant que les lésions ne sont pas cicatrisées (vingt jours
en moyenne), le diagnostic de l’herpès s’obtient par examen clinique.
La forme la plus grave de la contagion est la transmission du virus par
la mère au nouveau-né, soit pendant la grossesse soit plus
tard. Ce virus survivrait plusieurs heures sur un siège de toilette
et jusqu’à trois jours sur une serviette humide. L’hygiène
est importante!
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MESURES DE PRÉVENTION ET TRAITEMENTS DU SIDA
On ne peut
pas être contaminé dans ses actes de la vie quotidienne: serviettes,
verres, draps, etc... La fréquentation sociale et familiale de personnes
séropositives ou atteintes du Sida ne constitue aucun risque: on
peut les embrasser sur la joue, leur serrer la main sans problème,
utiliser les mêmes W.C.
En revanche, il est indispensable de respecter un certain nombre de
conseils d’hygiène spécifiques et des mesures de prévention
générale.
1 - Le virus du Sida vit dans le sang, le sperme et les écoulements
génitaux. Il faudrait donc éviter tout contact par le sang,
le sperme ou les sécrétions d’autrui.
2 - Il est impératif d’utiliser un préservatif
et de le faire correctement.
3 - Des personnes apparemment en bonne santé, peuvent être
porteuses du VIH et le transmettre sans le savoir.
4 - Le Sida se transmet par les relations sexuelles (même orales),
par l’utilisation d’aiguilles ou de seringues contaminées et, également,
d’une mère à son enfant.
5 - Les mesures préventives sont l’abstinence ou l’utilisation
de préservatifs. Il est important de ne jamais partager un rasoir,
une brosse à dents, ni n’importe quel objet ayant pu être
contaminé par du sang.
6 - Une femme atteinte du virus, ne doit jamais allaiter.
Il est important de savoir que les rapports sexuels entre deux personnes
séropositives doivent, également, être protégés,
car l’évolution vers le Sida se fait plus facilement en ayant
des contacts répétés avec le virus.
En résumé, personne n’est à l’abri d’une contamination
par cette maladie qui a dépassé le cadre étroit des
groupes à risques. L’allure de la courbe de progression du Sida
dans le monde est très inquiétante. Voilà pourquoi,
en l’absence de traitements et de vaccins, la prophylaxie générale
et la prévention individuelle peuvent à elles seules le faire
régresser.
LA SOCIÉTÉ LIBANAISE DU SIDA
Etant spécialisé pour le traitement des maladies infectieuses
et membre de la société libanaise du Sida, le Dr Jacques
Mokhbat a expliqué que le but de l’association est de répandre
l’information sur le Sida. Nous organisons des campagnes de prévention
avec et, à travers les jeunes qui sont notre cible principale (clubs
de jeunes, service militaire, camps dans les villages...). Nous sensibilisons,
également, le corps médical et infirmier en donnant des conférences
scientifiques dans les hôpitaux et, par le fait même, nous
essayons de leur expliquer comment eux aussi peuvent conseiller et aider
les personnes atteintes du Sida. Médicalement parlant, les maladies
sexuellement transmissibles ne se transmettent pas par les WC et les serviettes
humides; vous connaissez la blague: “Madame, je suis désolé
mais votre fille a la syphilis... - Oh! docteur, elle l’a attrapée
dans les toilettes publiques.
- C’est bien possible, mais ça n’a pas dû être très
confortable....”
“La transmission par les toilettes, je n’y crois pas vraiment” , explique
le Dr Mokhbat.
AIDE GRATUITE AUX MALADES
Nous entreprenons des activités de recherches dans le domaine
du Sida: recherches sociales, études sur le genre de virus existant
au Liban, sur la résistance de ces virus aux traitements, etc...
La Société libanaise du Sida offre une aide gratuite aux
malades et couvre une partie des frais. Depuis 1997, le ministère
a commencé à payer le traitement qui coûte au moins
1.300 dollars par mois hors hospitalisation.
Le coût d’un sidéen hospitalisé équivaut
au traitement de cent malades: 40 jours reviennent à 20.000 dollars,
somme avec laquelle on pourrait acheter le traitement d’un malade et demi
par an.
Notre association est bénévole. Nous organisons des soirées
musicales, des dîners, des ventes aux enchères afin de collecter
des fonds.
700 à 800 malades du Sida sont arrivés aux soins médicaux
au Liban (chiffre cumulatif). Actuellement, entre 120 et 150 sont sous
traitement. Théoriquement, le nombre de personnes séropositives
au Liban devrait être de l’ordre de 2.500.
A la question: Qu’attendez-vous de l’Etat libanais? Le Dr Mokhbat répond:
“J’attends, surtout des instances internationales et non seulement de l’Etat
libanais, une politique de santé; qu’on comprenne une fois pour
toutes, s’il y a un engagement sérieux pour le traitement du Sida.”
INTENSIFIER LES CAMPAGNES SCOLAIRES
Il est certain que nous voulons une activité beaucoup plus sérieuse;
nous attendons depuis des années une intensification des campagnes
scolaires pour la lutte contre le Sida, nous attendons qu’il y ait une
décision gouvernementale, une mise au point d’un programme impératif
dans les écoles ayant pour but d’enseigner la sexualité dès
l’âge de 7-8 ans; de faire comprendre aux enfants quelle est
la prévention contre les MST avant qu’ils fassent leurs premiers
pas dans la vie sexuelle. Un programme a déjà été
établi et il faudrait absolument l’appliquer dans les écoles
libanaises. Des psychologues et des pédagogues savent le faire et
ceci est très important; il s’agit de la santé publique.
Il faudrait, surtout, arrêter cette tendance honteuse de vouloir
développer l’économie libanaise sur la base de la traite
des blanches. Il faut qu’on en parle et c’est vraiment inacceptable de
fermer l’œil sur ce sujet. Nous faisons la traite des corps, la traite
des êtres humains. Des femmes sont traitées comme des marchandises;
nous les amenons pour la prostitution et c’est vraiment honteux pour un
pays qui prétend être le berceau de la civilisation. Il faut
que l’Etat se réveille pour arrêter ce genre de choses. Il
est impératif d’arrêter cette extension de la prostitution.
Ce ne sont pas les tests qui nous protègeront.
SÉVIR CONTRE LES TRAFICANTS DE DROGUE
Ce n’est pas la prostituée qu’il faudrait poursuivre, ce sont
les “marchands de prostitution”. Ce ne sont pas non plus les drogués
qu’il faut arrêter, mais les traficants. La drogue est partout et
que faisons-nous pour lutter contre ce fléau?
La personne vivant avec le Sida, doit être respectée et
protégée par la loi; il ne faut pas la chasser de son travail,
parce qu’elle est séropositive. Il n’y a aucune discrétion
et certains hôpitaux refusent les sidéens.
Les enfants atteints de cette maladie devraient être scolarisés
normalement. On vit dans le mensonge! Reste à savoir si les organismes
nationaux veulent vraiment s’engager à traiter les personnes atteintes
du Sida. Il faut savoir, aussi, si les organismes mondiaux veulent,
à leur tour, contribuer au traitement du Sida dans les pays du tiers
monde. C’est un problème international à résoudre!